13 novembre 2018

The chase de Kim Hong-Seon : ISSN 2607-0006

 The Chase Korean Movie Trailer

En lisant Première ici, vous pourrez apprendre que Netflix, après Dernier train pour Busan ou Psychokinesis, a acheté de nouveaux films coréens : The chase en fait partie. Un viel homme acariâtre, Sim Deok-Soo, possédant plusieurs appartements, vient régulièrement harceler ses locataires d'un quartier misérables pour récupérer l'argent des loyers. Il est en outre serrurier. Cet homme brutal et grincheux va pourtant faire deux rencontres qui bouleversent sa vie : une de ses locataires est une jeune étudiante qui donne tout son argent à sa mère malade et qui se montre respectueux envers lui alors que tout le monde le méprise. L'autre rencontre est celle d'un vieux locataire, un ancien inspecteur de police qui est obsédé par une affaire vieille de 30 ans et qui pense qu'un meurtrier en série a recommencé à tuer. Ce dernier est toujours en contact avec un ancien policier ( Park Pyong Dae) qui est atteint de la maladie d'Alzheimer et qui a vu les yeux du tueur. Malgré lui, notre vieux misanthrope va être embrigadé dans cette enquête lorsque la jeune étudiante disparaît après le meurtre de deux vieillards.

Si l'enquête policière structure l'ensemble du film, ce qu'on retient de ce long métrage, c'est sa dimension comique et sociétale. Le comique provient évidemment de ce duo d'enquêteurs improbables dont l'un a alzheimer et l'autre est misanthrope. On apprend d'ailleurs que Sim Deok-Soo aurait pu être soupçonné dans la première enquête, d'il y a 30 ans, mais dans les papiers de l'inspecteur, on découvre qu'il a noté qu'il était trop "bête" pour les commettre, ce qui déclenche la colère de notre irascible anti-héros.

Le réalisateur met aussi en exergue la condition des personnes âgées - qui constitue une grande partie du casting - obligées d'aller manger à la soupe populaire, ou mourant seule dans des misérables logis. Néanmoins, point d'apitoiement, c'est ce même élément qui crée le comique, avec une course poursuite anti-héroïque : on voit, par exemple, notre bougon propriétaire, sur son scooter, poursuivre un jeune mais qu'il n'arrive pas à rattraper alors que ce dernier est éclopé ! Le tout culmine lorsque le vieux Park arrive à mettre au tapis une vingtaine de jeunes qui se moquaient de lui... Ainsi nous retrouvons avec plaisir l'hybridation générique commune aux films coréens.

The chase, Kim Hong-Seon, avec Yun-Shik baek, Chun Ho-Jin, 2017, Netflix, 1h50

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06 novembre 2018

Quelques minutes après minuit de Bayona : ISSN 2607-0006

A Monster Calls : quelques minutes après minuit (VF)

Avant de réaliser le dernier opus de Jurassic world : fallen kingdom, Bayona a fait Quelques minutes après minuit. Cette histoire débute "comme un cauchemar" (au sens propre et figuré) nous dit une voix off : un jeune garçon est réveillé par les images cauchemardesques de sa mère qui meurt engloutie dans un cimetière et qu'il n'arrive pas à retenir. On découvre la vie d'un jeune garçon, Conor O'Malley, qui vit avec sa mère malade et qui est battu par des élèves de sa classe, à cause de sa différence : l'enfant dessine, est rêveur... Et pour cause, il se réfugie dans un monde fantastique où les arbres peuvent se déraciner et parler, voire conter des histoires. L'arbre gigantesque, qu'il voit de sa fenêtre, va prendre vie et lui apprendre par trois fictions la vérité sur sa situation qu'il n'accepte pas.

Quelle montage ! Quelle réalisation merveilleuse ! Les contes narrés sont représentés sous la forme d'animation aquarellée, chacune racontant une histoire qui n'est pas manichéenne. Même les "gentils" ( comme King Kong qu'on entrevoit à la télévision) peuvent mourir. Peuplé de symboles - comme le train, le numéro 6 ou l'arbre - comme l'explique Bayona, dans les commentaires audio, le film nous "donne une idée de la vérité mais pas de la réalité". Ce film rappelle l'esthétique et les idées du Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.

