02 juillet 2018

Psychokinesis de Yeong San Ho : ISSN 2016-006

PSYCHOKINESIS Bande Annonce (2018) SUPER-HÉROS

Film Netflix, Psychokinesis a été réalisé après l'excellent Dernier train avant Busan. Après avoir parodié les films de zombies, voici que Yeong San-Ho revisite le genre de film de super-héros. Pourtant, le personnage principal Seok Hyeon a tout d'un anti-héros : il a abandonné sa femme et sa fille et se contente d'être gardien d'un immeuble, lâche et égoïste. Un jour, en buvant une eau contaminée par un météorite extra-terrestre, il acquiert des super pouvoirs. Peu à peu, il devient télékinésique... Forcément, il veut utiliser ses nouveaux pouvoirs pour s'enrichir en se produisant dans un  cabaret. Pendant ce temps, sa femme et sa fille Roo-mi luttent contre une multinationale qui cherche à détruire leur quartier pour y construire un centre commercial. Ce conflit provoque la mort de la mère, ce qui va permettre au père de retrouver sa fille.

"Vous êtes plus fort que vous ne le pensez"

Un film de super-héros supplémentaire ? Quel est l'intérêt de visionner ce film coréen ? Contrairement à la vogue des films de super-héros actuels, on ne retrouve pas de débauche d'effets spéciaux, excepté à la fin. Au contraire, le film s'ancre dans une réalité contemporaine avec la vie difficile du quartier pauvre, où Roo-mi travaille comme restauratrice et avec leur lutte quotidienne pour contrecarrer les plans de la société de construction. Le méchant n'a pas la peau violette et ne vient pas d'une autre galaxie contrairement à l'univers parallèle marvélien. Cela permet au réalisateur de glisser, même superficiellement, une dénonciation d'un système gangréné par la corruption et l'argent. C'est donc paradoxalement un film de super-héros intimiste : le père va user de ses pouvoirs pour renouer des liens avec sa fille, non pour sauver l'univers. Drôle, avec ce personnage principal maladroit, original et divertissant !

Psychokinesis, Yeon San Ho, 2018, 101 min, Netflix

sur le web : le bleu du miroir, Les inrockuptibles, Première

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18 juin 2018

Jurassik World : Fallen Kingdom de Bayona : ISSN 2607-0006

JURASSIC WORLD 2 Bande Annonce VF (2018) FINALE

Parmi les derniers reboots, prequels, suites, Jurassik world : Fallen Kingdom ne mérite pas les critiques négatives entendues dans Le masque et la plume, par exemple ou écrites dans l'article du Monde cinéma. C'est un pop-corn movie, donc, du grand spectacle de divertissement. Cependant, comme c'est J. A. Bayona  à la réalisation, il arrive à imprimer sa griffe ( Comme dans la franchise Alien, les différents réalisateurs ont réussi à imposer leur style dans un cahier des charges attendu : Alien, la ressurection de Jeunet n'a pas la même photographie qu'Aliens, le retour de Cameron).

Comme L'indoraptor, créature génétiquement modifiée, qui va hanter le manoir de Lockwood, un riche américain, ce film va hybrider plusieurs genres : tout d'abord, l'histoire débute comme un "survival" : Claire et le dresseur de vélociraptors Owen sont envoyés sur la isla Nublar, le parc d'attraction de Jurassik world 2. L'île est menacée par une éruption volcanique et nos deux héros doivent sauver les dinosaures. Ces derniers, ramenés par un homme sans scrupule, au manoir de Lockwood, sont vendus aux enchères. Commence alors un conte horrifique : tout tourne au désastre et la petite fille de Lockwood, Maisie, cherche à échapper aux dangereux prédateurs.

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Et c'est là que s'impose la vision gothique de Bayona, qui a réalisé L'orphelinat ou Quelques minutes avant minuit. Dans ce sombre manoir gigantesque, on peut même voir les griffes de l'indoraptor en ombre chinoise tels la main crochue de nosferatu. Ce long-métrage-là, dans ses coloris et dans son questionnement, semble plus sombre : l'homme peut-il dominer la nature ? Peut-il la modifier sans en payer les conséquences ? Quand doivent s'arrêter les innovations technologiques ? L'intrigue semble assez similaire aux précédents films de la franchise mais la noirceur et les effets spéciaux sont réussis !

