09 novembre 2011

Les misérables de Josée Dayan : ISSN 2607-0006

Cosette chez les Thénardier - extrait du téléfilm de Josée Dayan

Cosette et Marius étaient les héros de mon enfance. Parce que j'ai une affection et une admiration particulière pour Les misérables de Victor Hugo, je me suis lancée dans le visionnage de la mini-série de Josée Dayan, avec un énorme a priori, voire une certaine répugnance. Et effectivement, il y a des libertés prises par rapport à l'oeuvre de Hugo (exposition virtuelle sur V. Hugo sur le site de la BNF), des changements dus à la recherche de la vraisemblance et de l'intensité dramatique. Ce qui disparaît totalement, c'est la langue du XIXeme siècle, en plus de pans entiers de l'histoire...

Mais dans l'ensemble quel film ! quel rythme ! Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l’affrontement des deux personnages principaux, Jean Valjean et Javert. L'un est un ancien forçat devenu une sorte d'ange après un pacte antifaustien où jean Valjean promet à l'évêque de Digne de devenir un homme bon : "Jean Valjean, mon frère, vous n'appartenez plus au mal, mais au bien. C'est votre âme que je vous achète"*. L'autre, c'est le policier inflexible, incorruptible aux pensée binaires et manichéennes : pour Javert, un misérable reste un misérable. Voici son portrait, très bien incarné par un impassible et cynique J. Malkovitch : " Javert sérieux était un dogue ; lorsqu'il riait, c'était un tigre. Du reste peu de crâne, beaucoup de machoire, les cheveux cachant le front et tombant sur les sourcils, entre les deux yeux un froncement central permanent comme une étoile de colère, le regard obscur, la bouche pincée et redoutable, l'air de commandement féroce."* Quel affrontement !

Et puis il y a aussi le couple un peu falot et palot, Marius et Cosette, le couple Thénardier aussi vil et abject que Jean Valjean est bon et grand. C. Clavier donne d'ailleurs un aspect cabotin et comique à ce personnage tout en rendant bien sa cupidité. Tous ces personnages évoluent dans un décor superbe, un peu trop, étant donné que les égouts sont aussi propres que des sous neufs - mais ne cherchons pas la petite bête car ce film rend un réel hommage au livre de Victor Hugo - en lui redonnant un nouveau souffle. Ce téléfilm dure peut-être six heures mais j'ai eu l'impression de n'être restée qu'une petite heure que j'aurais bien voulu prolonger... Une manière grandiose et spectaculaire de rendre vie à aux personnages hugoliens.

* citations du roman.

Les misérables, Josée Dayan, 4 épisodes de 90 min, 2000, avec G. Depardieu, Christian Clavier, john Malkovitch.

Participation au challenge back to the past, organisé avec Lou.

challenge romantisme organisé avec Claudia.

Posté par maggie 76 à 08:10 - - Commentaires [26] - Permalien [#]


31 octobre 2011

Halloween party : ISSN 2607-0006

La Nuit des Morts Vivants - Trailer

Véritable classique du film d'épouvante, La nuit des morts vivants reste un chef d'oeuvre du genre. Commençant dans le cynisme - Johnny se plaint de devoir aller sur la tombe de son père dans un cimetière reculé - et dans la plaisanterie, la vie de Barbara et de son frère Johnny tourne au cauchemar lorsqu'un inconnu tue ce dernier. Aussitôt Barbara trouve refuge dans une maison où elle fait la rencontre de Ben ainsi que d'une famille et d'un couple.... Vont-ils survivre à l'attaque des morts vivants ? 

Ce film souffre d'une certaine lenteur et certaines scènes paraissent très longues - notamment lorsque Ben cloue les fenêtres, chacune est montrée en gros plan, heureusement que cette maison ne comporte pas cent fenêtres -, cependant le suspense est bien maintenu, et la tension peu à peu devient plus opressante : c'est un huis clos étouffant où finalement s'affronte Ben qui est courageux et un père de famille individualiste et égoïste. La fille de ce dernier a été mordue par un de ces morts vivants : que va-t-il advenir d'elle ? Fait remarquable pour l'époque, le personnage principal est noir, ce qui était plutôt rare, et ce qui a donné lieu à certaines interprétations politiques, comme une critique de la ségrégation raciale. Romero a réussi à créer, avec une économie de moyens, une atmosphère angoissante qui va être un jalon pour nombre de films.