Bayona tisse plusieurs sujets graves tels que le deuil, le harcèlement scolaire, le cancer et la vérité. Cette adaptation du roman de Patrick Ness analyse subtilement des sentiments et un moment de la vie particulièrement difficile, le passage à la vie adulte. En effet, les cadres ( celui des tableaux mais aussi des fenêtres et des portes) se multiplient dans le film, nous permettant de voir le passage des seuils entre le monde de l'enfance et le monde des adultes, celui du réel et de l'imaginaire. Ce merveilleux long métrage présente une grande fidélité au roman de P. Ness, écrit avec des mots simples mais dont la portée symbolique est très riche par la narration des contes. On peut regretter l'absence des illustrations de Jim Kay dans l'édition folio junior ( ci-desous, une de ses illustrations).

En bonus, les commentaires du réalisateur montrent l'envers du décor : très instructifs, les remarques de Bayona nous permettent de connaître les lieux où le film a été tourné, l'émergence de idées pour le choix des dessins, les décisions prises au moment des casting ( Les acteurs, Félicity Jones, Lewis MacDougall et Sigourney Weaver  sont excellents), les hommages cinématographiques... Ses choix artistiques révèlent son attention portée aux détails et aux couleurs, qui entrent en résonance tout au long du film pour créer un réseau de significations mettant en exergue l'importance de l'imagination dans la quête de la vérité. Le réalisateur ne cesse de répéter que le créateur doit "rompre les règles" et c'est ce qu'il a parfaitement réussi dans ce film magnifique. Un film et un livre à découvrir absolument !

Quelques minutes après minuit, Bayona, 2016, 1h48, avec Félicity Jones, Lewis MacDougall et Sigourney Weaver

Quelques minutes après minuit, Ness, Folio junior, 192 p.

Du même réalisateur : Jurassic world : fallen Kingdom

Capture2site Gallimard

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01 novembre 2018

Insidious de James Wan : ISSN 2607-0006

 INSIDIOUS - Bande annonce - VF

Comment bien fêter Halloween ? En découvrant un classique du film d'horreur ! James Wan est un réalisateur prolifique de films d'horreur. Il a notamment réalisé Insidious et sa suite, les Saw, et Death sentence. Le synopsis d'Insidious ressemble à celui de L'exorciste : une famille déménage lorsqu'elle pense que leur maison est hantée. En effet, leur fils Dalton tombe d'une échelle et dans le coma, sans qu'on trouve d'explications médicales. Le père est universitaire et fuit l'ambiance délétère de la maison. Quant à la mère, une compositrice, elle pense devenir folle lorsqu'elle voit des manifestations surnaturelles comme la trace d'une main ensanglantée sur le draps de son fils. Elle décide de faire appel à Elise, une médium qui leur explique que leur fils est hanté car il est capable de faire des voyages astraux. Ainsi, des morts cherchent à prendre possession du corps du garçon.

Quelques Jump scares, une photographie grisâtre, des apparitions sont le lot de beaucoup de films d'horreur. En revanche, la présence de deux chasseurs de fantômes venus aider Elise donne une touche d'humour à ce long-métrage fantastico-horrifique. Avec leurs jouets transformés en détecteurs de présence de l'au-delà, leur comportement puéril, ils apportent un élément comique. De fait, le film n'est pas réellement effrayant mais les représentations des cauchemars et des "voyages astraux" apportent une atmosphère gothique dans ce film assez convenu. L'au-delà apparaît comme une immense maison lynchienne avec des personnages étranges créant le malaise. Moins spectaculaire que L'exorciste, ce film très classique dans son montage se regarde sans déplaisir.

Insidious : Chapitre 3 - Bande-annonce VF

Quant à Insidious chapter 3, Elise est à nouveau présente. Quinn, une jeune fille qui vient de perdre sa mère, vient la consulter pour entrer en contact avec elle. Mais elle a un accident de voiture qui la cloue sur une chaise roulante. Préquel d'Indisious et réalisé par Leigh Whannell, ce nouvel opus de la saga reprend le même synopsis, la même représentation de l'au-delà et les mêmes personnages.

