27 décembre 2013

A christmas carol, Docteur Who : ISSN 2607-0006

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Lecteurs, vous passez certainement vos fêtes de fin d'année à chanter à tue-tête des chansons de Noël, autour d'un sapin richement décoré et autour d'une table garnie de délicieux mets, avec vos proches. Ce sont des moments agréables, joyeux et chaleureux. Mais ce n'est absolument pas le cas de la famille Pettigrew, dont l'un des membres (Abigaël) a été cryogénisée pour cause de dettes et pour le docteur who et ses acolytes ( Amy et Rory) qui tentent de sauver un vaisseau spatial coincé dans une atmosphère brumeuse au-dessus d'une planète contrôlée par le sordide Kazran Sardich, qui refuse de les aider.

Dans Les fantômes des noëls passés, on retrouve l'ambiance très dickensienne des Contes de Noel. Le docteur Who, incarné par l'incontrôlable et irrésistible Matt Smith, va comme les esprits de Noël, les revenants qui hantent Scrooge, tenter de faire changer la personnalité de Kazran afin que celui-ci vienne en aide au croiseur spatial. Il retourne donc dans le passé de Kazran pour l'amener à devenir moins avare et plus sensible. De facto, le plaisir de retrouver l'influence de Dickens - la famille Pettigrew est tout à fait similaire à la famille Cratchit, Kazran est un parfait clone de Scrooge -  est augmenté par des détails complètement déjantés : dans l'atmosphère brumeuse nagent des poissons, le docteur se marie avec Marylin, des hologrammes entonnent des chants de Noël, et un requin qui a avalé la moitié du tourvenis sonique tire un traineau de père noël... Que d'inventions ! Quelle belle réalisation !

Evidemment, l'épisode finit bien grâce au docteur ! Avec ses noeuds papillons," la supériorité aristocratique de son esprit " ( Baudelaire)  - le docteur veut toujours sauver le monde quel qu'en soit le prix - et avec "son plaisir d'étonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être étonné" ( Baudelaire), Le docteur incarne à merveille l'excentrique et le dandy britannique, moderne et lointain épigone d'un G. Brummel. Cet épisode n'est que l'un des enchantements de cette série incontournable qui vient de fêter ses cinquante ans ! Joyeux noël à tous !

Les fantômes des noëls passés, scénario de Moffat, avec Matt Smitt, 2010 BBC.

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31 octobre 2013

Le dernier pub avant la fin du monde, Edgar Wright : ISSN 2607-0006

LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE Extrait 2 VOST "Et un verre d'eau" - Au cinéma le 28 Août

Après avoir survécu à la vie exaltante dans un commissariat d'une petite ville provinciale anglaise dans Hot Fuzz et après avoir tué de nombreux zombies dans Shaun of dead, Edgar Wrigth revient avec ses joyeux acolytes nous concocter un hilarant film parodique pour passer une très bonne soirée halloweenesque avec the end's world qui clôture la Blood and Ice cream trilogy, dont le titre révèle toute l'ampleur de l'humour du réalisateur.

Le début du film verse dans le pathétique, avec un personnage qui est resté attaché à ses rêves d'adolescent ( et quel rêve ! Finir en une nuit la tournée des bars de New Haven) et qui peine à rassembler ses anciens camarades pour relever le défi. C'est visiblement à reculons que tous ces quadragénaires, bien installés dans leur routine, retournent dans leur village natal : quoi de plus ennuyeux que cette petite ville, " ce trou perdu" ?

Et pourtant, si en apparence le village ne semble pas avoir changé, Gary King découvre vite que les habitants se comportent diféremment : personne ne semble se comporter normalement, si on peut parler de " normalité" lorsque l'on voit ces cinq "mousquetaires" avoir comme unique but de survivre à l'alcool pour atteindre le dernier pub du village...

Commence alors le plus comique, le plus drôle, des films de zombies, avec des scènes de combats comiquement et impeccablement chorégraphiées sans compter les clins d'oeil aux cinéphiles qui reconnaitront des allusions à Terminator, aux westerns... C'est sur un rythme trépidant, ponctué de dialogues burlesques, que Gary et ses amis nous entrainent dans leur poursuite effrénée de pintes de bière et dans le sauvetage de l'univers. Have fun !

