19 juin 2012

L'avare, adapté par Girault : ISSN 2607-0006


L'avare bande-annonce

Harpagon est devenu une antonomase : il désigne un avare... créé par Molière. Ledit Harpagon est obnubilé par sa cassette contenant 10 milles écus, au point d'en être mal habillé et de vouloir obliger ses enfants à se marier par intérêt ; sa fille Elise à un vieux barbon qui accepte une mariée sans dot et son fils à une vieille fausse douairière, très riche mais aussi très laide. Ce personnage caricatural et ridicule est incarné par Louis de Funes qui ne se prive pas de ses habituelles mimiques... avec un excès qui finit par enlever l'aspect désopilant qu'a ce personnage au premier abord.

La mise en scène oscille entre un grotesque burlesque avec arrachage de cheveux véritable - le texte moliéresque est pris à la lettre -  et un aspect plus littéraire avec des passages de l'Avare sur les murs de la maison du vieux pingre, ou l'apparition du roi assistant à la scène comme dans la tradition des théâtres du XVIIeme siècle. Si le texte est respecté à la lettre, et on ne peut que louer cette bonne intention, de nombreuses scènes farcesques sont rajoutées comme une nonne poursuivant notre avare pour avoir la pièce de sa quête, ou le vêtement en paon lorsque Harpagon fait la cour à Mariane... Je crains que la diction très rapide des personnages ne rende difficilement compréhensible les paroles des personnages, pour qui n'a pas lu la pièce, et l'aspect comique est excessivement développé au point de faire rire de manière sarcastique à la énième grimace de Funes.

L'avare de Jean Girault reste un diversement qui manque de subtilité, même si certaines scènes sont vraiment drolatiques avec des valets rasant les murs pour ne pas montrer leur haut de chausse troué... ou un Harpagon se tenant la main pour s'empêcher de se voler et s'apercevant que c'est sa propre main... Quelques clins d'oeil sont réussis, les apartés sont bien mis en scène, le tout est enlevé mais manque singulièrement de finesse...

L'avare de Molière, GF.

L'avare, Jean Girault, avec Louis de Funes, 1980, 1h57.

Challenge "en scène" de Bladelor.

 

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15 juin 2012

Les soeurs Brontë de d'André Téchiné : ISSN 2607-0006

 

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Les soeurs Brontë est une biopic qui ne suit pas l'imagination d'un cinéaste, en l’occurrence Téchiné, fantasmant la vie des Brontë à travers leurs romans mais une biographie très lacunaire, très documenté et sobre. "Je crache sur l'amour et sa vanité", dit avec force Emily Brontë - incarnée par la talentueuse I. Adjani - la plus sauvage, la plus exaltée des trois soeurs, arpentant la lande habillée comme un homme. Quels portraits de femmes talentueuses et fascinantes ! Le destin des trois soeurs semble tragique, enfermées dans la lande déserte, venteuse et aride. Et pourtant, dans cette nature immense et sauvage, elles ne cessent d'écrire. Si leur vie paraît terne, leur imagination est fertile - chacune ayant écrit un chef d'oeuvre - s'inspirant de leur vécu comme la rencontre avec leur précepteur bruxellois Héger, leur relation avec leur frère, leur propre expérience de préceptrice humiliée par des riches employeurs méprisants...  Sous le ciel menaçant, dans la solitude, les soeurs assistent au désastre de leur frère Branwell : artiste peintre, il est détruit par le manque de reconnaissance envers son art et un amour impossible.

 On imagine une vie flamboyante pour les auteurs des Hauts de Hurlevents et de Jane Eyre, mais la réalité est tout autre : si elles sont habitées par leur passion de l'écriture, elles sont aussi écrasées par ce monde d'hommes, enfermées comme dira leur frère "comme dans une cave", obligées de prendre des noms d'hommes pour écrire. Elles sont contraintes aussi de travailler et de se plier aux normes sociales...

Étonnant que le réalisateur parle, dans le documentaire intitulé "les fantômes de Haworth", d'un film sur le frère alors que c'est le trio d'actrices qui crèvent l'écran, esthétisées comme des femmes de peintures préraphaélites.  Ce ne sont pas seulement Charlotte, Anne et Emily qui apparaissent dans une beauté picturale, les paysages du Yorkshire qui envahissent les petites saynètes sont aussi esthétisés et encadrés comme des tableaux... Dommage que les petites séquences soient si courtes, formant une vie en pointillés... J'ai aimé cette souffrance, cette passion qui affleurent dans le comportement d'Emily Brontë dont le caractère tourmenté est en harmonie avec les tempêtes, les paysages nocturnes et le cimetière baudelairien. Un film fascinant, mélancolique, pour qui aime ces romancières britanniques et qui donne envie d'en savoir davantage sur elles...