Jurassik world : Fallen Kingdom de Bayona,avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, 2018, 128 min

Sur le web : Télérama, Le bleu du miroir, Dasola, Pascal, Le monde

 

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11 juin 2018

Trois visages de Panahi : ISSN 2607-0006

Trois visages Bande-annonce VO (2018)

Après l'excellent Taxi Téhéran, il faut aller voir le dernier film en compétition à Cannes de Panahi. Moins réussi, plus lent dans le rythme, Trois visages dépeint un Iran rural après avoir montré l'aspect urbain du pays dans son précédent film. Jafar Panahi, qui se met à nouveau en scène, et une actrice Behnaz Jafari ont reçu une vidéo d'une fille, Marziyeh, tournée sur un téléphone, se suicidant car on l'empêche de devenir comédienne. L'atrice bouleversée décide d'aller voir ce qu'il en est : est-ce un canular ? Est-ce une mise en scène de Panahi ou une mort réelle ? Au fil des rencontres, dans le road-movie qui l'emmène vers le petit village reculé, le réalisateur nous fait connaître la vie des paysans. On croise donc un mariage, on nous montre de loin le quotidien d'une ancienne actrice mais aussi un drame familial dû aux valeurs conservatrices de ses habitants...

Panahi aborde la vision du métier d'actrice, déconsidéré dans ces coins reculés, où elles sont considérées comme des "saltimbanques". Lorsqu'une fille prend une pelle pour proposer judicieusement d'agrandir la route, cela lui est refusé : elle déshonore l'agriculture ! Plusieurs thèmes - La condition des femmes, les coutumes, le cinéma - sont scrutés sous la caméra de Panahi et il évoque même le fait qu'il est assigné à résidence... Mais tout n'est pas noir dans ce film : l'appel de la mère de Panahi donne lieu à de véritables petites saynètes de comédie. Entre la fiction et le témoignage, Panahi nous montre un miroir de l'Iran, un peu lent parfois, mais c'est peut-être pour mieux déployer une certaine lumière et couleur de l'iran. Un film qui montre beaucoup d'inventivité lorsque l'on sait que le réalisateur a interdiction de tourner dans son pays !

Trois visages de Panahi, 2018, 100 min, avec Behnaz Jafari et Jafar Panahi

autres films : Taxi Téhéran

Sur le web: Cinérama, Le monde, Le bleu du miroir, Dasola

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04 juin 2018

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam : ISSN 2607-0006

 L' HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE - Bande annonce VOSTFR (2018)

Un film, est-il de l'art ou de l'industrie ? Où s'arrête le rêve, quand commence la folie ? Tout ce questionnement et bien d'autres interrogations se retrouvent au coeur de L'homme qui tua don Quichotte. Avant même sa sortie cannoise, le film de Terry Gilliam a connu des déboires, des infortunes dignes d'un roman feuilleton avec un tournage apocalyptique, un imbroglio judiciaire... au point de mériter un documentaire légendaire " Lost in la mancha".

Le réalisateur a mis 20 ans pour raconter l'histoire de Toby, réalisateur de pub, désabusé, qui tombe par hasard sur son film de fin d'études, qu'il avait tourné dans un petit village espagnol. Ce film à l'instar des romans de chevalerie pour don Quichotte de Cervantes bouleverse la vie d'un cordonnier, qui se prend pour le véritable chevalier à la triste figure et d'une jeune fille, qui rêvera de devenir actrice. L'image pousse à la démence. A partir de la redécouverte du petit village et des principaux protagonistes de son film d'étudiant, le réalisateur est pris dans une mécanique de la folie : il est contraint de suivre les chimères du cordonnier se battant contre des moulins, rencontrant sa dulcinée... Chutes, gags, fuites, quiproquos se succèdent dans un rythme effréné.