The world's end, d'E. Wright ( 2013- 1h49), avec Simon Pegg, Nick Frost, Paddy Considine.

autres films : Shaun of dead, Hot fuzz

Participation au challenge Halloween, de Lou et Hilde.

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08 juin 2013

Les 39 marches/ Meurtre/ Le grand alibi de Hitchcock : ISSN 2607-0006

 

Les 39 marches Bande Annonce

Les 39 marches d'Hitchcock est un petit film hitchcockien de la période anglaise qui possède donc les mêmes caractéristiques que les films de cette période, c'est -à-dire le rythme trépidant, l'humour, et l'usage du quiproquo : on se laisse emporter par la fuite éperdue du personnage principal - Richard Hannay - qui s'exclame de manière très juste et en faisant une métalepse : " on se croirait dans un "roman d'espionnage" ! Adapté du roman homonyme de Buchan, ce film ne cesse de renvoyer au monde du spectacle tout comme dans Le grand Alibi et Meurtre. Mais si Meurtre est une vraie enquête menée par un acteur, Les 39 marches semble dominé par la fantaisie la plus débridée : Robert Donnat incarne joyeusement cette insouciance et cette désinvolture. Comiquement, il se mêleà des cyclistes pour échapper à des espions et intervient dans un metting politique sans réellement savoir ce qu'il fait là. A cette intrigue faussement politique se mêle une histoire sentimentale humoristique. 

Les 39 marches, Hitchcock, 1935, avec Vu par titine et lu par Cryssilda, Niki, Miss Léo,

index

Dans Meurtre, une vraie enquête est menée par un acteur, sir John : procès, délibération, emprisonnement. L'univers est plus sombre, plus expressionniste et l'aspect humoristique est minime. Cependant, comme dans Les 39 marches, l'aspect spectaculaire demeure une des principales caractéristiques de ce film qui se déroule dans un théâtre permettant de faire jouer les faux-semblants et le monde de l'art donnant la clé de l'énigme. L'actrice Diane Baring se réveille près d'un cadavre - une autre actrice avec laquelle elle se disputait - n'est pas coupable alors qui est-ce ? Il est intéressant de voir que dès ses débuts cinématographiques, Hitchcock laisse une grande part à l'inconscient, le côté obscur de l'être humain. L'actrice est-elle schizophrène ? Pourquoi ne se rappelle-t-elle pas du meurtre de sa collègue ? On souligne d'ailleurs pour ce film du début du parlant, l'aspect novateur du monologue intérieur au cinéma.

Meutre, Hitchcock, film britannique, 1930, 108 min.

Bande-annonce : Le Grand Alibi - VOST

Le grand Alibi met en scène un trio conventionnel : Marlène Dietrich incarne Charlotte Inwood, une actrice qui aurait assassiné son mari pour pouvoir vivre avec son amant Richard Todd. Mais est-elle coupable comme le montre tous les indices ? Une autre actrice, Eve, cherche à l'accuser et à innocenter Richard Todd qui clame son innocence. Où est le vrai coupable ? Voilà encore un film qui mêle arts du spectacle et intrigue policière pour mieux brouiller les pistes. Les dernières scènes ne sont pas sans rappeler Psychose. On soulignera tout particulièrement le talent de Jane Wyman qui joue plusieurs rôles pour aider l'homme qu'elle aime et surtout le rôle secondaire de son père qui joue un excentrique bourru apportant une touche d'humour à cette intrigue retorse où les fausses pistes s'accumulent.

Les films hitchcockiens de la période anglaise humoristique, ( Les 39 marches et Le grand Alibi) ou dramatique ( Murder), séduisent par l'alliance de l'humour et l'habileté diégétique !

Le grand alibi, Hitchcock, 1950 , film britannique,

Participation au mois anglais de Lou et titine et challenge Hitchcock de Titine.

