15 mai 2010

-A single man de Tom Ford : ISSN 2607-0006

 A SINGLE MAN - Bande Annonce Officielle (VF) - Tom Ford / Colin Firth / Julianne Moore

"Il y a de la beauté même dans les pires choses".

L'oeil de "photographe" ou du couturier Tom Ford, qui a travaillé pour YSL ou Gucci, filme la journée d'un professeur d'université, dans les années 1960, à Los Angeles. Après la mort de son compagnon, dans un accident de voiture, George Facolner ne supporte plus la vie et traine son désespoir même dans la soirée de son amie Charley, amoureuse de lui.

L'esthétique est irréprochable : élégance et beauté des acteurs (en particulier du talentueux Colin Firth, dont l'interprétation est splendide), décor magnifique et luxueux. La perfection des êtres, la sophistication des acteurs, le raffinement des couleurs sont proche des publicités ou d'images de modes sur papier glacé. Ajoutez à la beauté des images, des touches d'humour, des ralentis esthétiques et des dialogues rares et ambigus.

Mais  A single man n'est pas qu'une succession de belles images, ni l'histoire d'un deuil impossible, ni un film sur l'homosexualité. C'est la solitude des êtres qui semblent relier tous ces personnages. "On naît seul et on mort seul", dit un des étudiants à George. Solitude aussi de l'exubérante Charley (remarquablement interprétée par Julianne Moore), qui depuis son divorce et le départ de son fils, vit seule désœuvrée dans une riche demeure. Solitude de George face à la détresse et au vide qu'a laissé le mort. La perfection de l'image ne fait pas oublier la poignante tristesse des personnages même si ce film n'est pas désespéré car il y a  "de la beauté même dans les pires choses". De la beauté formelle  des séquences naît l'émotion. Un très beau film porté par une belle musique...

Adapté du roman de Christopher Isherwood. Avis de Lou, Cécile

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14 mai 2010

Bienvenue Gattaca d'Andrew Niccol : ISSN 2607-0006

BIENVENUE A GATTACA - bande-annonce (vost)

Film d'anticipation, Bienvenue à Gattaca est l'adaptation du Meilleur des mondes de Aldous Huxley. D'emblée plongé dans un monde aseptisé, dans un décor froid et blanc-bleuté, le spectateur découvre Vincent Anton (Ethan Hawke), l'un des personnages majeurs du film : mais qui est-il ? Personnage énigmatique, il est présenté comme un usurpateur. Un retour en arrière nous permet de connaître sa vie passée : dans une société, qui a choisi l'eugénisme, Vincent appartient à une sous-classe en naissant de manière naturelle. Son frère, lui, est le produit de la génétique. Vincent n'a qu'un rêve, celui de devenir astronaute : pour réaliser son rêve, il va devenir un  pirate génétique et usurper l'identité d'un autre, celui de Jérome Monrow.

A Gattaca, dans le centre spatial, un meurtre horrible est commis. Commence parallèlement à la nouvelle vie de Vincent, une enquête. Qui a tué le directeur de la mission ? Ce ne peut être que l'oeuvre d'un inférieur, puisqu'un de ses cils a été retrouvé sur les lieux, celui de Vincent. Ce dernier va-t-il échapper à la surveillance policière ? Pourra-t-il réaliser son rêve qui est d'aller dans l'espace ?

Bienvenue à Gattaca est un excellent film d'anticipation : en rien didactique, il repose sur des symboles et dénonce ce monde utopique qui rejette les hommes conçus de manière naturelle. La question de la bioéthique n'est pas le seul problème au coeur du film, il est aussi question d'une lutte entre deux frères, d'un amour impossible, et d'une enquête policière. Même s'il y a peu d'actions, ce film est palpitant. On tremble pour Vincent : va-t-il être démasqué ? Cette société, qui a fait de "la discrimination, une science", n'est pas une utopie puisqu'elle montre un envers du décor peu reluisant. Jérôme Monrow porte la perfection comme un fardeau. L'homme peut-il changer ce que la nature a créé ? La tension dramatique présente tout au long du film rend agréable ce film où Jude Law (Jérôme Monrow) est remarquable.

