25 juin 2015

Voir ou ne pas voir des films... britanniques : ISSN 2607-0006

film britannique 001

Participation au mois anglais de Titine,, Cryssilda

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09 mars 2015

Bodybuilder de R. Zem : ISSN 2607-0006

BODYBUILDER - la bande-annonce

Antoine est poursuivi par des petits malfrats car il leur doit beaucoup d'argent ainsi qu'à des voisins. Son frère, pour le soustraire à cette bande de voyous, l'emmène chez leur père, qui a quitté le domicile familial depuis longtemps. Ce dernier est le propriétaire d'une salle de musculation.

A travers Bodybuilder, nous découvrons l'univer du culturisme d'une manière réaliste, sans être caricaturale grâce au portrait sans fard du père, que l'on montre goguenard, prenant des anti-douleurs, des régimes protéinés... Tout l'oppose à son fil qui n'est pas un colosse : Antoine ment, vole mais va peu à peu évoluer au contact de son père, sans que cela soit sentimental ou invraisemblable. Antoine accumule les combines pour s'en sortir sans travailler alors que son père travaille sans relâche pour se sculpter un corps musclé pour les concours.

Relations familiales, sport, vie quotidienne sont filmés à la manière de Ken Loach. c'est une comédie sociale très réussie. Vincent, le père, n'est d'ailleurs pas incarné par un acteur professionnel. A une réalité parfois sordide, s'ajoutent quelques touches d'humour, à travers la scène finale, qui fait peut-être référence à Looking for Eric de Ken Loach, ou le personnage de la femme du coach de Vincent ( incarné par R. Zem)... Tous les acteurs sont excellents, notamment Vincent Rottiers qui incarne merveilleusement bien ce jeune sans repères. Une belle surprise !

Bodybuilder de Roschy Zem, avec Vincent Rottiers et François Mazoue

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08 mai 2014

Memories of murder/The snowpiercer de Bong Hoon-Ho : ISSN 2607-0006

Memories-of-murder1

Après avoir vu Mother, découvert son film comico-fantastique The Host, j'ai pu voir Memories of murder et j'étais bien curieuse de découvrir son dernier film The Snowpiecer.

Tout d'abord, parlons de Memories of murder. Dans les années 80, des meurtres en série sont commis en Corée. Face à ce nouveau type de crime, la police est désemparée et cumule les bévues. Dès les premières images du film, des indices sont détruits à cause de la négligence de la police et toute l'intrigue se contruit sur cette absence de preuves et la ruine psychologique des enquêteurs principaux. La police archaïque emploie des méthodes peu orthodoxes, révélant la déréliction des principaux enquêteurs. Qui est l'assassin ? Trois suspects sont suscessivement arrêtés mais aucune preuve ne peut être définitivement donnée, ce qui crée une tension jamais résolue... L'arrivée d'un flic de Séoul va-t-il permettre à l'enquête de progresser ?

C'est avec beaucoup de talent que  Joon-Ho Bong arrive à ressusciter la Corée des années 80. Le film est sombre, très lugubre : dans des coloris gris ternes, nous pouvons voir se déployer une enquête sur fond rural. Le réalisateur déclare même avoir créé le genre du "thriller rural", renouvelant ainsi les films sur les sérials killers. Le désarroi grandit parmi ces policiers impuissants à attraper le criminel. C'est une oeuvre très réaliste, qui s'inpire de faits réels et qui montre un grand soin dans la reconstitution - décor, objets et costumes - de ce fait survenu en 1986. On retrouve avec l'intérêt un film où l'on retrouve l'esthétique de J-H Bong.

Memories of murder, J-H Bong, 2004, 2h10.

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Snowpiecer est une contre-utopie inspiré d'une BD, intitulé Le transperceneige de B. Legrand et Jacques Lob (1984) : dans un paysage post-apocalyptique, situé en en 2013, les derniers survivants de l'humanité essaient tant bien que mal de survivre, dans un train qui fait le tour du monde. Le réalisateur donne une vision marxiste de l'humanité avec une lutte des classe sans cesse renouvelée. Le message manichéen, lutter pour la liberté - et les scènes de combats hollywoodiens éloignent ce film de l'esthétique du réalisateur. De nombreuses scènes d'une grande cruauté - comme un combat à la hache qui paraît interminable - sont répétitives et caricaturales. Seuls les paysages enneigés sont impressionnants et grandioses. Un film d'une grande violence où l'on ne retrouve pas l'humour ni la touche esthétique de J-H Bong.