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10 février 2013

L'Inconnu du Nord-Express de Hitchcock

 

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Certaines scènes sont cultes et inoubliables dans les films d'Hitchcock, il suffit de penser à la scène de la douche dans Psychose, à l'attaque des oiseaux... Et même chose dans L'inconnu du Nord Express où on suit d'abord, en gros plan, les chaussures des personnages principaux avant de découvrir leur physique et leur histoire : c'est ainsi qu'un célèbre joueur de tennis - Guy Haines - rencontre Anthony Bruno - un homme désoeuvré mais dérangé : Quel est leur sujet de conversation ? Le meurtre parfait existe-t-il ? Comme dans La corde, Anthony élabore sa théorie du crime parfait et va l'imposer à Guy : puisque celui-ci veut quitter sa femme infidèle et intéressée et que lui-même souhaite tuer son père, pourquoi n'échangeraient-ils par leur crime ? N'est-ce pas le mobile qui conduit souvent les policiers à l'assassin ?

Mais Hitchcock ne se contente pas de ce scénario tout fait et va au contraire multiplier les surprises : rien ne se passe comme prévu pour nos deux personnages.... A début spectaculaire, fin spectaculaire ! De rebondissements en rebondissement, jusqu'à la dernière minute la mécanique hitchcockienne s'emballe pour terminer sur une scène étourdissante ! Un film que je revois avec plaisir tant le réalisateur a un art si particulier de filmer, notamment les meurtres de manière indirecte, et de créer le mystère à partir de ses thèmes fétiches... Quand on sait que le magnifique Plein soleil de René Clément est un remake - de même que le talentueux Mr Riplay, on ne peut que souligner l'originalité d'Hitchcock. La présentation d'Hitchcock de ce film en ces termes devrait vous inciter à visionner ce film terriblement étourdissant et impressionnant : "Le point de départ, c'est que, si vous serrez la main d'un fou furieux, vous vendez peut-être votre âme au diable..." (sur le site allociné)

L'inconnu du Nord-Express, Hitchcock, adapté du roman de Patricia Hitgsmith, 1952, 1h40,

vu aussi par titine.

Autres films : Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage,

Challenge Hitchcock, organisée par Titine

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02 janvier 2013

Nord & sud de Brian Percival : ISSN 2607-0006

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Voici 3 bonnes raisons  - mais il en existe mille, croyez-moi - de découvrir la mini-série BBC Nord & Sud:

1) Les personnages sont admirablement interprétés par des acteurs remarquables, notamment Richard Armitage, un séduisant J. Thornton, qui incarne merveilleusement un homme dur mais juste, sensible mais pas mièvre. D'où la naissance du mouvement de la Thorntonmania... On remarquera aussi la prestation humoristique de la soeur de J. Thornton, une écervelée aimant dilapider la fortune de son frère qui travaille âprement... Quant à la mère, elle est effectivement comme le fait remarquer une des ouvrières le " dragon de la filature". En revanche, Mr Bell est beaucoup moins caustique que dans le roman... Mais ce qui est appréciable dans cette adaptation, c'est que jamais les caractères ne semblent manichéens et figés, excepté bien sûr les figures caricaturales... Par conséquent, pas de redondance comme dans le cinéma américain, les sentiments passent subtilement par des gestes et des regards et un jeu d'acteurs convaincant...

2) " I believe I have seen hell and it's white, it's snow-white" : Les qualités de la reconstitution sont immanquablement à la hauteur des autres séries BBC : que ce soit les usines, les mouvements de foules ou les décors extérieurs des rues de Milton, tout semble ressusciter le début de l’industrialisation de l'Angleterre. La série exploite les contrastes entre la verte campagne du Sud et la noire ville de Milton, entre l’exiguïté de la demeure des Hale au faste de la maison des cousins de Margaret, pour mieux les réunir à la fin de l'histoire...

3 ) Presque fidèle au roman de Gaskell ( biographie sur le site Larousse), l'intrigue contribue pour beaucoup dans le plaisir de voir cette adaptation : toute la première partie - mariage de la cousine et la vie à la campagne de Margaret - est évoquée rapidement pour plonger dans le vif du sujet en développant l'aspect social et l'intrigue amoureuse. Mais la lutte des classes et des préjugés se fait sur fond de tableau esthétique : Milton a beau être noirâtre, lorsqu'on découvre la manufacture, les ouvriers et les machines évoquent un ballet harmonieux enneigé de coton... On regrettera un moment d'égarement du scénariste qui tout au début du film met en scène mélodramatiquement et invraisemblablement un pugilat entre Thornton et un ouvrier et un baiser final qui n'était pas indispensable... Mais de nombreux rebondissements, une merveilleuse reconstitution et des personnages tout aussi intéressants transforment le beau roman de Gaskell en une fresque vivante et brillante qu'on n'est pas prêt d'oublier !