"Il faut le laisser aller jusqu'au bout de ses rêves" : Folie, obsession, rêve, voici des thèmes centraux du film qui concluent crépusculairement sur l'aboutissement d'un rêve qui ne peut se finir que par la mort ou par la folie. Le film de fin d'études de Toby se superpose aux images du spot publicitaire et fait même référence, de manière métafilmique, au long métrage que nous voyons. Différents niveaux de réalité se côtoient et on ne sait jamais réellement où se situent les limites du rêve et de la réalité. La surenchère d'inventions devient un peu longue dans la dernière partie de ce film admirable. On peut surtout regretter que l'aliénation ne soit pas plus visuelle ( comme dans L'enfer de Clouzot avec des images psychédéliques ou des distortions du temps comme dans Shining de Kubrick). Malgré la déception des fanatiques de la première heure, l'esthétique et les questionnements de ce film sont passionnantes.

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam. Avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Olga Kurylenko (2 h 12), 2018

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Sur le web :: "Canne 2018 : pourquoi Terry Gillian n'a jamais renoncé à son don quichotte" (vidéo ci-dessous) " Cannes 2018 : "L'homme qui tua don Quichotte" de Thomas Sotinel, Le bleu du miroir, Trillian, Le fossoyeur de film, Le cinéma de Durendal,

Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »

 

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16 mai 2018

Fallet, Hultkvist et Richard Ulvshammar : ISSN 2607-0006

DcB296aWsAEUC9vCette série suédoise ravira les fans des romans ou séries policières nordiques. Dans une petite commune de Norrbacka, deux médiocres inspecteurs ( Sophie Borg et un agent britannique Tom Brown) doivent faire équipe avec un incompétent chef de police Klas Wall, pour résoudre un meurtre parfaitement sordide, avec un cadavre découvert dans une lugubre forêt. On a l'impression de nager en plein "nordic noir" mais il n'en est rien : Fallet parodie la vogue des polars nordiques.

Cette série présente tous les codes de séries policières mais en les détournant : la victime est retrouvée avec une Bible dans le corps. Crime satanique ? Un indicateur met Sophie Borg sur la piste d'un homme d'affaire, mauvais homme selon lui, mais l'informateur encapuchonné, qui déguise sa voix, est aussitôt démasqué par Sophie. Cette piste d'ailleurs se dénouera par un comique de situation. Les stéréotypes s'accumulent. Lors de la rencontre entre Klas Wall et son collègue britannique, chacun est enthousiaste : l'un compare son homologue anglais à Barnaby et l'autre à Wallander. Une opération d'infiltration est menée dans les milieux de combats illégaux. Que choisit Klas comme mot désignant un danger ? " Henning Mankell". Son fils, en plein danger, l'oublie et cite tour à tour "Annie Holt, Indridason" etc... D'ailleurs, le maladroit Klas Wall ne cesse de divulger des informations à la presse, se référant au roman Millenium de Larsson !

En 8 épisodes de 28 minutes, tout en jouant de situations attendues, l'intrigue arrive non seulement à nous faire rire mais aussi à nous surprendre. Une bonne série policière parodique à découvrir !

Fallet de Hultkvist et Richard Ulvshammar, série suédoise, Netflix, 2017

Sur le web : article de Sébastien Mauge ici " fortiches pastiches de séries"

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09 mars 2018

Phantom thread d'Anderson : ISSN 2607-0006

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L'histoire d'Alma et de Reynolds Woodcock, c'est comme un conte de fée (cf. La lecon de cinéma de Anderson). Paul Thomas Anderson fait référence, par exemple, à The Tailor of Gloucester de Beatrix Potter. En effet, le riche et talentueux Reynolds Woodcock habille la bonne société de Londres, dans les années 50. Il rencontre, par hasard, une jeune serveuse et tombe immédiatement sous son charme : il lui donne une sublime robe et l'emmène dans son magnifique manoir. Mais les femmes ne restent jamais longtemps avec cet homme qui dédie sa vie entière à son travail de couturier. En outre, sa soeur Cyril régente sa vie et ne laisse personne perturber la vie répétitive, silencieuse et monotone du styliste. Mais c'est sans compter sur l'amour d'Alma qui ne va pas se cantonner au rôle qu'on veut lui faire jouer.