Snowpiercer, J-H Bong, avec chris Evans, Jamie Bell.

lien vers le billet de Dasola qui parle aussi de la BD.

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21 avril 2014

Hannah Arendt de M. Von Trotta : ISSN 2607-0006

HANNAH ARENDT - Bande Annonce

Lorsqu'on a lu Eichmann à Jerusalem* de H. Arendt ( plusieurs émissions lui sont consacrées sur France Culture), on peut trouver le film de M Von Trotta trop simpliste et superficiel. Pourtant, le choix de M von Trotta de dresser un portrait partielle de la célèbre philosophe H. Arendt est particulièrement judicieux, évitant de faire de la vie de celle-ci une succession de moments hautement dramatiques avec des périodes notables comme sa relation avec le philosophe Heidegger ou sa rencontre avec Benjamin à Paris... Elle s'attache notamment à filmer les positions de la philosophe pendant le procès d'Eichmann qu'elle a couvert en 1961 et décrit la genèse de son illustre essai Eichmann à Jerusalem. Certes, les idées sont simplifiées, lacunaires mais elle a, me semble-t-il, montré l'essentiel. Comment filmer la pensée en train de se construire ? Souvent, dans une vue plongeante, elle filme la philosophe, réfléchissant dans le calme et la solitude, faisant allusion à la pensée philosophique de H. Arendt, qui se veut un dialogue entre soi et soi-même. En outre, la polémique suscitée par la parution des articles pour New Yorker est bien mis en scène : " Hannah Arendt est-elle nazie ?" titre scandaleusement le Nouvel Observateur d'octobre 1966. Gershom Sholem lui reproche sa désinvolture... A juste titre, T. Todorov, faisait remarquer " qu'à en juger par le nombre de malentendus qu'elle a provoqués, l'expression (["banalité du mal"]) n'était pas très heureuse ; mais l'idée d'A. Arendt est importante". En revanche, son propos sur les conseils juifs - elle s'appuyait sur La destruction des Juifs d'Europe de Raoul Hilberg - a été remise en cause.

Cependant, le film ne tombe pas dans l'abstraction d'un débat d'idées : il évoque de manière réaliste la période concernant le procès, où on peut voir des images d'archives et la retransmission en direct de la captation du procès auquel H. Arendt n'assistera qu'en partie. Autour du portrait de la philosophe, sont aussi brossés les portraits des proches de la philosophe comme son mari, l'indispensable secrétaire et son cercle proche d'amis, tout en faisant allusion à ses rapports complexes avec le philosophe Heidegger. Ce film, qui s'inscrit dans une trilogie ( Rosa Luxembourg, Hildegard Von birgen), est une bonne introduction au système philosophique de l'auteur des origines du totalitarisme, même si l'on regrette que la pensée arendtienne soit réduite à une peau de chagrin.

Hannah Arendt, Film de Margaret Von Trotta, avec Barbara Sukowa, 2012, 113 min.

* H. Arendt, Eichmann à Jerusalem, Folio histoire, 512 p.

 Avis de Dasola.

Pour compléter la vision du procès donné dans ce biopic, vous pouvez visionner le documentaire diffusé sur France 2 : Eichmann, un procès. Là, alternent des documents d'archive du procès, qui se voulait "Le Nuremberg du peuple juif" avec l'intervention de nombreux historiens, romanciers... L'objectif n'est bien évidemment pas le même que celui de Von Trotta. Si celle-ci cherchait davantage à montrer la pensée arendtienne, le documentaire déroule des faits bruts - de l'arrestation d'Heichmann à sa condamnation à mort - et une analyse plus historique : ce documentaire met l'accent sur l'Histoire, avec la prise de conscience internationale des horreurs du génocide. S'attardant longuement sur les témoignages des survivants des camps, le réalisateur a mis en lumière la place capitale de la parole des témoins qui avait été jusqu'à lors peu écoutée.  

Heichmann, un procès, réalisé par Michaël Prazan.

 

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Un documentaire, entièrement constitué d'archives historiques, réalisé par Delage, apporte des informations sur un autre procès de criminels nazis : Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Portraits des principaux nazis - Goering, Hess, Speer... - déroulement du procès donnent une vision assez complète d'un point de vue juridique.

Nuremberg, Les nazis face à leurs crimes, Delage.