Nord & Sud, mini-série BBc, de Brian Percival, avec Richard Armitage. 3h, 2011

Vu par Romanza,

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04 décembre 2012

Jeune et innocent, Hitchcock

JEUNE ET INNOCENT - Bande-annonce

Jeune et Innocent fait partie des  films de jeunesse de Hitchcock irradiant de jovialité et de légèreté, bien que le thème du coupable innocent soit toujours présent. En effet, Robert Tisbull est vu par deux jeunes filles en train de s'éloigner, en courant, d'une victime, une actrice qu'il connaissait de surcroit. Il a beau affirmer qu'il allait chercher de l'aide, personne ne le croit car la morte a laissé à ce jeune nouvelliste un leg assez conséquent et qu'elle a été en outre étranglée par la ceinture de son pardessus qu'on lui avait volé... Tout va donc au plus mal pour notre jeune héros et pourtant son avocat est des plus heureux de le défendre car il y a longtemps qu'il n'a pas eu d'affaires aussi intéressantes bien que perdu d'avance... Et même accusé d'un meurtre, pourquoi désespérer un jour aussi beau, comme se le demande Robert ?

Echappant aux policiers dans le tribunal où l'on l'amenait pour être jugé, joyeusement il se met en quête de son par-dessus pour prouver que c'est la personne qui l'a volé qui est le véritable coupable. Heureusement que dans sa fuite romantique, rocambolesque et positivement burlesque, la fille du commissaire lui apporte son secours, ce qui ne va pas sans certaines scènes cocasses, comme leur irruption impromptu à l'anniversaire d'une petite fille. Et comment ne pas se faire repérer lorsqu'on est accompagné de la fille d'un commissaire connue de tous... et dont le père a les moyens de la retrouver quelle que soit le lieu où elle se trouve ? De surcroit, le duo va être secondé par un clochard qui va provoquer des péripéties romanesques et fantaisistes. Comme pour Mais qui a tué Harry, Hitchcock signe là un film policier réjouissant dont la géniale fin et des plus surprenantes !

Jeune et innocent, Hitchcock, 1937, avec Nova Pilbeam, Derrick de Marney, Percy Marmont, Edward Rigby, 88 min.

Autres films : Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage,

Participation au challenge Hitchcock organisé par Titine. son billet ici.

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11 novembre 2012

Littérature et cinéma 4, Halloween : ISSN 2607-0006

Amityville - Bande annonce VF

Comment passer une journée d'Halloween sans regarder un remake de La maison du diable ? Mais Amytiville n'est pas un film complètement convaincant : trop de surenchère dans l'horreur et de clichés gâtent l'ambiance du film : musique assourdissante, débauche d’hémoglobine, images syncopées, apparition. Bref, si on sursaute, on se demande toujours pourquoi le héros va dans des endroits sombres, comme une cave, lorsque des événements fâcheux se produisent. Ce qui cause en revanche une grande frayeur, c'est de savoir que ce film est inspiré d'un fait divers, comme allo ciné l'indique.

Amytille,Andrew Douglas, avec Ryan Reynolds, Mélina George,  2005, 1h29

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Fantôme à vendre n'est pas du tout un film horrifique : Il est question d'un jeune homme Murdoch Glourie qui préfère courtiser des jeunes filles au lieu d'aller bouter hors d’Écosse les Anglais ou de défendre l'honneur de son père face au clan ennemi, les MacLaggan. Son vieux père, porté sur le whisky évidemment, le maudit et lorsque Murdoch meurt, il vient hanter le château des Glourie tant qu'il n'aura pas lavé l'honneur de la famille. Deux cents ans plus tard, son descendant, Donald complètement désargenté, décide de vendre le château. C'est un riche américain qui l’acquiert... avec le fantôme en prime. Démontant pierre à pierre le château, il l'emmène en Floride. Evidemment, le mécontentement du fantôme ne tarde pas à se manifester mais la ressemblance entre Murdoch et Donald provoquent de nombreux quiproquos. Ce film avec un fantôme galant est donc plus sympathique et humoristique qu'effrayant. Le début est lent, les clichés sur les écossais sont nombreux mais on se laisse tout de même prendre à cette joyeuse comédie, bien que dans le même genre, l'aventure de Mme Muir soit beaucoup plus réjouissant.