La nuit des morts vivants, de George Roméro, 1970, avec Duanes Jones et Judith O'Hara.

vu aussi par Mélodie.

Evil Dead 3(Army Of Darkness) "S-smart end"

Sorte d'antihéros, Ash est aspiré dans le passé - ainsi que sa tronçonneuse - et se retrouve projeté dans l'Angleterre du XIVeme. Pour revenir dans son temps, il doit retrouver le Nécronomicon : malheureusement, lorsqu'il le trouve enfin après moults péripéties loufoques, la formule étant mal prononcée, il va devoir affronter une armée de squelettes.

C'est une parodie réjouissante à laquelle se livre Sam Raimi, le comique provenant essentiellement des anachronismes et des mouvements de caméras. Pendant qu'Ash harangue la foule pour les inciter à combattre l'armée des ténèbres, son discours se transforme en discours publicitaire pour les produits du magasin où il travaillait : " chez prixbas, les prix sont bas" ! Admirez la teneur hautement intellectuel de ce discours argumentatif ! Cependant, si l'horreur est tourné en dérision ainsi que l'histoire d'amour, quelques scènes comme le réveil de l'armée de squelettes est particulièrement réussie au niveau esthétique. Un film réjouissant par son comique franc, à la manière de Shaun of dead E. Wright !

Dead Evil III, L'armée des Ténèbres, Sam Raimi, avec Bruce Campbell, 1h36, 1994.

Halloween (2007 - Rob Zomie - bande annonce VF )

"Les crimes de Michael Meyers marqueront les esprits", dit un journaliste, couvrant d'affreux meurtres survenus à Haddfonfield, un 31 Octobre. Michael Meyers, à peine âgé de 10 ans a massacré presque toute sa famille. Le masque, des crimes sanglants, des bimbos : on retrouve les codes imposés du genre, c'est-à-dire horreur, violence et sexe.

Cependant,le film de Rob Zombie échappe au grotesque involontaire par la manière de filmer la naissance de ce monstre en montrant une Amérique sombre, dans le portrait de la famille de Michael avec un beau-père ivrogne et violent, une mère strip-teaseuse, les brimades des autres enfants... Inversement, plus tard, quand Michael réussi à échapper de l'asile en faisant un véritable massacre, c'est dans un milieu de riches bourgeois qu'il évolue marquant ainsi un contraste entre la futilité des préoccupations d'une Amérique moyenne et la sauvagerie des meurtres. Au delà du contexte d'Halloween, c'est donc aussi une histoire de tueur en série. Un film plutôt réussi dans le genre...

Halloween, Rob Zombie, 2007, avec Scout Taylors Campton, 1h46.

vu aussi par Lou. Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde.

Posté par maggie 76 à 11:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

23 octobre 2011

La mégère apprivoisée de Franco Zeffirelli : ISSN 2607-0006

index

Comédie burlesque et misogyne d'un bout à l'autre, La mégère apprivoisée est une pièce qui a mal vieilli de part son propos et sa forme décousue : après une introduction qui met en scène un ivrogne, un lord et une troupe de comédiens commence la pièce véritablement sur une intrigue d'un double mariage. Bianca n'épousera Luciento que si sa soeur Catharina - qui est une affreuse harpie qui jure comme une charretière - se marie aussi. Là débarque dans Padoue un homme ruiné qui cherche fortune et femme : Petruchio décide d'épouser Catharina et de la transformer en femme aimante.

Contrairement à ce que disait Peppys lorsqu'il vit jouer cette comédie en 1667 au théâtre Royal, - c'est une "méchante pièce"- c'est une pièce qu'il vaut mieux voir jouée que lue : l'adaptation de Franco Zeffirelli est superbe, pleine de bruits et de fureur et reprenant de nombreuses répliques de la pièce shakespearienne.  Colorées, vives, les scènes s'enchaînent sur divers lieux et divers personnages, avec de formidables scènes publiques tels que le mariage, le carnaval, la fête finale... Les costumes sont tout aussi éblouissants.

