20 mars 2012

Voyage avec Turner de Inge Herold : ISSN 2607-0006

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* Interior de Petworth house with people in conversation.

"Le peintre de la lumière " : sous Georges III, naissait l'un des plus grands peintre anglais : William Turner. On peut parler de génie précoce pour ce peintre qui, à 15 ans; entre dans la royal Academy. Copiant les antiques, il innove notamment dans la technique de l'aquarelle et de la peinture à l'huile en cherchant à rendre l'intensité de la lumière, utilisant des pigments pures pour rendre les éclats de lumières et peignant sur des fonds blancs. Certes, Turner a bien mérité ce surnom de "peintre de la lumière", précurseur et modèle des peintres impressionnistes, à travers ses tableaux de couchers de soleil, de tempêtes de mer...

Ce documentaire permet la découverte des influences de Turner, notamment le Lorrain mais il s'est inspiré de nombreux tableaux de la Renaissance et ses nombreux voyages lui ont permis d'admirer les Salons parisiens où étaient exposés les oeuvres de David, de se confronter aux visions " sublimes" des montages suisses. Turner est influencée par la conception romantique des paysages état-d'âme. Quel vertige dans ses tableaux ! Quelques anecdotes pimentent cette biographie comme la rivalité avec Constable : lors des vernissages, Turner arrivait et finissait ses tableaux sur place, lui valant une réputation de fou ou d’excentrique. Attiré par les marines, le thème des mers déchaînées, le peintre britannique serait resté quatre heures attaché à un mat pour contempler à loisir une tempête...

"Dites-lui que l'indéfini est mon fort" :  l'abstraction, le flou, le vaporeux, l'évanescence qui émanent de certains paysages, le faisaient fort peu apprécier de ses contemporains. Pourtant, Ruskin le distingue dans son Modern's painters. Malheureusement, dans ce victorianisme ambiant, Ruskin découvre à la mort du peintre, de nombreuses esquisses érotiques. considérant que c'est l'oeuvre d'un fou, Ruskin détruit plus de 300 dessins de Turner - mais on peut se demander où est la folie ? - Ce documentaire est une fort belle introduction à la peinture turnérienne, visuellement superbe et résolument moderne...

documentaire, par Inge Herold, 1997, 59 min, A voir ici.

Participation au challenge romantique de Claudia.

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03 mars 2012

La fashion week parisienne : ISSN 2607-0006

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 "Le jour d'avant" : Karl Lagerfeld dessine les collections de la maison Chanel mais aussi pour Fendi : qui sont-ils ? Leur logo représente deux F, comme "Folle Fourrure", car Fendi, marque italienne est spécialisée dans la haute couture de cette matière de luxe. Quelle créativité ! Rome et Paris. A travers, le "jour d'avant" du défilé de Fendi, c'est le portrait d'un homme aussi que dresse Loic Prigent. La première d'atelier avoue qu'elle est " sa disciple" ! Si la mode peut paraître futile et dérisoire pour certains, pour d'autres, elle est un véritable culte. Et sans compter aussi le travail artisanal de toutes les brodeuses, les modélistes etc...

Histoire d'épaulettes : Paris, ville des Lumières mais aussi ville du luxe : Lanvin, l'un des plus ancien logo (1889) de marques de haute couture a été racheté récemment par Mme Wang. Son nouveau couturier est Alber Elbaz : pour lui, la mode est un hommage à la femme. Loin de l'austérité et de la sévérité d'un Karl Lagergeld, A. Elbaz travaille dans la bonne humeur, dans une ambiance familiale. Pas de première d'atelier, il travaille directement avec les modélistes. " Jamais inquiet, jamais fatigué", il a relancé la maison Lanvin avec des lignes épurées, austères, des tissus fluides et du portable. Les épaulettes omniprésentes sont à l'image de la femme moderne selon lui...