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La confection des habits, l'art (cf. La leçon de style des héros de Phantom thread) et la création tiennent une grande place dans le scénario : comme dans les documentaires de Loïc Prigent, on voit des défilés, le travail des couturières, Reynold en train de dessiner... Tissus, ateliers, robes soulignent le travail du créateur qui est extrêmement exigeant.  Les costumes sont absolument magnifiques.

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Mais l'amour qu'Alma porte au styliste va bouleverser son quotidien. La manière de jouer des acteurs vaut bien un oscar ! Le jeu sur les sons ( bruits des tartines, du thé servi !) et celui des regards soulignent les rapports de force des personnages et leur évolution. Le conte de fée se métamorphose en histoire vénéneuse : laissez-vous séduire par cette histoire, qui ne parle pas seulement de couture, qui est émouvante... Cependant, la manière de filmer est assez académique.

Phantom Thread d'Anserspn, 2018, (2h 11min) Avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville

LE FIL CACHÉ | Official French Trailer | Universal Pictures Canada

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26 février 2018

La forme de L'eau de Guillermo del Toro : ISSN 2607-0006

Bande Annonce la forme de l'eau (The Shape of Water) VF

Après Le labyrinthe de Pan et Crimson Peak, Guillermo del Toro met à nouveau en image une sombre histoire avec La forme de l'eau. On retrouve d'ailleurs une thématique del toroesque, celle des monstres (même si le vrai monstre n'est pas celui qu'on croit), déjà présente dans The strain ou Pacific Rim. Dans son dernier long métrage, on découvre donc la vie monotone et sans amour d'Elisa, qui est muette. Elle fréquente son voisin, un vieil homme, homosexuel, peintre talentueux, mais qui n'arrive pas professionnellement à s'adapter à la société en train de changer. Sa collègue de travail est une femme noire et elles doivent nettoyer un local gouvernemental, où un jour une créature est amenée. Elisa découvre qu'elle est capable de communiquer avec elle.

Dans les années soixante, se développe le rêve américain, incarné dans le film par Richard Strickland et sa jolie famille, vivant dans un joli pavillon, avec une jolie voiture. Elle est aussi représentée dans les dessins publicitaires du voisin Giles, à travers une famille blanche, aisée, et heureuse. Conséquemment, les noirs, les homosexuels, et les muets - et encore moins les créatures humanoïdes - n'ont pas de place dans cette société. D'ailleurs, G. del Toro dit avoir écrit cette romance car il ne supportait plus la xenophobie ambiante dans l'Amérique contemporaine ( cf. arte La forme de l'eau nommé aux oscars). C'est la partie la moins subtile du film : les personnages sont clairement stéréotypés. L'ambiguïté du Labyrinthe de Pan fait défaut à ce film.

En revanche, avec une télévision souvent présente à l'intérieur de notre écran, c'est tout le cinéma de l'époque qu'on regarde défiler : La forme de l'eau emprunte son esthétique  à des comédies musicales, une partie de l'intrigue ressemble à un film d'espionnage et une autre à un film fantastique ( inspiré de l'étrange créature du lac noir, un film des années 50). Surtout, avec ses teintes verdâtres comme l'eau et la créature, ses scènes noctures, son imaginaire personnel, Guillermo del Toro nous plonge dans son univers cinématographique reconnaissable, fantastique et onirique.

La forme de l'eau de Guillermo del Toro. Avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins (2 h 03).
billet sur le site le Monde Niki,

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19 février 2018

Taxi Téhéran de J. Panahi : ISSN 2607-0006

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Le réalisateur n'a plus le droit de filmer, ni de quitter son pays. Qu'à cela ne tienne : il met trois caméras dans sa voiture et s'improvise chauffeur de taxi, ce qui lui permet de filmer les rues de Téhéran, les passagers de son taxi.