Ce film repose aussi sur le jeu des acteurs : Elizabeth Taylor et Burton incarnent à merveille se couple querelleur et violent mais passionné - querelles qui existaient réellement au sein du couple, querelles exploitées aussi dans d'autres films comme dans Qui a peur de Virginia Woolf.  Shakespeare s'est inspiré de toute une tradition littéraire qui faisait de la femme une furie mais ce qui peut heurter toutefois le lecteur du XXIeme siècle, c'est le propos de la pièce et le moment où Catharina finit sur une révoltante tirade: " ton mari est ton seigneur, ta vie, ton gardien, ton chef, ton souverain, celui qui prends soin de toi et qui pour assurer ta subsistance, soumet ton corps à de durs travaux sur terre [...]. Le respect qu'un sujet doit à son prince, oui, ce respect même, une femme le doit à son époux ; et lorsqu'elle se montre indocile [...] qu'est-elle d'autre qu'une rebelle perfide, une ennemie, coupable d'une impardonnable félonie envers son tendre seigneur".

La mégère apprivoisée, de Franco Zeffirelli, 1h57, 1976, Elizabeth Taylor, Richard Burton.

autre oeuvre : Jane Eyre

La mégère apprivoisée, Shakespeare, GF bilingue,215 p.

Challenge Shakespeare, organisé avec Claudia : les billets de Claudia et Wens, Océane.

Posté par maggie 76 à 08:25 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

04 octobre 2011

Shaun of dead d'Edgar Wright : ISSN 2607-0006

index

En ce mois halloweenesque, si vous aimez les zombies et autres monstres typiques de cette période, vous pouvez regarder Shaun of dead. Cette parodie de film d’horreur rassemble les mêmes acteurs que Hot fuzz mais l'alchimie est moins réussie. Un pauvre anti-héros - Shaun qui ne fait rien de sa vie, excepté trainer dans un pub Le winchester - vit des moments difficiles à cause d'un beau-père envahissant et d'une rupture avec sa petite amie Liz. L’immaturité de notre héros l'amène à multiplier les erreurs alors qu'autour de lui des personnages se comportent de plus en plus bizarrement. Lorsqu'il découvre qu'une jeune femme qui s'est introduite dans son jardin n'est pas une alcoolique finie mais un zombie, Shaun décide de sauver sa mère et sa copine...

Certes, le réalisateur fait rire en jouant avec ostentation avec les codes du genre des films de série B, la présence d'une fausse bimbo qui va se faire forcément tuer, des parodies de scènes sentimentales avant de se faire hacher menu... - en faisant ressentir des frayeurs aux personnages lorsqu'il ne se passe rien alors qu'en pleine invasion zombiesque, nos héros trouvent le moyen de se disputer autour de futilités. Des scènes de comiques faciles qui trainent en longueur sont à déplorer dans ce film qui caricaturent pourtant à merveille les films d'horreur-navet et qui fait un parallèle assez facile entre les vraies mort-vivants et ce qu'on peut considérer comme une vie de zombie, c'est-à-dire la routine métro-boulot-dodo.

Filmé parfois à la manière d'un jeu vidéo, certaines scènes sont hilarantes, notamment lorsque le réalisateur tourne en dérision les comédies sentimentales, lorsque notre joyeuse bande essaie d'imiter les zombies pour passer inaperçus parmi eux en les imitant fort bien, ou fait preuve d'inventivité en décapitant des zombies à coup de 45 tours... Une réussite commerciale et critique mais dont le comique est moins diversifié que dans Hot fuzz, bien que les acteurs excellent dans ce genre de films parodiques...

Shaun of dead, Edgar Wright, 2004, Simon Pegg, Nick Frost, 95 min.

Autre film : Hot Fuzz

Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde. Vu par Lou.