"L'homme de Paris" : Autre maison, autre style et autre ambiance. J.P. Gaultier a lancé un parfum, a côtoyé Madonna, mais il a surtout révolutionné le monde de la mode par sa fameuse marinière. Proche de la métaphore politique des "membres et de l'estomac", une modéliste avoue qu'il est la tête et elle, les mains. Pour J. P. Gaultier, la mode, c'est la recherche d'une perfection. Proche de la définition baudelairienne du beau, il innove dans l'instant... au fur et à mesure que les robes sont bâties, il crée. Le beau est fugitif...

" J’ai sous les yeux une série de gravures de modes commençant avec la Révolution et finissant à peu près au Consulat. Ces costumes, qui font rire bien des gens irréfléchis, de ces gens graves sans vraie gravité, présentent un charme d’une nature double, artistique et historique. Ils sont très souvent beaux et spirituellement dessinés ; mais ce qui m’importe au moins autant, et ce que je suis heureux de retrouver dans tous ou presque tous, c’est la morale et l’esthétique du temps. L’idée que l’homme se fait du beau s’imprime dans tout son ajustement, chiffonne ou raidit son habit, arrondit ou aligne son geste, et même pénètre subtilement, à la longue, les traits de son visage. L’homme finit par ressembler à ce qu’il voudrait être. Ces gravures peuvent être traduites en beau et en laid ; en laid, elles deviennent des caricatures; en beau, des statues antiques."( Baudelaire, Eloge de Constantin Guy).

Loic Prigent nous dévoile les coulisses de la mode 28 jours avant un défilé avec son cortège de retouches de dernières minutes. On se croyait dans une ruche tant les créateurs, les mannequins, les attachés de presse s'affairent dans une ambiance follement extravagante... Entrez dans l'univers effervescent de la mode où la caméra de Loic Prigent sait capter les milles mouvements de ce monde si particulier...

 Loïc Prigent, série Le jour d'avant, documentaire, arte, 6 x52 min.

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11 février 2012

La mort au fil des siècles de Trabitzsch : ISSN 2607-0006

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Ce n'est pas une fresque macabre ou un goût du voyeurisme qui ont poussé ces réalisteurs à nous raconter la "mort au fils des siècles", de la mort héroïque de l'Antiquité à la mort réconciliée du XXeme siècle, en passant par la mort intinime ou la mort terrifiante. C'est plutôt une interrogation sur la représentation architecturale et le changement de rapport à la mort qui est mis en scène. Quelles sont les relations avec nos morts ?

Pourquoi enterre-t-on les morts alors que l'antiquité, dans l'amour de l'image, construisait de colossaux monuments ? Rome ne reconnaissait que les vainqueurs et l'Antiquité païenne donnait un statut divin aux généraux glorieux. Contrairement au Moyen Age christiannisé où l'on craint et peint les enfers, la période baroque théâtralise la mort dans des memento mori extraordinairement ostentatoires : le squelette doré du Bernin - sur le monument funéraire de Urbain VIII -  en est un exemple. Le documentaire s'attarde aussi sur le cimetière du père Lachaise dont on nous donne une histoire générale : Napoléon a voulu chasser les cimetières hors de la ville. Il en fait de véritables nécropoles - comme à Barcelone ou à Vienne - à l'atmosphère poétique et mélancolique où sont enterrés nombres de célébrités de Balzac à Wilde. Cela rappelle une nouvelles de Maupassant, "Les tombales" - nouvelle originale où une jeune femme fait les cimetières comme on fait les trottoirs - où le narrateur déclare : "J'aime beaucoup les cimetières, moi, ça me repose et me mélancolise" et " j'aime aussi les cimetières, parce que ce sont des villes, prodigieusements habitées".

Dommage d'ailleurs qu'il n'y ait aucune référence littéraire : la mort a aussi beaucoup inspiré les auteurs, que ce soit la mort perçue comme une vie chez les Romantiques ou la mort baroque de Verlaine ou celle plus grotesque de Bauleraire ou la fameuse "faucheuse" hugolienne :

"J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève, -
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier,
Ce cavalier  des ballades d'Allemagne [...] ", "Cauchemar", Verlaine.