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17 avril 2010

The Host de Bong Joon-Ho : ISSN 2607-0006

The Host (2006) bande annonce

Voici un film d'horreur coréen qui se révèle être un film "réjouissant" et très riche. En 2006, un monstre surgit du fleuve pollué, le Han, et enlève la fille chérie de la famille Park : Huyn-seo survit et tente d'échapper à tout prix au monstre. Quant à son père, simple d'esprit, il renverse des montagnes pour sauver son unique enfant et lutte contre l'état, les scientifiques et la police... La famille Park, va-t-elle arriver à retrouver Huyn-Seo. Celle-ci pourra-t-elle survivre longtemps dans les égouts où l'a emmenée le monstre ?

The Host est plus qu'un film de monstre et des problèmes socio-politiques transparaissent dans de nombreuses situations, comme la manière dont l'état de panique de la ville est prise en compte par l'Etat, la question de la désinformation, et l'intervention des Américains.  La dénonciation aussi de la pollution est un des problèmes sous-jacents, représentée dans les premières images avec le déversement de produits toxiques dans le fleuve.

Ce film prend une dimension comique, burlesque, grâce aux personnages : la famille Park se rassemble pour sauver la fillette, mais ce sont des anti-héros : maladroit, le père ne pense qu'à dormir et à manger. Quant à son frère, il a fait des études mais est alcoolique. La soeur, plus mature, a aussi ses faiblesses. On retiendra des scènes mémorables : le père veut sauver sa fille, lorsque la bête fait sa première apparition, mais après une chute, il s'aperçoit qu'il est en train de sauver l'enfant d'un autre. Tout le pathos est désamorcé : le grand-père de la famille Park veut revaloriser son fils aîné en racontant sa jeunesse pathétique, en montrant à ses frères qu'il a été mal éduqué, abandonné à lui-même : ses enfants en profitent pour dormir pendant son récit.  Les chutes et les maladresses des personnages se multiplient donnant une dimension grotesque à cette histoire de kidnapping.

Un film donc, qui mélange les genres, extravagant à l'image du monstre hybride, mélange de plusieurs créatures : the host tient autant d'Alien que du monstre du Loch Ness... Cette production hybride, délirante, novatrice, pas du tout horrifique même si parfois on sursaute, nous fait passer un agréable moment de détente...

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26 mars 2010

Orgueil et préjugés adapté par Andrew Davies : ISSN 2607-0006

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On ne peut que louer et adorer la version BBC d'Orgueil et préjugés, qui reproduit parfaitement le livre d'Austen ( biographie ici). Les cinq filles Bennet sont en âge de se marier. Voici de quoi laisser libre cours à l'imagination romanesque et ironique de Jane Austen. D'abord déçue par une Lizzy un peu trop souriante et effacée, j'ai été rapidement entraînée par l'ironie des dialogues et par la description caustique de la haute société : lorsque Darcy et son ami Bingley, présentés comme des riches partis, arrivent dans un bal, chacun s'exclame sur leur belle prestance mais une femme demande : "serait-il aussi  beau s'il était moins riche ?"
Surtout la première rencontre entre Mrs Bennet et Darcy est tout à fait amusante : elle lui demande s'il veut danser avec Elizabeth et jacasse tant que lorsqu'elle relève la tête, Darcy a déjà fui devant cette femme bruyante et babillarde ! Forcément, elle en conçoit beaucoup de préjugés contre cet homme orgueilleux.

La reconstitution est remarquable : les intérieurs, l'élégance des bals sont très esthétiques. Véritablement fidèle dans la peinture des personnages, lorsque l'on voit le flagorneur Collins ou les gloussantes soeurs Bennet, on ne peut que s'écrier : Ah ! c'est exactement le personnage créé par Jane Austen ! Et que dire de Darcy ? Beau, suffisant, arrogant puis passionné et amoureux. Colin Firth incarne superbement Darcy.
C'est le livre fait film ! Une véritable merveille ! Une somptueuse reconstitution de la société du XIXeme britannique à voir, absolument !

Autre adaptation : Wrigth, Orgueil et préjugés

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23 mars 2010

Jane Eyre adapté par Franco Zeffirelli : ISSN 2607-0006

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Un film de Franco Zeffirelli, avec Charlotte Gainsbourg, William Hurt...