Les carnets secrets de Nuremberg, quant à eux est une approche psychologique du procès. Ces carnets sont ceux de Léon Goldenshon, psychiatre américain qui fut amené à cotoyer quotidiennement les grands criminels nazis de janvier à juillet 1946. Il devait s'assurer de leur santé mental et découvrir l'origine de leurs actes atroces. Des citations du carnets donnent une vision anecdotique de ces criminels et ne font qu'effleurer le sujet d'un point de vue psychologique. En outre, les reconstitutions qui sont mêlés aux archives historiques sont peu utiles et fictionnalisent un sujet qui n'en a guère besoin.

Les carnets secrets de Nuremberg, de J.C. Deniau, 2006.

billet de Suspends ton vol, le nazi et le psychiatre de Jack El-Hai.

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27 décembre 2013

A christmas carol, Docteur Who : ISSN 2607-0006

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Lecteurs, vous passez certainement vos fêtes de fin d'année à chanter à tue-tête des chansons de Noël, autour d'un sapin richement décoré et autour d'une table garnie de délicieux mets, avec vos proches. Ce sont des moments agréables, joyeux et chaleureux. Mais ce n'est absolument pas le cas de la famille Pettigrew, dont l'un des membres (Abigaël) a été cryogénisée pour cause de dettes et pour le docteur who et ses acolytes ( Amy et Rory) qui tentent de sauver un vaisseau spatial coincé dans une atmosphère brumeuse au-dessus d'une planète contrôlée par le sordide Kazran Sardich, qui refuse de les aider.

Dans Les fantômes des noëls passés, on retrouve l'ambiance très dickensienne des Contes de Noel. Le docteur Who, incarné par l'incontrôlable et irrésistible Matt Smith, va comme les esprits de Noël, les revenants qui hantent Scrooge, tenter de faire changer la personnalité de Kazran afin que celui-ci vienne en aide au croiseur spatial. Il retourne donc dans le passé de Kazran pour l'amener à devenir moins avare et plus sensible. De facto, le plaisir de retrouver l'influence de Dickens - la famille Pettigrew est tout à fait similaire à la famille Cratchit, Kazran est un parfait clone de Scrooge -  est augmenté par des détails complètement déjantés : dans l'atmosphère brumeuse nagent des poissons, le docteur se marie avec Marylin, des hologrammes entonnent des chants de Noël, et un requin qui a avalé la moitié du tourvenis sonique tire un traineau de père noël... Que d'inventions ! Quelle belle réalisation !

Evidemment, l'épisode finit bien grâce au docteur ! Avec ses noeuds papillons," la supériorité aristocratique de son esprit " ( Baudelaire)  - le docteur veut toujours sauver le monde quel qu'en soit le prix - et avec "son plaisir d'étonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être étonné" ( Baudelaire), Le docteur incarne à merveille l'excentrique et le dandy britannique, moderne et lointain épigone d'un G. Brummel. Cet épisode n'est que l'un des enchantements de cette série incontournable qui vient de fêter ses cinquante ans ! Joyeux noël à tous !

Les fantômes des noëls passés, scénario de Moffat, avec Matt Smitt, 2010 BBC.

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31 octobre 2013

Le dernier pub avant la fin du monde, Edgar Wright : ISSN 2607-0006

LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE Extrait 2 VOST "Et un verre d'eau" - Au cinéma le 28 Août

Après avoir survécu à la vie exaltante dans un commissariat d'une petite ville provinciale anglaise dans Hot Fuzz et après avoir tué de nombreux zombies dans Shaun of dead, Edgar Wrigth revient avec ses joyeux acolytes nous concocter un hilarant film parodique pour passer une très bonne soirée halloweenesque avec the end's world qui clôture la Blood and Ice cream trilogy, dont le titre révèle toute l'ampleur de l'humour du réalisateur.

Le début du film verse dans le pathétique, avec un personnage qui est resté attaché à ses rêves d'adolescent ( et quel rêve ! Finir en une nuit la tournée des bars de New Haven) et qui peine à rassembler ses anciens camarades pour relever le défi. C'est visiblement à reculons que tous ces quadragénaires, bien installés dans leur routine, retournent dans leur village natal : quoi de plus ennuyeux que cette petite ville, " ce trou perdu" ?

Et pourtant, si en apparence le village ne semble pas avoir changé, Gary King découvre vite que les habitants se comportent diféremment : personne ne semble se comporter normalement, si on peut parler de " normalité" lorsque l'on voit ces cinq "mousquetaires" avoir comme unique but de survivre à l'alcool pour atteindre le dernier pub du village...

Commence alors le plus comique, le plus drôle, des films de zombies, avec des scènes de combats comiquement et impeccablement chorégraphiées sans compter les clins d'oeil aux cinéphiles qui reconnaitront des allusions à Terminator, aux westerns... C'est sur un rythme trépidant, ponctué de dialogues burlesques, que Gary et ses amis nous entrainent dans leur poursuite effrénée de pintes de bière et dans le sauvetage de l'univers. Have fun !