Bande Annonce Shaun Of The Dead Comme Au Cinéma

Posté par maggie 76 à 17:55 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

30 septembre 2011

El secreto de los ojos de Campanella : ISSN 2607-0006

index

Les yeux sont le miroir de l'âme pensait les Romantiques. Autour de cet adage, Campanella bâtit une histoire mélancoliquement belle se déroulant dans l'Argentine des années 70. Un meurtre horrible d'une jeune institutrice provoque le désarroi de Benjamin Esposito qui enquête sur ce crime et dont la rencontre avec le mari Ricardo Mojales - enchaîné à son amour - va bouleverser profondément au point que 25 ans plus tard, il décide d'écrire un livre racontant la vie des différents protagonistes gravitant autour de cette affaire. C'est donc aussi l'histoire d'un écrivain - toujours Esposito - et de son amour impossible pour Irène, qui lui semble inaccesible de part sa situation sociale.

Ce film a mérité ses 5 prix et ses 8 nominations. Loin d'une enquête traditionnelle et loin des effets spéciaux qui s'attachent parfois à ce genre, ce film est plein de surprises et de rebondissements. "une passion reste une passion" : Crimes, vengeances, injustices s'accumulent dans ce film sans pour autant être tragique car les dialogues humoristiques désamorcent la gravité des situations, grâce en partie au personnage de Sandoval, ami d'Esposito, perspicace mais dont l'alcoolisme provoque quiproquos et scènes cocasses.

Il y a ainsi des scènes extraordinaires, voire surréalistes comme lorsque nos enquêteurs trouvent un suspect dans un stade de supporters en délire, romanesque aussi lors du vol de lettres incompréhensibles et de sa résolution... Réflexion sur l'amour, la passion comme moteur de la vie de l'homme, réflexion aussi sur la justice et le souvenir, ce film soulève de nombreuses questions sur l'iniquité de la justice et de la vie, sur l'amour et le destin, sur la vengeance, sur l'écriture... Dans tes yeux est un film remarquable et émouvant, où le réalisateur a su mêler fiction et réalité, présent et passé et où l'écriture peut changer la vie...

El secreto de los ojos, Juan José Campanella, 2h09, avec  2009, avec Soledad Vilamil, Ricardo Darin, Pablo Rago.

Vu aussi par Dasola, Choupynette,

Dans ses yeux - Bande-annonce Officielle [VOST FR]

Posté par maggie 76 à 17:22 - - Commentaires [13] - Permalien [#]


28 septembre 2011

Tristan et Isolde de Kevin Reynold : ISSN 2607-0006

68638962

Ah ! Pauvre surhomme de Tristan ! Presque un demi-dieu chez Béroul ou dans la refonte de René Louis, il redevient un simple mortel adultère devant la caméra de K. Reynold, qui reprend les principaux épisodes des livres en prose du Tristan telle que l'a traduite René Louis et avant lui Bédier, comme l'enfance orpheline de Tristan, le combat avec le Morholt, puis la quête de la belle aux cheveux d'or - Isolde - et de son mariage avec le roi Marc alors que celle-ci aime déjà Tristan... Si les barons félons, les pouvoirs de guérisseuse d'Iseult et Brangien sont toujours présents, le nain Frocin disparaît de même que le mariage de Tristan avec Iseult aux blanches mains et l'épisode fameux de la fuite des amants dans la forêt du Norrois, sans compter les non moins célèbres sauts de la chapelle et la scène des lépreux. Choix encore plus surprenant, alors que ce couple mythique symbolise l'amour plus fort que la mort, le réalisateur a choisi de montrer à la fin un Tristan attaché à son roi et à son devoir !

Tout est réduit à des dimensions humaines : le dragon de la légende tristanienne est évacué, de même, le géant Morholt est réduit à taille humaine dans ce film. Plus de filtre, ni de visions pour Isolde et la fin des amants est on ne peu plus éloignée du récit originel. Bien sûr que l'impératif du temps d'un film a obligé le réalisateur a faire des choix, mais K. Reynold a transformé la célèbre légende en donnant davantage de crédibilité à la réalité prosaique de l'histoire, c'est-à-dire en développant toutes les scènes de batailles qui se multiplient et se répètent, et en développant les coutumes des celtes comme les duels judiciaires. Les batailles intestines pour la prise de pouvoir de la Cornouaille sont assez bien rendues. Hélas, les spectaculaires scènes de batailles, saisissantes par leur réalisme, ne suffissent pas à rendre "cette comédie romantique" plus attrayante. Tristan et Isolde est une adaptation très libre et très éloignée du récit d'un des héros les plus célèbres de la période médiévale, interprétée par des héros tout aussi fades ; à ne regarder que pour l'arrière-fond historique.