René Clair, fantôme à vendre, 1935.

La Chute de la Maison Usher - bande-annonce VO

C'est avec quelques a priori que j'ai commencé à visionner ce film, ma précédente expérience L'attaque des crabes géants de Corman, m'ayant laissé de marbre : un vrai navet comme j'en ai rarement vu ! Corman a adapté de nombreuses nouvelles de Poe. Cette adaptation n'est pas un chef d'oeuvre au regard de la nouvelle. Le scénariste a complètement changé l'histoire : Philip Withrop vient voir sa fiancé Madeline, dont le frère semble des plus étranges, presque pris de folie. Mais justement, est-il fou ? Est-ce Philip qui le devient ? Quelques très belles scènes à l'atmosphère humides et sombres sont mêlées à d'autres plus kitchs. Pourquoi avoir changé l'histoire de Poe, si belle dans sa traduction baudelairienne ? La seule réussite de Corman est de créer un réel climat fantastique où il est difficile de discerner les limites de la folie et de la réalité.

La chute de la maison Usher, Corman, avec Vincent Price, 1960. 

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Participation au challenge Halloween de Hilde et Lou

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22 octobre 2012

La dame en noir de James Watkins : ISSN 2607-0006

LA DAME EN NOIR : EXTRAIT 1 HD (The Woman in Black)

Après l'engouement suscité par le roman de Susan Hill, le film allait-il être à la hauteur ? La dame en noir peut décevoir bien que les principales composantes du livre soit présentes : le héros, Arthur kipps, un jeune notaire veuf, part trier les papiers d'une défunte étrange habitant un manoir isolé au milieu de marécages. En butte à l'hostilité des villageois de la contrée, là, il voit une étrange dame en noir. Le réalisateur a jugé bon de changer des détails : pourquoi avoir fait du héros un veuf, élevant seul son enfant ? Pour susciter notre compassion et orchestrer une fin sentimentale, étrangère au roman ? Grosso modo, le film respecte l'histoire, et on prend plaisir derrière notre écran à plonger dans cette atmosphère lugubre et funèbre, à découvrir ce manoir isolé, près d'un petit cimetière. La découverte de la maison délabrée est époustouflante. Le héros est bien campé par Daniel Radcliffe, et correspond assez bien à l'idée qu'on s'en fait à la lecture du roman. 
La déception vient de moments beaucoup moins subtils où une petite fille crache du sang comme celle de L'exorciste. Quelques scènes font réellement frisonner, mais comme beaucoup de films d'horreur, l'excès de recherche de sensations amène certaines séquences au bord du ridicules comme les scènes grandiloquentes de possession de Mrs Daily ou des multiples morts dont la mise en scène paraît redondante. Si les portes grinçantes sont les bienvenues, la bande sonore restant plutôt sobre, d'autres scènes sombrent dans l'épouvante grotesque... Le film aurait gagné à mettre en scène plus de mystère et moins de touches d'épouvante. C'est néanmoins avec plaisir qu'on plonge dans les marais perdus de Crythin Gifford...
La dame en noir, 1h35,réalisé par James Watkins, avec Daniel Radcliffe, 2011.
Participation au challenge halloween de Lou et Hilde, vu aussi par Niki, titine, Lou,.Donna Swann...