The world's end, d'E. Wright ( 2013- 1h49), avec Simon Pegg, Nick Frost, Paddy Considine.

autres films : Shaun of dead, Hot fuzz

Participation au challenge Halloween, de Lou et Hilde.

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08 juin 2013

Les 39 marches/ Meurtre/ Le grand alibi de Hitchcock : ISSN 2607-0006

 

Les 39 marches Bande Annonce

Les 39 marches d'Hitchcock est un petit film hitchcockien de la période anglaise qui possède donc les mêmes caractéristiques que les films de cette période, c'est -à-dire le rythme trépidant, l'humour, et l'usage du quiproquo : on se laisse emporter par la fuite éperdue du personnage principal - Richard Hannay - qui s'exclame de manière très juste et en faisant une métalepse : " on se croirait dans un "roman d'espionnage" ! Adapté du roman homonyme de Buchan, ce film ne cesse de renvoyer au monde du spectacle tout comme dans Le grand Alibi et Meurtre. Mais si Meurtre est une vraie enquête menée par un acteur, Les 39 marches semble dominé par la fantaisie la plus débridée : Robert Donnat incarne joyeusement cette insouciance et cette désinvolture. Comiquement, il se mêleà des cyclistes pour échapper à des espions et intervient dans un metting politique sans réellement savoir ce qu'il fait là. A cette intrigue faussement politique se mêle une histoire sentimentale humoristique. 

Les 39 marches, Hitchcock, 1935, avec Vu par titine et lu par Cryssilda, Niki, Miss Léo,

index

Dans Meurtre, une vraie enquête est menée par un acteur, sir John : procès, délibération, emprisonnement. L'univers est plus sombre, plus expressionniste et l'aspect humoristique est minime. Cependant, comme dans Les 39 marches, l'aspect spectaculaire demeure une des principales caractéristiques de ce film qui se déroule dans un théâtre permettant de faire jouer les faux-semblants et le monde de l'art donnant la clé de l'énigme. L'actrice Diane Baring se réveille près d'un cadavre - une autre actrice avec laquelle elle se disputait - n'est pas coupable alors qui est-ce ? Il est intéressant de voir que dès ses débuts cinématographiques, Hitchcock laisse une grande part à l'inconscient, le côté obscur de l'être humain. L'actrice est-elle schizophrène ? Pourquoi ne se rappelle-t-elle pas du meurtre de sa collègue ? On souligne d'ailleurs pour ce film du début du parlant, l'aspect novateur du monologue intérieur au cinéma.

Meutre, Hitchcock, film britannique, 1930, 108 min.

Bande-annonce : Le Grand Alibi - VOST

Le grand Alibi met en scène un trio conventionnel : Marlène Dietrich incarne Charlotte Inwood, une actrice qui aurait assassiné son mari pour pouvoir vivre avec son amant Richard Todd. Mais est-elle coupable comme le montre tous les indices ? Une autre actrice, Eve, cherche à l'accuser et à innocenter Richard Todd qui clame son innocence. Où est le vrai coupable ? Voilà encore un film qui mêle arts du spectacle et intrigue policière pour mieux brouiller les pistes. Les dernières scènes ne sont pas sans rappeler Psychose. On soulignera tout particulièrement le talent de Jane Wyman qui joue plusieurs rôles pour aider l'homme qu'elle aime et surtout le rôle secondaire de son père qui joue un excentrique bourru apportant une touche d'humour à cette intrigue retorse où les fausses pistes s'accumulent.

Les films hitchcockiens de la période anglaise humoristique, ( Les 39 marches et Le grand Alibi) ou dramatique ( Murder), séduisent par l'alliance de l'humour et l'habileté diégétique !

Le grand alibi, Hitchcock, 1950 , film britannique,

Participation au mois anglais de Lou et titine et challenge Hitchcock de Titine.