Billet de Niki ici.

Les soeurs Brontë, Téchiné, avec Pascal Greggory, Isabelle Adjani, Marie-France Pisier, Isabelle Huppert...

Participation au challenge "Back to the past" organisé avec Lou.

participation au challenge Romantique organisé par Claudia.

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11 juin 2012

Nicholas Nickleby de Douglas Mcgrath : ISSN 2607-0006

NICHOLAS NICKLEBY - Bande-annonce VO

Même sans avoir lu l'oeuvre de Dickens ( biographie sur le site Larousse), on prend beaucoup de plaisir à regarder ce film très dickensien justement ! Tout d'abord, on a la mise en scène des bas-fonds de Londres mais surtout d'une école mettant en scène les misères des orphelins, de pauvres enfants sous la coupe d'un précepteur cruel (Squeers) répugnant et complètement immoral. Quand on pense que Albert Wolff se plaignait de la" bas-fondmanie" qui régnait chez les naturalistes, qu'aurait-il dit en voyant les misérables de Dickens ! Les méchants chez Dickens le sont toujours de manière hyperbolique : à part Squeers, il y a aussi l'oncle de Nicholas Nickleby qui est l'incarnation du mal et d'une rare avarice, cherchant à faire tomber toujours plus bas moralement les personnes qu'il fréquente. Il prend plaisir à soumettre sa nièce à des humiliations, à envoyer son neveu chez l'horrible Squeers, après la mort de leur père et de leur ruine... Il n' a qu'un but dans sa vie, avilir les gens.

Fort heureusement, Dickens avait beaucoup d'humour et le réalisateur en a tenu compte. C'est sur un tempo allègre que commence le film, sans compter de nombreux rebondissements comme des enlèvements, des retournements de situations incroyables et nombreux... Si certaines scènes sont pathétiques comme la mort d'un personnage sympathique, d'autres sont complètement loufoques : si vous avez envie de savoir quelle est l'histoire de la famille poney dont le poney père est alcoolique, de découvrir une ambiance shakespearienne - car Nicholas fera partie un temps d'une troupe ambulante - avec un Roméo voulant à tout prix faire une danse écossaise, ou de connaître l’imbroglio d'un ancien amant ( qui avec son frère ressemble fort à des Tweedledum et Tweedledee carrolliens) éconduit qui vient en aide à la fille de son amante tout en le cachant au père... Vous devez à tout prix regarder Nicholas Nickleby qui filme la destinée d'un jeune homme à travers toutes les vicissitudes de la vie et qui n'est jamais ni tout à fait une tragédie, ni tout à fait une comédie. Un film réjouissant - sans compter la beauté du Yorkshire - , qui donne envie de lire cette oeuvre de Dickens.

Nicholas Nickleby, Douglas McGrath, 2004, 132 min, avec Charlie Hunnam, Romola Garai, Christopher Plummer, Jamie Bell.

Challenge back to the past organisé avec Lou.

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21 mai 2012

La corde de Hitchcock : ISSN 2607-0006

Hitchcock - La Corde (VF) - Bande Annonce

Saviez-vous que Hitchcock avait toujours rêvé de filmer une pièce de théâtre ? Il a réalisé en partie son rêve avec La corde, pièce à l'origine intitulée Rope's end de Patrick Hamilton. Le dramaturge s'est inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé à Chicago dans les années 1920 : l'affaire Leopold-Loeb. Hitchcock a d'ailleurs innové techniquement en ce qui concerne le tournage du film : premier film en couleur, il voulait tourner en continu les scènes, ce que ne lui permettait pas les bobines de pellicules qui étaient trop courtes, mais effectivement, on a l'impression en regardant le film qu'il n'y a pas de coupures... On comprend aussi que vu la taille des caméras, le tournage fut une véritable prouesse pour le réalisateur mais un enfer pour les comédiens !