Tristan et Isolde, 2h05, 2006, avec James Franco et Sophia Miles.

Tristan et Iseult, traduction, René Louis, Livre de poche, 270 p.

Participation au challenge amoureux "catégorie histoire mythique" de L'irrégulière.

Tristan + Yseult (2006) bande annonce

Posté par maggie 76 à 16:43 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

23 septembre 2011

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Siberling : ISSN 2607-0006

 Les_desastreuses_aventures_des_orphelins_Baudelaire_d_apres_Lemony_Snicket1

C'est accompagné de la voix off de l'auteur que vous entrerez dans l'univers des orphelins Baudelaire dont l'esthétique est proche de celle des Noces funèbres de Tim Burton. Ne manquant pas d'humour, le réalisateur a mis en images l'avertissement de l'auteur :

" Chers spectateurs, si vous appréciez les films remplis de chants de lapins, de vaisseaux spatiaux éclatants, ou des pom-pom girls, vous avez choisi le mauvais dvd ! Le film que vous allez voir retrace le destin funeste de trois orphelins et d'une véritable crapule, le comte Olaf qui veut les déposséder de leur fabuleuse fortune. vous y trouverez également des sangsues carnivores, une vipère incroyablement mortelle et Meryl Streep. [...] Vous êtes libres de vous orienter vers des histoires plus légères, mais quant à moi, j'ai le triste devoir de continuer mes recherches sur la vie des enfants Baudelaire. Avec mes respects, Lemony Snicket"

Des images mièvres tout droit issues du monde de Disneyland s'enrayent pour laisser place à une atmosphère brumeuse et crépusculaire. Un film horrifique ? Funeste ? Non, le tout est saupoudré d'humour, de personnages ridicules comme Mr Poe et de scènes cocasses.  Et quelle atmosphère ! Quelle inventivité ! Si le film ne suit pas les péripéties identiquement au livre, l'esprit roman-feuilleton y est bien présent. Jim Carrey interprète avec jubilation un super-scélérat très dickensien, quant à Meryl Streep, elle est parfaite en hystérique déjantée. Cette adaptation d'ailleurs évite l'écueil des redites du livre et rend plus amusant les personnages, notamment celui de la petite Prunille.

Visuellement magnifique et onirique à souhait, les personnages originaux nous font vivre une suite d'événements complètement échevelées qui ne manque ni de suspense ni de situations invraisemblables et délicieusement extravagantes. Un écrivain rédigeant les aventures des enfants Baudelaire, des déguisements en cascade, un faux vrai mariage théâtral, des meutres, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est un hymne à l'imagination...

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire, Le laboratoire aux serpents, Nathan, 198 p.

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire, avec Jim Carrey, Meryl Streep, Jude Law, 1h48, 2004.

Lu aussi par Mélusine. Voici celui du site Nathan si vous avez hâte de découvrir tous les opus.

Bande-annonce "Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire"

Posté par maggie 76 à 17:15 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

21 septembre 2011

Hot fuzz de Edgard Wright : ISSN 2607-0006

18767968

Scream vous fait rire par ses outrances, les films d'horreur qui peuplent nos écrans jouant avec les mêmes stéréotypes vous fatiguent, alors regardez Hot fuzz qui est comme une bouffée d'air frais et se moque allégrement de ce genre et qui plus est, parodie nombre de films tels que Point break, Matrix, plus globalement les westerns et les duos de policiers...