Sans avoir lu l'oeuvre de Charlotte Brontë, j'avais vu la Jane Eyre de Robert Young dont je garde un bon souvenir, un film classique et honnête, et je viens de découvrir celle de Franco Zeffirelli qui m'a complètement fascinée. Quelle belle, émouvante et passionnante histoire ! Tout commence avec l'enfance malheureuse de Jane Eyre, dans une atmosphère triste et tourmentée, où les enfants de l'orphelinat Lodwood sont humiliés, battus et malheureux. Mais déjà Jane Eyre apparaît comme une enfant douée pour le dessin et courageuse, avec un caractère bien trempé. Lorsqu'elle obtient la place de gouvernante dans le château de Rochester, sa vie est complètement bouleversée par la rencontre de cet homme violent et irritable. Qu'est-ce qui a pu briser la vie de cet homme ?

Ce film est tout simplement fascinant. Les paysages enneigés, automnales ou printaniers, de la campagne anglaise sont merveilleux et la première vision du château de Rochester est spectaculaire : il est immense, sombre, un peu délabré, à la manière des manoirs gothiques hantant la littérature britannique du XIXeme siècle. Les reconstitutions de décors, les costumes sont admirables, et nous projettent au côté de la sombre et mince silhouette de Jane Eyre.

Rochester considère Jane Eyre comme un "personnage de conte fée" : et c'est effectivement un personnage qui force notre admiration. Dessinatrice, cultivée et intelligente, Jane Eyre est aussi honnête et vibrante de passion. Charlotte Gainsbourg prête ses traits diaphanes à l'héroïne, "restant calme et grave au seuil de l'Enfer". Des moments touchants, les leçons données à Adèle, la fille délaissée de Rochester, la vie misérable au foyer Lodwood, côtoient des moments dramatiques et inquiétants comme des cris et sanglots qui résonnent dans l'immense et imposant château, des agressions mystérieuses.

Un film dont la beauté des personnages, de l'intrigue et des paysages nous transportent dans un lointain XIXeme siècle...

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17 mars 2010

L'étrange Noel de Mister Jack de Tim Burton : ISSN 2607-0006

L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK (VF) - Bande Annonce

Après l'esprit de fête de Dickens, je me suis plongée dans une autre singulière fête, celle du Noël de Mister Jack : "Jack Skellington "le roi des citrouilles", est le grand ordonnateur des festivités dans la ville Halloween. Fatigué, il décide de partir. c'est alors qu'il découvre par hasard la ville de Noël qui rayonne de joie et de liesse. Il rentre chez lui avec la ferme intention de contrôler la fête de Noël, et fait kidnapper le Père Noël par trois garnements. Toute la ville Halloween se met alors au travail pour fabriquer des cadeaux aussi horribles que terrifiants. La nuit de Noël, Jack part offrir aux enfants ses macabres cadeaux. Panique sur la ville" (jaquette).

Horrible ? Epouvantable ? Macabre ? Oui, L'étrange noël de Mister Jack est tout cela à fois ! Mais ce n'est pas seulement un film d'animation d'épouvante. Dès les premières images, Tim Burton nous entraîne dans un tourbillon endiablé d'images et de chansons, dans un monde peuplé de personnages orignaux et surprenants. L'imaginaire parfaitement macabre est rehaussé par des images impeccables, dans une esthétique similaire à Noces Funèbres : Jack n'est pas un génie du mal mais semble incompris des autres habitants. Surtout, sa conception de la "fête joyeuse" n'est pas la même que celle des humains. Autre figure importante, Sally, véritable créature de Frankenstein, mais sensible. Elle amène une grande part de beauté sentimentale dans un monde crépusculaire et j'ai beaucoup admiré les scènes qui étaient éclairées par la pleine lune, notamment la dernière séquence... Un funeste conte, non dépourvu de poésie, un chef d'oeuvre de cinéma d'animation !