Cependant le documentaire donne force d'informations culturelles - fresques, sarcophages, sculpture - avec beaucoup d'images à l'appui. Découvrez, ces lieux intimes, personnels, mais faisant partie aussi du partrimoine...

La mort au fil des siècles, documentaire de M. Trabitzsch et Mina Mair

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07 janvier 2012

Signé Chanel de Loïc Prigent : ISSN 2607-0006

822934_property_imageData_v_1Dans la mythique rue Cambon, c'est le calme avant la tempête : on attend la Nouvelle collection. Karl Lagerfeld arrive et commencent alors la valse des tissus, des doigts qui brodent, des essayages... Dans Signé Chanel, Loïc Prigent montre comment les ouvrières, les brodeuses, le chapelier, le bottier... donnent vie aux croquis du célèbre styliste d'une marque mondialement renommée. Non sans humour, Loic Prigent filme les différentes phases de la confection des habits - des patrons, du choix des tissus aux essayages.

Le jour du défilé, ce ne sont qu'applaudissements et admiration. Mais ce n'est pas sur la coupe des vêtements ou les choix esthétiques de cette maison de haute-couture que s'arrête la caméra du réalisateur mais sur l'envers du décor. C'est tout le savoir-faire de ces ouvrières patientes et expérimentées qui s'offrent à nos yeux émerveillés devant tant d'adresse et de talent. Ce travail  artisanal est particulièrement symbolisé par Raymonde Pouzieux, passementière qui a connu Mademoiselle : elle travaille minutieusement plusieurs heures d'affilé à la fabrication de ses galons sur une archaïque machine dont elle seule en connaît le maniement ! Et Le bottier recommence à plusieurs reprises la fabrication d'un talon pour qu'il corresponde parfaitement à la volonté de K. Lagarfeld. Quant à Laurence, elle est obligée de recommencer entièrement dans un autre tissu, une robe en panne de velours qu'elle a mis plusieurs jours à coudre. On se rend compte alors du travail demandé, des ajustements ou rectifications multiples qui sont faits, de la pression du dernier soir où les ouvrières travaillent jusqu'à trois heures du matin... Oui, la haute-courture est un art mais celui d'un créateur en harmonie avec ses couturières... Visitez les coulisses surprenantes et instructives d'un des ateliers les plus réputés...

Signé Chanel, documentaire de Loïc Prigent, 2005

challenge "Read me, I'm fashion"organisé par l'Irrégulière.

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30 décembre 2011

Créatures célestes de Peter Jackson : ISSN 2607-0006

 


Créatures célestes Bande annonce

Lisez-vous des livres d'Anne Perry ? Connaissez-vous son histoire ? Avant de rencontrer le succès avec L'étrangleur de Cater street, elle a connu un drame dans sa jeunesse mouvementée d'enfant atteinte de la tuberculose. C'est grâce à Peter Jackson dans Créatures célestes que nous découvrons la jeunesse de la "reine du crime", qui s'appelait alors Juliet hulmes.

Mais c'est plus que la narration d'un sordide crime que filme le réalisateur : il nous livre les sentiments exacerbés de deux adolescentes souffrantes et perturbées. A la rigueur de leur école où elles portent uniforme et doivent faire preuve de bienséance, s'oppose un monde imaginaire issu de leurs lectures, de leur amitié. Amitié d'ailleurs des plus ambigues... Au-delà des magnifiques décors et du talent des actrices - film qui révélera Kate Winslet -, l'atout de ce film biographique est de représenter l'imaginaire de l'écrivain : comme Alice de Lewis Carroll qu'elle admire et qui est cité dans le film, elle traverse le miroir et entre dans un monde époustouflant, déjanté, féérique, monde extrêmement réussi grâce à des effets spéciaux insérés avec fluidité dans la trame des images. On admire aussi la diversité de tons, passant du drame à des scènes de comédie, d'images idylliques d'une jeunesse turbulente et joyeuse à des scènes morbides et malsaines... Peter Jackson arrive à sublimer les protagonistes d'un macabre faits divers en "créatures célestes". Un film à connaître pour sa beauté visuelle et son imaginaire délirant comme une aventure d'Alice aux pays des merveilles...