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10 février 2013

L'Inconnu du Nord-Express de Hitchcock

 

L_Inconnu_du_Nord_Express

 

Certaines scènes sont cultes et inoubliables dans les films d'Hitchcock, il suffit de penser à la scène de la douche dans Psychose, à l'attaque des oiseaux... Et même chose dans L'inconnu du Nord Express où on suit d'abord, en gros plan, les chaussures des personnages principaux avant de découvrir leur physique et leur histoire : c'est ainsi qu'un célèbre joueur de tennis - Guy Haines - rencontre Anthony Bruno - un homme désoeuvré mais dérangé : Quel est leur sujet de conversation ? Le meurtre parfait existe-t-il ? Comme dans La corde, Anthony élabore sa théorie du crime parfait et va l'imposer à Guy : puisque celui-ci veut quitter sa femme infidèle et intéressée et que lui-même souhaite tuer son père, pourquoi n'échangeraient-ils par leur crime ? N'est-ce pas le mobile qui conduit souvent les policiers à l'assassin ?

Mais Hitchcock ne se contente pas de ce scénario tout fait et va au contraire multiplier les surprises : rien ne se passe comme prévu pour nos deux personnages.... A début spectaculaire, fin spectaculaire ! De rebondissements en rebondissement, jusqu'à la dernière minute la mécanique hitchcockienne s'emballe pour terminer sur une scène étourdissante ! Un film que je revois avec plaisir tant le réalisateur a un art si particulier de filmer, notamment les meurtres de manière indirecte, et de créer le mystère à partir de ses thèmes fétiches... Quand on sait que le magnifique Plein soleil de René Clément est un remake - de même que le talentueux Mr Riplay, on ne peut que souligner l'originalité d'Hitchcock. La présentation d'Hitchcock de ce film en ces termes devrait vous inciter à visionner ce film terriblement étourdissant et impressionnant : "Le point de départ, c'est que, si vous serrez la main d'un fou furieux, vous vendez peut-être votre âme au diable..." (sur le site allociné)

L'inconnu du Nord-Express, Hitchcock, adapté du roman de Patricia Hitgsmith, 1952, 1h40,

vu aussi par titine.

Autres films : Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage,

Challenge Hitchcock, organisée par Titine

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02 janvier 2013

Nord & sud de Brian Percival : ISSN 2607-0006

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Voici 3 bonnes raisons  - mais il en existe mille, croyez-moi - de découvrir la mini-série BBC Nord & Sud:

1) Les personnages sont admirablement interprétés par des acteurs remarquables, notamment Richard Armitage, un séduisant J. Thornton, qui incarne merveilleusement un homme dur mais juste, sensible mais pas mièvre. D'où la naissance du mouvement de la Thorntonmania... On remarquera aussi la prestation humoristique de la soeur de J. Thornton, une écervelée aimant dilapider la fortune de son frère qui travaille âprement... Quant à la mère, elle est effectivement comme le fait remarquer une des ouvrières le " dragon de la filature". En revanche, Mr Bell est beaucoup moins caustique que dans le roman... Mais ce qui est appréciable dans cette adaptation, c'est que jamais les caractères ne semblent manichéens et figés, excepté bien sûr les figures caricaturales... Par conséquent, pas de redondance comme dans le cinéma américain, les sentiments passent subtilement par des gestes et des regards et un jeu d'acteurs convaincant...

2) " I believe I have seen hell and it's white, it's snow-white" : Les qualités de la reconstitution sont immanquablement à la hauteur des autres séries BBC : que ce soit les usines, les mouvements de foules ou les décors extérieurs des rues de Milton, tout semble ressusciter le début de l’industrialisation de l'Angleterre. La série exploite les contrastes entre la verte campagne du Sud et la noire ville de Milton, entre l’exiguïté de la demeure des Hale au faste de la maison des cousins de Margaret, pour mieux les réunir à la fin de l'histoire...

3 ) Presque fidèle au roman de Gaskell ( biographie sur le site Larousse), l'intrigue contribue pour beaucoup dans le plaisir de voir cette adaptation : toute la première partie - mariage de la cousine et la vie à la campagne de Margaret - est évoquée rapidement pour plonger dans le vif du sujet en développant l'aspect social et l'intrigue amoureuse. Mais la lutte des classes et des préjugés se fait sur fond de tableau esthétique : Milton a beau être noirâtre, lorsqu'on découvre la manufacture, les ouvriers et les machines évoquent un ballet harmonieux enneigé de coton... On regrettera un moment d'égarement du scénariste qui tout au début du film met en scène mélodramatiquement et invraisemblablement un pugilat entre Thornton et un ouvrier et un baiser final qui n'était pas indispensable... Mais de nombreux rebondissements, une merveilleuse reconstitution et des personnages tout aussi intéressants transforment le beau roman de Gaskell en une fresque vivante et brillante qu'on n'est pas prêt d'oublier !

Nord & Sud, mini-série BBc, de Brian Percival, avec Richard Armitage. 3h, 2011

Vu par Romanza,

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