Le rythme lent dessert ce film peu inventif où Elise prend une grande importance en luttant contre les forces démoniaques. A nouveau, le film gagne un peu d'intérêt grâce à la présence des deux chasseurs de fantômes, qui donnent une tonalité à la limite parodique à ce long métrage : " ils ont l'air ridicule", déclare le père de Quinn ! Ils désamorcent toute dimension trop effrayante.  Malgré un message sur le deuil, qui donne de la profondeur à un film qui en manque, l'ensemble reste passablement ennuyeux...

Insidious de James Wan, netflix, 112 min, Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins

Insidious : chapter 3, Leigh Whannell, netflix, avec Lin Shaye, Stephanie Scott, 98 min

Sur le web : M cinéma "Insidious : une famille hantée par un corps astral"

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20 octobre 2018

Les mauvais esprits de Johannesson : ISSN 2607-0006

LES MAUVAIS ESPRITS Bande Annonce (2018)

A l'approche d'Halloween, Nefflix propose de nouveaux films horrifiques dans son catalogue, notamment Les mauvais esprits dont parle avec justesse Le bleu du miroir. Après les films d'horreur mexicains (L'échine du diable de Guillermo del Toro, L'orphelinat de Bayona), espagnols ( Les autres d'Amenabar) ou britanniques ( La dame en noir de James Watkins), un Islandais, Olaf de Fleur Johannesson, propose une variation autour du thème de la maison hantée.

Angela et son frère Jackson font croire qu'ils sont des chasseurs de fantômes. Ils sont aidés dans leur arnaque par la copine de Jackson, Beth, et un ami, amoureux d'Angela, Elliot. Avec des bruits de portes qui grincent, des voix d'outretombe pré-enregistrés, ils arrivent à duper les gens désireux de renouver avec des morts. Progressivement, Angela perçoit des formes fantomatiques : sa mère, avant elle, avait été internée car elle avait des visions. La nouvelle mission d'Angela paraît particulièrement éprouvante avec la visite d'une maison où ont eu lieu des crimes d'enfants.

Des plans fixes de la maison, des couloirs, des escaliers, et des chambres, font penser qu'il va y avoir des apparitions mais elles ne sont jamais là où on les attend. Pourtant, le réalisateur a le bon goût d'éviter les jump scares à outrance et le gore. Si ce long-métrage ressemble à un téléfilm sans photographie particulièrement belle, Johannesson a utilisé un twist pour nous tenir en haleine. Les mauvais esprits n'est pas véritablement effrayant mais arrive à bien jouer sur les frontières du vrai et du faux, du réel et de la folie. Mais ce film est trop fourre-tout ( une partie est filmé en found footage, l'héritage de la folie, une intrigue amoureuse...) et trop impersonnel pour marquer les esprits.

Les mauvais esprits, de Johannesson, netflix, avec Florence Pugh, Celia Imrie, Ben Lloyd-Hugues, 25 oct 2018, 125 min

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10 octobre 2018

Mission : Impossible 3 de J.J. Abrams : ISSN 2607-0006

 Mission Impossible 3 ( bande annonce VF )

Mission : Impossible 3 appartient à une franchise - comme Alien, Harry Potter, Thor... - dont chaque film est réalisé par un cinéaste différent : après Bryan de Palma et John Woo, c'est J.J. Abrams qui est au commande de ce troisième opus. Cette franchise est assez connue pour que tout le monde puisse au moins imaginer le début : on propose à l'agent secret Ethan Hunt d'accepter une mission alors qu'il se fiance à Julia. En effet, un des agents qu'il a formé est enlevé et torturé. Il doit le sauver. Il est confronté à Owen Davian, qui le menace ainsi que sa femme. Davian cherche à se procurer un objet : "patte de lapin". Est-ce que Ethan arrivera à sauver sa femme à temps ? Quel est l'objet des convoitises de Davian ? Va-t-il pouvoir le récupérer ?