Participation au mois anglais organisé par Chryssilda, Lou et Titine.

Peter Jackson, Créatures célestes, avec Kate Winslet et Mélanie Lynskey , 1994, 100 min.

Billet de Mélodie.

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21 décembre 2011

Les Borgia de Neil Jordan : ISSN 2607-0006

The Borgias Season 1 Trailer (TV)

" Rome ne serait pas Rome sans tous ces complots" La légende noire est née sous la plume des romantiques, mais de leur vivant, les Borgia étaient décriés, accusés de meurtres, d'inceste, de simonie... La première ascension montre en grande pompe l'ascension au trône du futur Alexandre VI, Rodrigo Borgia : les achats des autres cardinaux, les alliances à travers les mariages de Lucrère avec un Sforza ou celle de son petit frère Gioffre permettent l'accession au pouvoir de toute la famille Borgia. En parallèle, on suit les manœuvres du cardinal della Rovere - le futur pape soldat, Jules II- qui a fuit Rome...

"Vaut-il mieux être aimé que craint " (Machiavel) : Le réalisateur ne lésine pas sur les effets : cette série est un condensé de tous les meurtres possibles et inimaginables, sous l'eau, avec des garots, des poisons, en duel... Tout est prétexte à violence et débauche. Cependant, si les Borgia sont montrés le plus fidèlement possible, les autres grands seigneurs et cardinaux ne sont pas de reste : le cardinal Sforza fornique avec sa cousine, tandis que le Prince de Milan faisait empailler ses adversaires... Coups bas, sexe, luxure et violence, voici les ingrédients majeurs de cette série qui semble pourtant atténuer la noirceur de cette époque.

Toutefois, on se prend étrangement de sympathie pour ces héros malgré eux, poussé par un père assoiffé de pouvoir et d'argent. Celui qui semble le moins fidèle est certainement Cesare qui bien que machiavélique - il a servi de modèle au fameux Prince du non moins fameux ambassadeur des Médicis, semble plus sensible que dans la véritable Histoire. Les infidélités sont nombreuses et pourtant, le rythme soutene, les scènes spectaculaires d'autres plus sentimentales comme l'agonie de Djem, certaines mêmes comiques comme le défilé des prétendants pour la main de Lucrèce ou celui de Gioffre arrivent à nous tenir en haleine, sans compter le faste des décors et des costumes. Une très belle reconstitution romancée...

Les Borgia, de Neil Jordan avec Jeremy Irons, François Arnaud, 2011.

Les Borgia, revue Historia

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17 décembre 2011

Les enquêtes de Murdoch de Maureen Jeening : ISSN 2607-0006


Les enquêtes de Murdoch - Générique (Série tv)

L'éventreur de Toronto : Parmi les nombreuses séries policières diffusées ou rediffusées ces derniers temps, attardez-vous dans l'univers de Murdoch. Jack l'éventreur a défrayé les chroniques victoriennes mais il fascine toujours. Dans l'éventreur de Toronto, Murdoch et toute son équipe affronte Jack l'éventreur, parti d'Angleterre pour éliminer d'autres femmes dans le monde, de la France au Caire en passant par le Canada. L'enquête semble assez vite se résoudre, grâce à l'aide d'un aliéniste et de Slaton, un enquêteur sur les traces de l'éventreur mais Murdoch n'est pas satisfait du profil de l'assassin... Et heureusement, il découvre l'identité du véritable tueur en série en s'appuyant sur les empreintes trouvées sur le lieu du crime.

"Le nouveau monde affronte l'Ancien, la science affronte la sorcellerie" ( "La marionnette diabolique") : Le charme de cette série tient tout autant du charisme que du caractère des personnages principaux que de divers ingrédients qui viennent différencier cette série des autres. William Murdoch est un épigone de Sherlock Holmes, tant par ses raisonnements scientifiques que par son attention aux détails. Le personnage du médecin légiste est incarné par une femme le docteur Julia Ogden, soulignant par là la modernité des personnages bien que le tonitruant inspecteur Brackenreid soit des plus réactionnaires. Quant au pauvre G. Grabtree, il joue le rôle de Watson...