A Londres, un flic tellement exceptionnel - Nicholas Engel - est mis au rencart par ses supérieurs qui ont peur d'être mis à la retraite par ce surdoué. Arrivé dans le petit village de Sandford, il découvre ébaubi, et le spectateur avec, un commissariat où on mange des gâteaux comme dans une vente de charité, où la seule affaire importante qui lui incombe est de ramener un cygne. Il va former un duo loufoque avec le fils du chef du commissaire et combattre un inquiétant - par son ridicule - comité de surveillance des voisins. Mais dans la verte et riante campagne anglaise, une série de meurtres met fin à la tranquillité de Nicholas pour notre plus grand plaisir...

Rythme vif, avec des accélérations, jeux de mots, ironie, gags, quiproquos, Hot fuzz n'est pas un simple film d'actions mais une parodie réussie. En outre, elle aborde de manière loufoque et sans prétention les problèmes de vandalismes, du devoir etc... Jusqu'où peut-on aller pour faire baisser le taux de criminalité ? Cette comédie parodique est un pur produit de l'humour bristish et un vrai régal (Ne vous fiez pas à l'affiche du film tapageuse).

Hot Fuzz, de Edgard Wright, avec simon Pegg, Nick Frost, sortie 2007, 115 min.

Bande Annonce Hot Fuzz

Posté par maggie 76 à 13:10 - - Commentaires [18] - Permalien [#]

17 août 2011

Les quatre filles du docteur March adapté par Gillian Armstrong : ISSN 2607-0006

product_9782070628162_244x0

Le livre : Gaie ou triste, Louisa May Alcott raconte la jeunesse de quatre jeunes filles au XIXeme siècle dans son roman Les quatre filles du docteur March. Qui sont-elles ? Il y a Margaret la romantique, Joséphine l'impétueuse, Beth la timide et Amy la vaniteuse, élevées par leur mère car le père s'est engagé volontairement au côté de l'Union dans la guerre de Sécession. Mille anecdotes dépeignent la vie du quatuor et de leur caractère, comme disputes, confidences, premiers amours, loisirs... travail aussi car les deux aînées doivent gagner de l'argent, étant donné que le pasteur s'est ruiné, ce qui ne va pas sans de nombreuses plaintes. Leur train-train est bouleversé par la connaissance d'un voisin Laurie et de son précepteur, le professeur M. Brooke.

Ce qui aurait pu être de beaux portraits de femmes se réduit à des descriptions quelque peu naïves et idéalisées, tout empêtrées de morale. Peut-être parce que le père est pasteur que la morale est si présente dans la vie de ces jeunes filles. Est-ce un reflet du puritanisme ambiant ? En outre, le père est absent à cause de sa participation dans la guerre de Sécession mais jamais un mot n'est rapporté sur les causes de cette guerre et sur ses désastres... Toujours est-il que le ton sentencieux et les bons sentiments abondent et finissent par lasser... ou ce livre est-il plaisant à lire qu'à l'adolescence ?

A côté de ces jeunes filles en fleur, le portrait caricatural de la tante, vieille fille insupportable avec un perroquet tout aussi insupportable, apportent une note de gaîté dans ce monde lénifiant. L.M. Alcott s'attache donc à décrire le monde de l'enfance en mettant en relief l'importance de l'imagination mais aussi la naissance d'un écrivain, Jo. Ce roman est très différent des sombres machinations et du suspense présents dans Derrière le masque et Secret de famille du même auteur, qui présentent des intrigues et une écriture beaucoup plus attrayantes...

63797155

Le film : Comédie gentillette, comédie qui ramène le sourire, ce film comporte les mêmes défauts que le livre, vraiment classique, mièvre et lisse, malgré de beaux décors et un casting d'actrices tout à fait remarquables. L'une des curiosités de ce film est de voir K. Dunst, toute jeune actrice incarnant Amy. Condensant la série de livres de L.M. Alcott, on suit la destinée de ces quatre jeunes filles, découvrant ainsi des moments bouleversants comme la mort d'une des sœurs, certainement la plus généreuse, et le destin littéraire de Jo, qui est en fait la véritable héroïne de ce film en s'accomplissant aussi bien professionnellement que dans sa vie amoureuse...

Les quatre filles du docteur March, folio junior, 375 p.

Les quatre fille du docteur March, Gillian Armstrong, avec Susan Sarandon, Wynona Ryder,114 min

Challenge back to the past organisé avec Lou.