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06 mars 2010

Orgueil et préjugés adapté par Joe Wright : ISSN 2607-0006

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Après avoir écouté de nombreuses remarques négatives de Lou, j'ai commencé à regarder le film de Joe Wright sans orgueil mais avec beaucoup de préjugés : résultat, je ne suis pas complètement convaincue par le film mais cette version est loin d'être un navet. Orgueil et préjugés n'est en rien une comédie sentimentale (sauf la scène où Elizabeth avoue ses sentiments sur fond de lever de soleil éblouissant de mauvais goût) et le scénariste a su garder les dialogues les plus ironiques du livre, notamment lorsque Darcy n'est pas dupe du comportement de Mrs Bingley, même si on peut déplorer la disparition de pans entiers de l'intrigue. On peut aussi noter des petites discordances, par exemple, en ce qui concerne le personnage de Georgina, soeur de Darcy, qui en le voyant, se jette sur lui, alors que dans le roman, elle est réservée et timide et montre un grand respect pour son frère ou Mr Bennet, plutôt falot et sentimental, loin de son caractère dans le roman... On peut crier à la trahison pour le décor de la maison des Bennet : jamais, Jane Austen n'a fait de la famille Bennet, de grossiers personnages vivant dans une ferme. A l'image de la jaquette, le film est parfois trop champêtre. Là où je rejoins tout à fait Lou, c'est dans le choix des costumes : les filles Bennet et surtout Elizabeth sont particulièrement mal fagotées et mal coiffées. Ce débraillé et ces problèmes capillaires se propagent aux autres personnages et Mr Bingley est affublé d'une coiffure complètement ridicule quant à Darcy, dans les scènes finales, il a les cheveux ébouriffés et une chemise entrouverte. Vous l'avez compris, les personnages sont très peu victoriens.
En revanche, Mrs Bennet et les plus jeunes soeurs sont assez proches de l'image que je m'en étais faite à partir du roman, jusqu'à la caricature. Ridicules à souhait et bruyantes. On peut louer aussi l'esthétique des images très lumineuses, aux couleurs  vives, et les paysages somptueux. J'ai retrouvé avec plaisir les personnages de Jane Austen et ce film se laisse regarder malgré un choix malheureux d'acteurs et un manque de piquant et de dynamisme... Je formule quasiment les mêmes reproches que Lou, envers ce film, mais cela ne m'a pas empêchée de passer un agréable moment...

En plus de l'avis critique de Lou, je rajoute celui, bien différent, de leslivresdegeorgeetmoi...

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27 février 2010

Shutter Island de Scorsese : ISSN 2607-0006

BANDE D'ANNONCE - Shutter Island

Accompagné d'un nouveau coéquipier, Chuck Aule, l'inspecteur Teddy Daniels se rend sur une île de Boston, qui renferme un asile psychiatrique pour criminels dangeureux : là, il doit enquêter sur la disparition de Rachel Solando. Comment une femme a-t-elle pu s'évader de sa chambre de patiente sans réveiller l'attention des infirmières et des surveillants ? Où peut-elle avoir disparu sur une île aux côtes déchiquetées ? Le marshal Teddy Daniels, dès son arrivée sur cette île lugubre, prend conscience d'événements insolites. Il pressent qu'on lui ment et qu'on lui cache la vérité. Pourquoi ?
En lisant le synopsis, j'ai tout de suite été attirée par l'intrigue de thriller noir. Effectivement, le scénario complexe sait admirablement jouer du suspense, de retournements de situation : le spectateur est plongé dans un lieu clos étouffant et mené en bateau du début à la fin. Savamment conçue comme un labyrinthe, l'intrigue étonne, fait douter le spectateur et l'emporte dans une tourmente onirique. Les décors, une tempête shakespearienne, une sombre prison labyrinthique contribuent à rendre l'atmosphère étouffante. Scorsese semble sonder les abîmes où l'homme peut sombrer : folie, meurtres, mensonge et réalité, où sont les limites ? On est balloté dans cette intrigue conçue comme un puzzle. Le film ne se révèle pas être un thriller mais une plongée en enfer, où inconscient et folie envahissent l'histoire : le doute nous saisit et nous lâche plus. Cependant, déçue dans mon attente première, le scénario n'en n'est pas moins vertigineux et l'atmosphère schizophrénique est très bien rendue.
Ce que j'ai beaucoup moins apprécié, ce sont les images d'horreur et l'humour noir, qui ne m'ont pas fait sourire, dans le contexte du film : quelques images horrifiques m'ont paru déplacé et rappellent les films grand guignolesques. Je n'ai pas non plus apprécié le jeu des acteurs, qui discrédite le film et la bande son n'est pas très convaincante non plus. Cependant, la fiction pose de manière étonnante des questions plus sérieuses, voire politiques : au sujet des malades mentaux et des grands criminels, comment les soigner ? Shutter Island aborde aussi la question de la Shoah et de la libération des prisonniers des camps nazis.
Une semi déception ou une semi réussite... comme l'avait été l'adaptation de Mystic River, roman du même auteur, Denis Lehanne, même si Shutter Island reste un film assez riche pour mériter un coup d'oeil et susciter l'intérêt. Vous trouverez un avis élogieux sur ce film sur le blog de calypso et un avis plutôt négatif de everkhorus.