Certaines scènes d'actions sont mémorables, voire, J.J. Abrams se prend parfois pour Michael Bay : on peut donc voir des combats d'hélicoptères, des explosions et encore des explosions dans la première grosse scène d'action, lorsque Ethan Hunt cherche à sauver son agent. L'action est bien filmée, notamment les scènes noctures avec Shangaï illuminée, au moment où le personnage principal doit aller chercher la "patte de lapin". Heureusement qu'il y a toutes ces scènes d'actions, car toutes celles qui concernent la vie privée d'Ethan et de sa femme sont plutôt mièvres et stéréotypées.

Comme tous les films ayant comme acteur principal Tom Cruise, il vampirise complètement ce long-métrage en étant présent dans toutes les scènes. Il faut dire que l'acteur réalise lui-même ses cascades. Maquillage, déguisements, combats, le rythme est soutenu. C'est un honnête film d'action et d'espionnage, où la patte de l'auteur n'apparaît pas vraiment.

Mission : Impossible 3, J.J. Abrams, Netflix, avec Tom Cruise, P. S. Hoffman, 2005, 126 min.

sur le web : Mission : Impossible 3 de Cécile Mury, Télérama,

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26 septembre 2018

Battle royale de Kinji Fukasaku : ISSN 2607-0006

Battle Royale Official Blu-Ray Trailer - Cult Classic Movie (2000)

Semblablement à Hunger games, Battle royale met en scène, dans un Japon dysptopique, une classe de jeunes lycéens, tirés au sort, et cloîtrés sur une île, qui doivent se battre jusqu'à la mort. Il n'y aura qu'un seul survivant à la fin du massacre. Munis de collier émetteur, ils sont surveillés et tués s'ils ne respectent pas les règles pendant ces trois jours d'enfermement. Pourquoi sont-ils sur cette île ? Comment vont-il survivre ?

Si le principe est le même que dans Hunger games, la dénonciation est déplacée vers les conflits intergénérationnels et l'observation du comportement de jeunes gens dans une société restreinte. En effet, le film s'ouvre et se ferme sur la relation conflictuelle d'un professeur avec ses élèves et avec sa fille. De même, des flash-back évoquent la vie de certains des personnages comme le héros Shuya qui tire son courage des dernières paroles de son père. Certains décident de s'entraider, d'autres, plus individualistes, en profitent pour régler leur compte.

Ce survival est sanglant mais pas horrifique avec des morts nanardesques où malgré plusieurs salves de mitraillette, les personnages peuvent parfois se relever quelques minustes pour passer un coup de fil ou dire une dernière parole... Des déclarations d'amour naives s'intercalent entre deux tueries. Le film n'est pas mauvais mais il soulève moins de questionnements que dans Hunger games : alors que dans ce film, le peuple se soulève contre la tyrannie, ici, une fois la "battle royale" terminée, rien n'est remis en cause et le conflit entre générations n'est pas beaucoup évoqué. Apparemment, selon Pauline Croquet dans un article du Monde Pixels, le manga dont est inspiré ce film, présente une dimension politique, ce qui est moins visible dans le film.

Battle royale, de Kinji Fukasaku, Netflix, 114 mn, avec Takeshi Kitano, Tatsuya Fujiwara, 2000.

Sur le web : MPixels, "Manga iconique des récits de survie, "Battle royale" est réédité en France", Télérama,

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17 septembre 2018

Office de Hong Won Chan : ISSN 2607-0006

Office - Bande annonce HD VOST

Conseillé par Télérama, Office est un thriller coréen de Hong Won Chan, son premier film, projeté en séance de minuit au festival de Cannes en 2018. Cette enquête policière est supplantée par d'autres aspects mis en avant : le monde de l'entreprise. Dans une boîte de vente, Monsieur Kim, un salarié laborieux et sérieux, tue soudainement toute sa famille à coups de marteau : ce meurtre sordide - hors champ - surprend tout le monde, notamment parce que c'est un homme effacé, gentil, sans histoire. Cependant, au fur et à mesure de la découverte du quotidien de cette entreprise, on perçoit une autre vérité.