Les quatre filles du Docteur March - BANDE-ANNONCE

Posté par maggie 76 à 17:56 - - Commentaires [22] - Permalien [#]

15 août 2011

La planète des singes, les origines de Rupert Wyatt : ISSN 2607-0006

 

planete-singes

 Pierre Boulle a écrit Le pont de la rivière Kwai et d'autres œuvres, mais celle que la postérité a retenue est La planète des singes : Jinn et Phylis, lors d'un voyage d'agrément trouve, comme dans les romans d'aventures, une bouteille abandonnée dans l'espace. Elle contient un manuscrit, l'histoire d'un journaliste, Ulysse Mérou, qui tel son ancien homonyme, va faire un voyage dans l'espace, de la terre à Beltégeuse. Deux années de voyage intersidéral représentent environ 3 siècles sur terre. Arrivée sur l'étoile Beltégeuse, l'aventure se révèle extraordinaire car la planète est presque semblable à la terre et d'une grande beauté. Là, il rencontre une femme divine mais bientôt va succéder l'horreur lorsqu'il découvre que les habitants intelligents de cette planète se révèlent être des... singes !

L'originalité de ce livre réside dans l'exploitation de la théorie de Darwin mais en sens inverse. Le livre reste crédible dans toutes les hypothèses émises dans la prise de pouvoir des singes : les hommes auraient domestiqués les singes, jusqu'au jour où capables de refaire les mêmes gestes que l'homme, ils finissent par chasser ces derniers dont la terreur et la paresse les vouent à leur perte. 

Livre de Science-fiction, il est plus proche des romans post-apocalyptiques que des romans de SF avec la création d'un monde complètement original car l'écriture est très simple et sans jargon technologique ou autres inventions pullulant dans les romans du genre. Surtout la fin réserve une double surprise, bien que préparée par certains indices dès le début du récit cadre.

index

César ou Spartacus ? La planète des singes, les origines, exploite quelques passages du livre tout en inovant sur les causes de la disparition des hommes.  Will Rodman est un scientifique qui mène des recherches sur Alzheimer testant ses produits sur les chimpanzés. César est un singe, dont la mère a reçu les injections en laboratoire, d'une intelligence hors-norme. Suite à des manifestations violentes sur un voisin, il est enfermé dans un refuge où il subit de nombreuses maltraitances aussi bien de la part des hommes que des autres animaux. Il va alors, grâce à son intelligence, se révolter contre sa condition... 

Décevant, telle est la première impression qu'on a en sortant de ce film bien que l'intrigue tienne la route. Certes les effets spéciaux sont remarquables et on ne les remarque même pas tant les chimpanzés et autres primates du film sont réalistes et crédibles dans leurs comportements. Évidemment, beaucoup de scènes panoramiques, d'ensemble sont véritablement impressionnantes mais il en ressort que ce film reste une grosse production américaine avec beaucoup de sentimentalité - le héros a une aventure avec une jolie vétérinaire au rôle de potiche, le singe défend le père de Rodman, qui est en quelque sorte son " grand-père" parce que ce dernier est frappé par un voisin -, et beaucoup d'actions simiesques bien que les acteurs étant des singes cela change un peu : on a donc droit à la conventionnelle course-poursuite entre policiers et chimpanzés, un combat entre chimpanzés... 

Cela n'est pas mauvais, mais César a trop l'allure d'un nouveau Spartacus plein de bons sentiments et comme toujours le film pèche par un côté redondant, où tout est expliqué mille fois au cas où le spectateur n'aurait pas bien tout compris : d'où une impression de longueur. Bonne surprise, cependant, aucun des personnages n'est manichéen excepté la brute de voisin et le gardien du refuge...

Pierre Boulle, La planète des singes, Pocket, 189 p.

La planète des singes, les origines, réalisé par Rupert Wyatt, avec James Franco, Freida Pinto, 2011, 2h.

Billet de Dasola.

Bande annonce La Planète des singes : les origines (VO)

Posté par maggie 76 à 13:08 - - Commentaires [16] - Permalien [#]