Mais de quoi nous parle La corde ? deux jeunes étudiants Brandon et Phillip décident par jeu de tuer un jeune homme, David, une de leur connaissance. Toujours dans l'esprit de jeu - mais combien macabre et lugubre ! - les deux jeunes hommes décident de fêter cet événement et invitent les parents de la victime, l'amie de David... mais aussi leur professeur qui partage leurs idées et leur a enseigné des préceptes peu moraux comme mettre au rang d'art, le crime.  D'emblée, on est confronté à la mort du jeune David, où se situe alors l'intérêt du film ? Dans la tension qui ne cesse de grandir. La nervosité des personnages, les soupçons de l'ancien professeur, l’inquiétude des parents qui ne voient pas venir leur fils... créent une tension insoutenable : vont-ils être démasqués ? Est-ce un crime parfait ? On retrouve avec plaisir le traditionnel mélange de suspense, d'humour macabre du célèbre réalisateur et une ambiance de huis-clos étouffant... Le personnage de Brandon est particulièrement effrayant dans son cynisme à la Dorian Gray : alors que le meurtre vient d'être commis, il s'écrit joyeusement : " Que la farce commence" ! La corde est un excellent Hitchcock !

Pour l'anecdote - et il y en a beaucoup dans le making-of à voir absolument -, le film n'eut pas le succès escompté à cause semble-t-il de l'homosexualité latente des personnages : d'ailleurs, jamais l'équipe de tournage, la production ne prononça ce mot et disaient " en" : le professeur "en" était aussi. D'ailleurs, Hitchcock a supprimé à la lecture du script, tous les "my dear" entre Brandon et Phillip, trouvant que ce mot montrait explicitement qu'ils "en étaient". Cary Grant refusa d'ailleurs le rôle du professeur de peur qu'on croit qu'il "en" était... ah ! Amérique puritaine... Le making-of est aussi intéressant par les informations apportées sur le travail de Hitchcock, et sur son portrait qui se dessine à travers les témoignages des acteurs et notamment du scénariste Arthur Laurents... Où est Hitchcock ? Dans chacun de ses films, le réalisateur a l'habitude de faire une courte apparition, le trouverez-vous ?

Hitchcock, La corde, 1950, 1h23, avec James Stewart, John Dall, Farley Granger.

autre film : Psychose

Challenge "Hitchcock" organisé par Titine et Sabbio. visionnage commun avec titine, son billet ici.

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02 mai 2012

Le malade imaginaire adapté par Chalonge : ISSN 2607-0006

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Christian de Chalonge a adapté plusieurs romans dont Malevil de Robert Merle, ou des aventures de Maigret - Maigret et le marchand de vin et Maigret chez le ministre. Depuis 2007, il s'attaque au répertoire classique en adaptant L'avare, puis Le malade imaginaire et Le bourgeois gentilhomme. Il se veut fidèle au texte du dramaturge même si on relève ça et là des coupes obscures dans les tirades - notamment la première ( celle de la scène 1, acte I) - et des changements - malheureux ? - de vocabulaire en supprimant des mots comme "aheurté".

Molière dépassé ? Le rire n'est-il pas historique ?  Et pourtant la mécanique de la comédie moliéresque fonctionne encore. On rit de cet hypocondriaque raillé par sa servante Toinette, rusée comme tout bon valet ou servante de Molière : "Il mange, dort, mange, et boit tout comme les autres ; mais cela n'empêche pas qu'il ne soit fort malade", dit ironiquement Toinette. Béralde, frère d'Argan critique la médecine et les médecins refusant les progrès de la science. Les passages de franche comédie avec le personnage de Thomas Diafoirus aussi benêt que niais qui souhaite faire voir une dissection à sa promise et qui oublie ses compliments appris par coeur, qui ne sait employer pour faire la cour à Angélique que le jargon des débats à coups de distinguo, négo, concedo, dico... succèdent à des moments plus grinçants avec le personnage plus sombre de Béline, voulant arracher l'héritage aux enfants d'Argan et se réjouissant de sa fausse mort...

Le malade imaginaire est une comédie-ballet dont l'adaptation garde des traces : dans de nombreuses scènes sont présents des personnages typiques de la commedia dell arte, troupe ambulante présente dans la cour d'Argan, qui ajoute une touche de couleurs, de fraîcheur... Mais Chalonge n'a retenu que deux des intermèdes, les plus efficaces (privilégiant la fluidité des scènes donnant un grand naturel à toute l'adaptation filmique), les plus cocasses, celui où Angélique et Cléante improvisent une petite pastorale et celui où Argan est fait médecin, à l'instar de Mr Jourdain devenant grand mamamouchi.