Mais les comparaison s'arrêtent là car le réalisateur s'est plu à mêler fiction et réel : Conan Doyle vient assister à une enquête tandis que Wells intervient dans une affaire sur l'eugénisme. L'esprit ouvert de l'inspecteur permet de mettre en scène toutes les nouveautés inondant la fin du XIXeme siècle que ce soit les théories des aliénistes - "La marionnette diabolique" - que les superstitions - "Le manoir hanté" et les sciences... Ainsi, Murdoch est confronté à son époque : le racisme, la peine de mort... Les dialogues humoristiques en sus d'intrigues bien bâties, viennent renforcer le charme de cette série d'époque aux décors de qualité...

Les enquêtes de Murdoch, Maureen Jeening.

Billet de Lou. Participation au challenge "back to the past", organisé avec Lou.

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13 décembre 2011

Création de Jon Amiel : ISSN 2607-0006

Bande Annonce de Création de Jon Amiel

Création de Amiel est une biographie de Darwin ( biographie sur le site Larousse) assez curieuse : le réalisateur a choisi de filmer un moment capital de la vie de Darwin, le moment où il écrit son livre révolutionnaire, De l'origine des espèces, alors qu'il est en proie au chagrin causé par la mort de sa fille. Curieux, ce film l'est à plusieurs titres. "la religion comme ciment de la société" est un propos très développé à travers les conflits entre Darwin et sa femme, très croyante. "Vous avez tué dieu", lui dit Thomas Huxley : c'est un Darwin en conflit avec lui-même qu'on nous montre, hésitant entre les valeurs d'une société et la publication d'un livre qui viendrait tout remettre en cause.

" La nature sélectionne pour sa survie" :

Plus étonnant est la manière dont le réalisateur a choisi de montrer la douleur de Darwin à ce moment capital de sa vie. La mort de sa fille l'a complètement bouleversé. Le réalisateur J. Amiel mêle souvenirs et présent, réel et irréel, pour illustrer les doutes et la maladie de Darwin, subissant aussi une crise conjugale, choix d'ailleurs des plus discutables : Amiel dramatise et tombe dans le pathos là où il aurait pu davantage développer le travail scientifique de Darwin, ses pensées et ses opinions étant magnifiquement illustrées par des flash-backs ou par des gros plans accélérés sur la nature...

Dommage que, dans cette magnifique reconstitution, visuellement très réussie, la fiction débridée prenne le pas sur la réalité, la vie personnelle sur l'oeuvre...

Création, Jon Amiel, 1h43, 2009, avec Paul Bettary, Jennifer Connely...

challenge "back to the past" organisé avec Lou.

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01 décembre 2011

Le nom de la rose de Jean Jacques Anaud : ISSN 2607-0006


Le nom de la rose Bande annonce + Lien vers le film

Si comme Jean-Jacques Anaud, vous êtes fascinés par le Moyen Age, les livres et les romans policiers, regardez Le nom de la rose qui combine tous ces éléments d'une façon terriblement palpitante  !

Un moine se suicide dans une abbaye où se situe une formidable bibliothèque labyrinthique cachée, suivie de nombreux meurtres. Est-ce l'oeuvre du diable ? Le malin rôde-t-il parmi ces religieux ? Dans un contexte religieux agité, controversé, on voit s'affronter les moines autour des questions du pouvoir temporel et spirituel... Guillaume de Baskerville mène l'enquête : esprit libre et ouvert, il va être confronté à l'Inquisition, incarné par l'inflexible Bernado Guy. Dernière originalité, l'histoire est racontée par Adso de Melk, un jeune novice, plus tourmenté par les plaisirs de la chair que par les querelles religieuses. Naïf et amoureux, il provoque par son ignorance d'amusants dialogues. A une question sotte d'Adso, son maître Guillaume répond : " c'est élémentaire "! Outre les querelles religieuses, le fanatisme, Umberto Eco aborde la perception du rire au Moyen Age. Un film très riche, passionnant, et magnifique : il aura fallu pas moins de 5 ans et 9 scénarios pour aboutir à ce superbe film qui nous plonge au coeur du Moyen Age...