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16 octobre 2012

Chantage d'Hitchcock : ISSN 2607-0006

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Commençant comme un film muet avec l'arrestation d'un malfaiteur, suivi de procédures policières, on découvre ensuite l'héroïne - Alice White - coquette qui a rendez-vous avec son fiancé Frank - inspecteur à Scotland Yard - mais elle préfère le délaisser pour suivre un peintre qui la séduit et tente de la violer. Pour se défendre, elle est obligée de le tuer. A partir de là, des images fantômatiques nous la montrent errant dans les rues et complètement obsédée par le meurtre qu'elle vient de commettre. Frank trouve le gant d'Alice sur les lieux du crime. Que va-t-il faire ? Lorsqu'il arrive chez sa fiancée - dont les parents tiennent un bar - il découvre qu'elle est harcelée par un maître chanteur...

Ah ! quel film ! Encore un chef d'oeuvre Hitchcock : Chantage est le premier grand triomphe de ce réalisateur où encore une fois il innove. On a coutume de dire que " c'est le dernier des muets et le premier des parlants" d'Hitchcock : en effet, il avait d'abord tourné le film en muet puis a profité des nouvelles techniques pour intégrer le son, ce qui se révéla une véritable prouesse. L'expressionnisme du jeu des acteurs nous empêche pas de plonger dans cette histoire très noire et amorale. Dès ce premier film, on prend plaisir à découvrir ce qui deviendra l’esthétique hitchcockienne : une tension insoutenable ( Alice va-t-elle être arrêtée ?) , des images et personnages obsessionnels comme dans Vertigo ou Psychose, l'humour noir, les enquêtes policières... Sans compter le final spectaculaire ponctué d'une course poursuite, où le British museum y a un rôle important, et d'une réplique finale pleine d'humour noir ! A découvrir absolument !

chantage, Hitchcock, 1929, avec Anny Ondra, john Longden, Ciryl Ritchard

autres films : La corde, Psychose, Une femme disparaît, Mais qui a tué Harry ?, La loi du silence

participation au challenge hitchcock de titine. son billet ici

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12 septembre 2012

Jane Eyre de Susanna White : ISSN 2607-0006

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Quelle félicité lorsqu'on regarde la mini-série BBC (2006) de Jane Eyre ! Quel bonheur de retrouver enfin l'atmosphère et l'esprit du roman ! Certes les autres adaptations et notamment celle de Fukunaga ne manquaient pas de charme et de beauté et respectaient grosso modo l'histoire, mais celle de Susanna White est bien supérieure par son réalisme historique et par sa fidélité à la narration.  Tout d'abord, on découvre Jane Eyre, en plein désert : c'est par l'imagination que lui procure un livre qu'elle s'est transportée dans un tel lieu. puis, on la découvre parmi sa famille - les Reed - qui l'a recueillie : les brimades et les humiliations sont le sort que Jane Eyre subit... Ainsi, on découvre progressivement la vie de l'héroïne, tout en nuance, bien plus subtile que les précédentes versions.

" Je suis maîtresse de moi-même" (Jane Eyre) : A la beauté plastique des paysages, s'ajoute une ambiance propice à faire surgir le mystère : brume épaisse, château lugubre, violente tempête... S. White redonne toute sa place au secret de famille de Rochester, aux apparitions, à Grace Poole, tout en brossant lentement la relation qui s'installe entre Rochester et Jane : ce sont deux tempéraments volcaniques, pour l'un extériorisé dans une attitude bourrue et pour l'autre, intériorisé et pourtant perceptible dans les nombreuses prises de position de Jane face à un "beau" monde pas si élevé qu'il en a l'air... En outre, le format de la série permet de rétablir certaines scènes invariablement tronquées et pourtant très signifiantes comme la scène de la bohémienne... Il me semble que toute la magie du film se concentre dans cette scène mémorable de la rencontre, dans le brouillard, la nuit, entre cette "elfe" et "le voyageur"... C'est vraiment une sublime adaptation d'une beauté gothique.

Jane Eyre, BBC, 2006, Susanna White avec Ruth Wilson et Toby Stephens.

voir ici, participation au challenge back to the past, organisé avec Lou

autres billets : Jeneen, Arieste, Eiluned,

Autres adaptations : Zeffirelli,Jane Eyre, 1996, 1h53, avec William Hurt,Charlotte Gainsbourg

Julian Amyes, Jane Eyre 1983 1983, 8 épisodes de 30 min, BBC.

Fukugana, Jane Eyre, 2011, 120 min, avec Michael Fassbender, Mia Wasikowska

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