Si Argan critique le théâtre de Molière en disant "c'est un bon impertinent que votre Molière avec ses comédies, et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins", nous avons envie de lui répondre par les mots de Sainte Beuve : " Molière est avec Shakespeare  l'exemple le plus complet de la faculté dramatique, et à proprement parler créatrice". Décors, hauts-de-chausses, pourpoints, fraise, rien ne manque pour nous faire entrer dans cette belle adaptation qui ne finit pas si bien que ça...

Le malade imaginaire, Molière, Classique Larousse, 188 p.

Le malade imaginaire, chalonge, 1h45, 2008, avec Christian Clavier et Marie-Anne Chazel

Challenge en scène " catégorie Musset", organisé par bladelor.

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22 avril 2012

Titanic de Fellowes : ISSN 2607-0006


Titanic 2012 TV Series Trailer

"L'insubmersible" Titanic coulait dans des sombres eaux glacées il y a exactement cent ans. Titanic de J. Fellowes n'est pas aussi remarquable que Downton Abbey. Certes, les costumes d'époque, les reconstitutions, les querelles religieuses contemporaines, la nette démarcation entre les classes sociales sont extrêmement bien rendus : c'est visuellement superbe, tout comme Gosford park ou Downton Abbey. Mais c'est justement trop ressemblant, un peu comme une réplique de ses films, mais transposée sur le Titanic. Seule une ou deux scènes de la salle des machines, et le naufrage final nous rappellent le contexte. Les dialogues sont assez plats, se composant essentiellement de commérages de langues de vipère. Tout le monde a l'air assez indifférent au naufrage, seul compte pour eux leurs sentiments, ressentiments. Chacun est préoccupé par ses amours, ses problèmes d'argent ou d'égo....

Si on prend plaisir à se promener d'une classe sociale à l'autre, à admirer le luxe des premières classes, il est assez peu question du Titanic, bien qu'étant la première grande catastrophe de la modernité. On reste tout de même ébloui par la manière dont J Fellowes sait peindre la société de l'époque, le mépris pour les troisièmes classes et la haine des étrangers...

Pour compléter votre intérêt pour le sujet "C dans l'air, le Titanic 100 ans de fascination" et Xenius, se penchent sur l'énigme du Titanic, des différentes manifestations actuelles commémorant cet événement, des changements apportés notamment dans les normes de sécurité, les raisons scientifiques de ce naufrage. Le Titanic, la véritable histoire est un docu-fiction qui insiste sur les aspects techniques du naufrage, la question des portes étanches, des raisons du naufrage... Malheureusement, la présentation sous forme de docu-fiction avec reconstitution des témoignages des survivants décrédibilisent ce documentaire, qui est par ailleurs remarquablement didactique. Le Titanic aurait-il pu éviter cette catastrophe ? Pourquoi cette tragédie a tant marqué les esprits ? Alicia nous parle du Titanic insubmersible de Gordon korman, Allie de Voyage mortel de H. Brewster du Titanic de Richard D. Nolane et Lou de Cent ans, les enfants du Titanic. Vous trouverez aussi un article très détaillé sur Wikipédia et une interview du réalisateur sur Télérama.

Fellowes, Titanic, mini-série, voir ici.

Autres séries : Downton abbey

"Le Titanic, la véritable histoire", Richard Dale.

Challenge back to the past organisé avec Lou.

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18 avril 2012

Mon oncle de Tati : ISSN 2607-0006

 

 


BANDE-ANNONCE MON ONCLE JACQUES TATI 1958 TRAILER HQ

 Depuis cet hiver 1895, avec L'arroseur arrosé des frères Lumières, le cinéma ne cesse de décliner l'univers du burlesque et de la farce. Buster Keaton et Charlie Chaplin excellaient dans le gag. Mais si Chez Chaplin, le comique se double d'une satire violente qu'elle soit sociale - La ruée vers l'or - ou qu'elle soit politique - Le dictateur -, Jacques Tati, lui, reste en dehors de tout engagement. Au premier abord, par sa critique humoristique de la modernité dans Mon oncle, J. Tati apparaît plutôt réactionnaire... Et pourtant son personnage semble chercher davantage à s'adapter à ce monde modernisé qu'à le bouleverser. Reconnaissable à son parapluie, son imperméable, sa silhouette longiligne et sa gestuelle maladroite, le fameux "oncle" ne cesse de désorganiser l'ordre établi.