Monsieur Kim semble s'être évaporé : tout le monde pense qu'il est encore dans les locaux. Les meurtres se poursuivent, effrayant toute l'équipe de cadres et une jeune stagiaire timide, ayant de nombreux points communs avec Monsieur Kim au niveau professionnel. Les open space permettent de créer un climat anxiogène par leur disposition, de lieux semi-clos. Surtout le montage crée des ellipes, qui laissent surgir le doute quand à l'identité du criminel, et des indices parsemés progressivement nous font peu à peu comprendre la réalité glaçante sur cette série de meurtres. La tension ne cesse de croître.

Les couleurs grises et ternes, les lumières artificielles des open-space, des orages et un climat pluvieux contribuent à créer une ambiance délétère et oppressante, introduite par la sauvagerie inaugurale des premiers meurtres. Même s'il y a quelques scènes englantées, le réalisateur évite le gore ou le grand-guignolesque car il montre plutôt la violence dans le milieu professionnel, la déshumanisation produite par le monde du travail. Un bon premier film...

Office, de Hong Won Chan, avec Ko Asung, Netflix, 1h51, 2015

 Sur le web : L'actu du festival de Virginie Apiou, "A voir sur netflix un thriller coréen et une sitcom anglaise sur les geeks" de Samuel Douaire et Pierre Langlais.

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03 septembre 2018

Incendies de Denis Villeneuve : ISSN 2607-0006

Film annonce français INCENDIES.mov

Avant de réaliser Blade runner 2049 ou les excellents Premier contact, Prisoners, Enemy, ou Sicario, Denis Villeneuve a adapté Incendies une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad ( né au Liban).  A la mort de leur mère Nawal Marwan, son patron qui est notaire, Jean Lebel, lit le testament devant ses deux enfants. Les jumeaux, Simon et Jeanne, reçoivent deux enveloppes à remettre à leur père qu'ils croyaient mort et à leur frère, dont ils ne connaissaient pas l'existence. Si les jumeaux ne retrouvent pas leur famille, ils ne pourront pas donner de pierre tombale à leur mère. 

Le film retrace le drame d'une famille déchirée par la guerre. Jeanne part du Canada pour aller au Moyen-Orient où vivait sa mère, avant son exil, pendant une guerre civile qui opposaient les Chrétiens et les Musulmans. Là, elle va découvrir de nombreux secrets familiaux.

La construction atypique ne cesse de déconstruire cette histoire aussi cahotique que celle de de Nawal. Plusieurs Flashes-backs montrent sa jeunesse et ses difficiles débuts dans la vie marquée par l'horreur de la guerre. De nombreux gros plans soulignent les émotions intenses des personnages mais aussi des indices concernant le premier fils de Nawal que les jumeaux doivent chercher. Plusieurs titres fractionnent le film - "La femme qui chante", " Nahad", "Chamseddine"... - en lien avec le genre d'une pièce théâtrale mais ausi les pièces d'un puzzle, qui se remettent en place pour nous conduire au bout de la quête.

Cette enquête et quête identitaire tragique - beaucoup d'éléments renvoient à la tragédie d'Oedipe - est accompagnée de la mélancolique musique de Radiohead ( You and whose army, ci-dessous) et nous fait ressentir avec intensité cette histoire. Un excellent film à voir...

Incendie de Denis Villeneuve, Netflix, 2010, avec Lubna Azabal, Maxim Gaudette, Rémy Girard, Mélissa Désormeaux-Poulin, 2h10