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23 février 2010

Raison et sentiments adapté par Ang Lee : ISSN 2607-0006

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L'adaptation de Ang Lee du roman de Jane Austen est tout à fait plaisante. Raison et sentiments narre les déboires sentimentaux de deux soeurs que tout oppose. A la mort de leur père, les soeurs Dashwood, la sage et vertueuse Elinor, l'impétueuse Marianne, et leur mère Margaret sont obligées de s'exiler dans un petit cottage dans le Devonshire prêté par un cousin, John Middleton car leur maison revient à leur frère, Mr Ferrars. Dans leur nouveau cottage, elles font la connaissance de la grossière et bruyante Mrs Jenning qui espère le mariage rapide de ses jeunes et belles voisines...
Ce film est une belle galerie de portraits de la société bourgeoise anglaise du XIXeme siècle. Elinor incarne la raison : elle s'accommode calmement de leur nouvelle situation et se montre pleine de retenue dans ses amours avec le timide Edward Ferrars. Même lorsqu'elle souffre véritablement parce qu'il s'est déjà engagé auprès d'une autre jeune fille, dans le passé, elle ne parle que de résignation, de devoir et  d'honneur et pleure délicatement dans son mouchoir brodé. Pour Marianne, l'amour c'est la spontanéité, symbolisée par des personnages littéraires passionnés comme Juliette, Guenièvre... Elle se moque de la pondération de sa soeur aînée. "L'amour est-il fantaisie ou folie ?". Elle-même croit trouver l'amour dans la personne de Willoughby... mais que vaut une fille sans dot, dans cette ère victorienne, face à une jeune fille avec une rente de cinq mille livres par an ?  On appréciera tout particulièrement les seconds rôles très soignés : la ridicule et bruyante Mrs Jenning et son rire hystérique prêtent à rire, le sarcastique Mr Palmer (Hugh Laurie dans un rôle qui lui va comme un gant) et la détestable Fanny Ferrars complètent cette peinture des caractères.
Ce film est aussi une belle reconstitution de l'époque aussi bien dans les scènes bucoliques que dans la somptueuse scène de bal : décors, costumes et calèches sont impeccables. Le film de facture très classique sert bien une ambiance délicieusement surannée. Ang Lee et Emma Thompson ont su mettre en scène le dilemme entre les exigences du coeur et les exigences de l'argent et la question du mariage au coeur de l'oeuvre austenienne, sans mièvrerie, au contraire avec légèreté et humour...

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19 février 2010

Bright star de Jane Campion : ISSN 2607-0006

Bright Star de Jane Campion (Bande annonce VOSTFR)

"Tout objet de beauté est une joie qui demeure :/Son charme croît sans cesse, et jamais/Ne sombrera dans le néant." Ce sont les premiers vers prononcés par Fanny Brawne lorsqu'elle rencontre John Keats. Lentement, entre ces deux jeunes gens commencent à naître un amour impossible en raison de la pauvreté de Keats, puis de sa maladie.

Tout est sublime dans ce film extrêmement esthétique. On retient son souffle devant la force et la grâce de cet amour qui transparaît dans la poésie des lettres envoyées par Keats. Les paysages, accompagnant l'évolution des sentiments des deux jeunes héros, les champs jaunes de narcisses, la blancheur de la neige posée délicatement sur des branches noires, éblouissent par leur luminosité.  On se perd dans la contemplation de cette nature florissante ou hivernale.

Plus qu'un hommage aux vers de Keats ou au poète, Fanny est la véritable star de ce film. Eprise de mode, elle est, sous des dehors superficiels et insolents, une véritable créatrice de beauté. Ses robes style Empire saturent l'écran par leur élégance, leurs couleurs harmonieuses, leur extravagance. Volontaire, amoureuse passionnée, elle brave les conventions sociales qui empêchent son mariage avec le poète, mettant la passion au-dessus de la raison. Ce film est une ode à la beauté, magnifiquement incarnée par la véritable muse de Jane Campion, Fanny Brawne.

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