Incapable de trouver un travail - avec un clin d'oeil Aux temps modernes de Chaplin -, il n'a de cesse de faire rire de son comportement décalé. Dans Mon oncle, les gags se multiplient autour de cette opposition entre l'esthétique "Bauhaus" et industrielle incarnée par la famille Arpel et son quartier... De la mécanique du rire, des récurrences de scènes, de lieux, des constrates naissent aussi un monde presque surréel : l'esthétique très marquée années 60 lui confère même un charme suranné.

Comme ses prédécesseurs, les dialogues sont peu importants chez Tati mais le bruit y a une place majeure : utilisé en point d'ancrage, véritable actant de son film, caractérisant le personnage, le bruit symbole de la modernité envahit tout cet univers en mutation. En revanche, les gestes, les mouvements, l'agitation des corps jusqu'à l'hystérie envahissent l'écran pour créer un comique certain. Avec ce réalisateur, ça passe ou ça casse... La méticulosité de Tati qui post-produit tout et son personnage original font de Tati un grand réalisateur mais en deçà d'un Chaplin... et ça donne envie de visionner Eraserhead de David Lynch dont les thématiques et les procédés sont très proches...

Mon oncle, Tati, 1h50, 1958.

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12 avril 2012

Sherlock holmes, saison 2 : ISSN 2607-0006

SHERLOCK: S2E1 A SCANDAL IN BELGRAVIA TRAILER

Pas étonnant que cette série soit une véritable réussite quelque peu déjantée ! M. Gatiss et S. Moffat, ont l'habitude des adaptations victoriennes. Mais on n'assiste pas seulement à un changement de siècle mais aussi à des ajouts originaux tout en restant dans l'esprit des nouvelles écrites par Conan Doyle... Un scandale à Buckingham, Le chien de Baskerville et la chute du Reichenbach sont des aventures de Sherlock Holmes tout à fait captivantes où notre héros est aussi brillant que cynique. Les personnages secondaires sont à la hauteur et véritablement développés. Tous les personnages ont un haut sens de la théâtralité s'ajoutant à des dialogues percutants : le cynisme de S. Holmes est à savourer, de même que l'humour presque toujours noir quand il s'agit de Holmes...

Véritable dandy, Sherlock Holmes évolue dans un décor époustouflant comme l'atmosphère dans l'épisode du chien des Baskerville... Les objets technologiques ont une grande place dans ces histoires où les portables, ordinateurs, blogs et autres technologies servent l'intrigue avec efficacité, atteignant des sommets avec le "palais mental" de Holmes où ses pensées sont visibles... Et quelles intrigues ! Vols des bijoux de la couronne, affrontement entre Sherlock et son ennemi dangereusement fourbe Moriarty ( La chute du Reichenbach ou La solution finale), attaques de molosses gigantesques ( Le chien des Baskerville), manigances d'une intrigante au service d'un criminel Moriarty - Irène Adler, dans un scandale à Buckingham -, on n'est pas au bout de nos surprises dans ces intrigues, qui en mélangent plusieurs, magnifiquement mises en scène. "Des empreintes gigantesques, un molosse, je ne raterai pas cela pour un empire", dit en substance Sherlock Holmes et nous non plus !

Série britanique de Marck Gatiss et Steven Moffat, avec Benedict Crumberbatch et Martin Freeman, BBC, épisode de 50 min, 2012.

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20 mars 2012

Voyage avec Turner de Inge Herold : ISSN 2607-0006

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* Interior de Petworth house with people in conversation.

"Le peintre de la lumière " : sous Georges III, naissait l'un des plus grands peintre anglais : William Turner. On peut parler de génie précoce pour ce peintre qui, à 15 ans; entre dans la royal Academy. Copiant les antiques, il innove notamment dans la technique de l'aquarelle et de la peinture à l'huile en cherchant à rendre l'intensité de la lumière, utilisant des pigments pures pour rendre les éclats de lumières et peignant sur des fonds blancs. Certes, Turner a bien mérité ce surnom de "peintre de la lumière", précurseur et modèle des peintres impressionnistes, à travers ses tableaux de couchers de soleil, de tempêtes de mer...

Ce documentaire permet la découverte des influences de Turner, notamment le Lorrain mais il s'est inspiré de nombreux tableaux de la Renaissance et ses nombreux voyages lui ont permis d'admirer les Salons parisiens où étaient exposés les oeuvres de David, de se confronter aux visions " sublimes" des montages suisses. Turner est influencée par la conception romantique des paysages état-d'âme. Quel vertige dans ses tableaux ! Quelques anecdotes pimentent cette biographie comme la rivalité avec Constable : lors des vernissages, Turner arrivait et finissait ses tableaux sur place, lui valant une réputation de fou ou d’excentrique. Attiré par les marines, le thème des mers déchaînées, le peintre britannique serait resté quatre heures attaché à un mat pour contempler à loisir une tempête...