autres films : Premier contact, Ennemy, Prisoners

Radiohead - You and Whose Army

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02 juillet 2018

Psychokinesis de Yeong San Ho : ISSN 2016-006

PSYCHOKINESIS Bande Annonce (2018) SUPER-HÉROS

Film Netflix, Psychokinesis a été réalisé après l'excellent Dernier train avant Busan. Après avoir parodié les films de zombies, voici que Yeong San-Ho revisite le genre de film de super-héros. Pourtant, le personnage principal Seok Hyeon a tout d'un anti-héros : il a abandonné sa femme et sa fille et se contente d'être gardien d'un immeuble, lâche et égoïste. Un jour, en buvant une eau contaminée par un météorite extra-terrestre, il acquiert des super pouvoirs. Peu à peu, il devient télékinésique... Forcément, il veut utiliser ses nouveaux pouvoirs pour s'enrichir en se produisant dans un  cabaret. Pendant ce temps, sa femme et sa fille Roo-mi luttent contre une multinationale qui cherche à détruire leur quartier pour y construire un centre commercial. Ce conflit provoque la mort de la mère, ce qui va permettre au père de retrouver sa fille.

"Vous êtes plus fort que vous ne le pensez"

Un film de super-héros supplémentaire ? Quel est l'intérêt de visionner ce film coréen ? Contrairement à la vogue des films de super-héros actuels, on ne retrouve pas de débauche d'effets spéciaux, excepté à la fin. Au contraire, le film s'ancre dans une réalité contemporaine avec la vie difficile du quartier pauvre, où Roo-mi travaille comme restauratrice et avec leur lutte quotidienne pour contrecarrer les plans de la société de construction. Le méchant n'a pas la peau violette et ne vient pas d'une autre galaxie contrairement à l'univers parallèle marvélien. Cela permet au réalisateur de glisser, même superficiellement, une dénonciation d'un système gangréné par la corruption et l'argent. C'est donc paradoxalement un film de super-héros intimiste : le père va user de ses pouvoirs pour renouer des liens avec sa fille, non pour sauver l'univers. Drôle, avec ce personnage principal maladroit, original et divertissant !

Psychokinesis, Yeon San Ho, 2018, 101 min, Netflix

sur le web : le bleu du miroir, Les inrockuptibles, Première

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18 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom de Bayona : ISSN 2607-0006

JURASSIC WORLD 2 Bande Annonce VF (2018) FINALE

Parmi les derniers reboots, prequels, suites, Jurassic world : Fallen Kingdom ne mérite pas les critiques négatives entendues dans Le masque et la plume, par exemple ou écrites dans l'article du Monde cinéma. C'est un pop-corn movie, donc, du grand spectacle de divertissement. Cependant, comme c'est J. A. Bayona  à la réalisation, il arrive à imprimer sa griffe ( Comme dans la franchise Alien, les différents réalisateurs ont réussi à imposer leur style dans un cahier des charges attendu : Alien, la resurrection de Jeunet n'a pas la même photographie qu'Aliens, le retour de Cameron).

Comme l'indoraptor, créature génétiquement modifiée, qui va hanter le manoir de Lockwood, un riche américain, ce film va hybrider plusieurs genres : tout d'abord, l'histoire débute comme un "survival" : Claire et le dresseur de vélociraptors Owen sont envoyés sur la isla Nublar, le parc d'attraction de Jurassic world 2. L'île est menacée par une éruption volcanique et nos deux héros doivent sauver les dinosaures. Ces derniers, ramenés par un homme sans scrupule, au manoir de Lockwood, sont vendus aux enchères. Commence alors un conte horrifique : tout tourne au désastre et la petite fille de Lockwood, Maisie, cherche à échapper aux dangereux prédateurs.

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Et c'est là que s'impose la vision gothique de Bayona, qui a réalisé L'orphelinat ou Quelques minutes après minuit. Dans ce sombre manoir gigantesque, on peut même voir les griffes de l'indoraptor en ombre chinoise tels la main crochue de nosferatu. Ce long-métrage-là, dans ses coloris et dans son questionnement, semble plus sombre : l'homme peut-il dominer la nature ? Peut-il la modifier sans en payer les conséquences ? Quand doivent s'arrêter les innovations technologiques ? L'intrigue semble assez similaire aux précédents films de la franchise mais la noirceur et les effets spéciaux sont réussis !

Jurassic world : Fallen Kingdom de Bayona, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, 2018, 128 min

Sur le web : Télérama, Le bleu du miroir, Dasola, Pascal, Le monde

 

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