Il est intéressant de se pencher sur les bonus pour connaître quelques anecdotes et curiosités autour du film ainsi que la méthode de travail de J.J. Anaud : Sean Connery qui incarne à merveille le franciscain Guillaume de Baskerville aurait été jugé trop ringard à l'époque du film : la Columbia aurait même déchiré le contrat sachant ce choix. Film d'époque, J.J. Anaud a particulièrement veillé sur la crédibilité du décor, du choix des lieux... Il narre aussi, et c'est là qu'on découvre à la fois la passion du Moyen Age du réalisateur et ses dons de conteur et d'imitateur, sa relation extrêmement amicale avec U. Eco qui a refusé d'intervenir dans ce film, son oeuvre à lui étant achevé...

"Ubi sunt" ("mais où sont les neiges d'antan", Villon) :

les choses disparaissent mais les noms restent... Cependant le roman dont est inspiré Le nom de la rose est non seulement un livre admirable mais aussi une énigme, notamment pour son titre. Selon sa théorie du lecteur, U. Eco a refusé d'expliquer davantage son titre, étant donné que pour lui les livres sont des "machines à générer de l'interprétation" et que le texte "produits ses propres effets de sens". L'apostille au nom de la rose est une formidable et humoristique analyse de la fabrique du texte. L'auteur théorise aussi son lecteur et conte la genèse de son oeuvre... Un petit livre à connaître !

Le nom de la rose, Jean Jacques Anaud, avec Sean Connery, Christian Clater, 1986, 2h

Eco, Le nom de la rose, Livre de poche, 1980.

Lu par Choupynette, Karine, ...

 Eco, Apostille au nom de la rose, livre de poche, 90 p.

 

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23 novembre 2011

Rosemary's baby de Roman Polanski : ISSN 2607-0006

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 Voici un film côtoyant les sciences occultes tout à fait passionnant. Les sorciers ont quitté le monde des contes de fées pour devenir encore plus terrifiants. Un jeune couple, Rosemary et Guy Woodehouse s'installent à New York, plein d'insouciance et d'espoir. Mais peu à peu leurs voisins s'immiscent dans leur affaire, dans leur appartement, et Rosemary perçoit de nombreux signes inquiétants dans cette demeure à commencer par l'histoire de la maison - hantée - qui aurait abrité une sorcière cannibale et un ancien adepte de la magie noire. Dès leur arrivée, Rosemary décide de décorer sa maison et ne pense qu'à jouer le rôle de la femme d'intérieur parfaite, mais des détails sinistres et diffus font présager le pire.

C'est avec beaucoup d'art et de subtilité que Roman Polanski installe une angoisse qui grandit peu à peu. Pourquoi leurs voisins - Minnie et Roman Castevet - ont-ils enlevés tous leurs tableaux ? Les morts et les accidents se multiplient autour du couple, sont-ils liés à ces étranges voix, qu'entend Rosemary, venant des appartements voisins ? Roman Polanski réussit le tour de force à nous faire croire à l'incroyable et comme dans d'autres films plus récents comme La neuvième porte ou The ghost writer, l'écrit, les jeux de mots ont une grande importance et c'est grâce à un annagramme que Rosemary découvrira la vérité. Très naturellement et subtilement, le film tourne au cauchemar et à l'irréel sans jamais tomber dans le grotesque : Mia Farrow incarne à merveille cette femme fragile, apeurée et isolée et l'imagerie populaire diabolique est très bien mise en scène, avec quelques images surréalistes.  Un film tout à fait horrifique et captivant de Roman Polanski.

Rosemary's Baby, Roman Polanski, 1968, 2h16, Mia Farrow, John Cassavetes.

Autre film : Le bal des vampires,

Vous pouvez ici suivre le parcours de Roman Polanski sur le site de Nikki.

Challenge Halloween de Lou et Hilde.

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