"Dites-lui que l'indéfini est mon fort" :  l'abstraction, le flou, le vaporeux, l'évanescence qui émanent de certains paysages, le faisaient fort peu apprécier de ses contemporains. Pourtant, Ruskin le distingue dans son Modern's painters. Malheureusement, dans ce victorianisme ambiant, Ruskin découvre à la mort du peintre, de nombreuses esquisses érotiques. considérant que c'est l'oeuvre d'un fou, Ruskin détruit plus de 300 dessins de Turner - mais on peut se demander où est la folie ? - Ce documentaire est une fort belle introduction à la peinture turnérienne, visuellement superbe et résolument moderne...

documentaire, par Inge Herold, 1997, 59 min, A voir ici.

Participation au challenge romantique de Claudia.

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03 mars 2012

La fashion week parisienne : ISSN 2607-0006

Paris_Fashion_Week_2012

 "Le jour d'avant" : Karl Lagerfeld dessine les collections de la maison Chanel mais aussi pour Fendi : qui sont-ils ? Leur logo représente deux F, comme "Folle Fourrure", car Fendi, marque italienne est spécialisée dans la haute couture de cette matière de luxe. Quelle créativité ! Rome et Paris. A travers, le "jour d'avant" du défilé de Fendi, c'est le portrait d'un homme aussi que dresse Loic Prigent. La première d'atelier avoue qu'elle est " sa disciple" ! Si la mode peut paraître futile et dérisoire pour certains, pour d'autres, elle est un véritable culte. Et sans compter aussi le travail artisanal de toutes les brodeuses, les modélistes etc...

Histoire d'épaulettes : Paris, ville des Lumières mais aussi ville du luxe : Lanvin, l'un des plus ancien logo (1889) de marques de haute couture a été racheté récemment par Mme Wang. Son nouveau couturier est Alber Elbaz : pour lui, la mode est un hommage à la femme. Loin de l'austérité et de la sévérité d'un Karl Lagergeld, A. Elbaz travaille dans la bonne humeur, dans une ambiance familiale. Pas de première d'atelier, il travaille directement avec les modélistes. " Jamais inquiet, jamais fatigué", il a relancé la maison Lanvin avec des lignes épurées, austères, des tissus fluides et du portable. Les épaulettes omniprésentes sont à l'image de la femme moderne selon lui...

"L'homme de Paris" : Autre maison, autre style et autre ambiance. J.P. Gaultier a lancé un parfum, a côtoyé Madonna, mais il a surtout révolutionné le monde de la mode par sa fameuse marinière. Proche de la métaphore politique des "membres et de l'estomac", une modéliste avoue qu'il est la tête et elle, les mains. Pour J. P. Gaultier, la mode, c'est la recherche d'une perfection. Proche de la définition baudelairienne du beau, il innove dans l'instant... au fur et à mesure que les robes sont bâties, il crée. Le beau est fugitif...

" J’ai sous les yeux une série de gravures de modes commençant avec la Révolution et finissant à peu près au Consulat. Ces costumes, qui font rire bien des gens irréfléchis, de ces gens graves sans vraie gravité, présentent un charme d’une nature double, artistique et historique. Ils sont très souvent beaux et spirituellement dessinés ; mais ce qui m’importe au moins autant, et ce que je suis heureux de retrouver dans tous ou presque tous, c’est la morale et l’esthétique du temps. L’idée que l’homme se fait du beau s’imprime dans tout son ajustement, chiffonne ou raidit son habit, arrondit ou aligne son geste, et même pénètre subtilement, à la longue, les traits de son visage. L’homme finit par ressembler à ce qu’il voudrait être. Ces gravures peuvent être traduites en beau et en laid ; en laid, elles deviennent des caricatures; en beau, des statues antiques."( Baudelaire, Eloge de Constantin Guy).

Loic Prigent nous dévoile les coulisses de la mode 28 jours avant un défilé avec son cortège de retouches de dernières minutes. On se croyait dans une ruche tant les créateurs, les mannequins, les attachés de presse s'affairent dans une ambiance follement extravagante... Entrez dans l'univers effervescent de la mode où la caméra de Loic Prigent sait capter les milles mouvements de ce monde si particulier...

 Loïc Prigent, série Le jour d'avant, documentaire, arte, 6 x52 min.

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