On peut donc assister à différentes conversations : les deux premiers passagers évoquent la condamnation à mort des voleurs. Doit-on punir pour l'exemple ? Est-ce que cela sert à quelque chose ? A l'inverse, un ami de Panahi vient expliquer qu'il n'a pas dénoncé un voleur car il a reconnu cette personne qui vit dans une pauvreté extrême. Il n'y a pas de vérités assénées mais différents points de vue, un dialogue qui s'instaure entre les personnages et les différentes séquences du films.

Au-delà du quotidien iranien et du questionnement moral de la vie de ses habitants, Panahi met en abyme son film : un jeune étudiant s'interroge sur son futur film. Quelle idée doit-il prendre comme point de départ ? Puis, la nièce de Panahi monte dans la voiture et explique qu'elle doit filmer un cout-métrage : toutes les règles qu'elle énonce sont bafouées par le réalisateur ( il faut dire que selon sa maîtresse, un héros ne doit pas porter de cravate. Et celui qui en porte, est-il forcément mauvais ? ). La forme ingénieuse du docu-fiction force l'admiration mais montre aussi l'insoumission du réalisateur.

Panahi, Taxi Téhéran, 2015, 79 min.

TAXI TÉHÉRAN Jafar Panahi (Official Trailer) Goldener Bär Berlinale

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09 février 2018

Miss Sloane de Madden : ISSN 2607-0006

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Dans Miss Sloane, J. Madden s'éloigne des reconstitutions historiques ( Shakespeare in love, que je n'avais pas particulièrement aimé et Indian Palace) pour se pencher sur la politique contemporaine américaine, notamment le fonctionnement des lobbies.

On assiste donc au procès d'une lobbyiste implacable et froide incarnée admirablement par J. Chastain. Elle doit combattre ceux qui soutiennent le port d'armes et doit convaincre 16 sénateurs de voter pour la loi Heaton-Harris, qui limiterait le port d'armes. Rien de classique dans le procès : on n'assiste pas de manière linéaire au déroulement des audiences, mais des retours en arrière expliquent, montrent la démarche de E. Sloane. On est partagé entre ses convictions nobles et ses méthodes douteuses et illégales.

"On m'a engagée pour gagner", dit Elizabeth Sloane. Au-delà du fonctionnement des lobbies, ce film porte aussi sur une question morale. Les moyens sont-ils tous bons pour arriver à ses fins ? Doit-on comme Machiavel prôner un pragmatisme politique ? De bombreux rebondissements viennent nous tenir en haleine et relancer le débat d'idées. La prestation de l'actrice principale est remarquable, en femme déterminée, manipulatrice et inflexible. Certes, ce film repose sur de nombreux dialogues, scènes de réunions mais il entrouvre une porte sur les corruptions politiques, judiciaires et les pratiques du lobbying.

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Miss Sloane, de John Madden, avec Jessica Chastain, 2016, 2h07.

autre film : Shakespeare in love

MISS SLOANE Bande Annonce (Jessica Chastain - Thriller, 2017)

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20 janvier 2018

The stranger de Na Hong-Jin : ISSN 2607-0006

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Dans the strangers, de nombreuses morts surviennent dans un village coréen. Les policiers incompétents n'arrivent pas trouver les causes de cette épidémie, qui poussent les habitants dans une folie meurtrière. Aussitôt, ces dernirs accusent un Japonais, qui vit en ermite, d'être un fantôme et de hanter les lieux. Le drame survient lorsque la fille d'un des policiers est aussi contaminée. Il décide alors de se faire justice et le chaman qui l'aide déclare : " La proie est tombée dans le piège". Mais qui est la proie ? Sur qui le piège va-t-il se refermer ?

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Entre scènes sombres et scènes burlesques, le film oscille entre plusieurs genres. Beaucoup d'événements renvoient à la vie très soporifique d'un des policiers et de sa famille : ces séquences réalistes et rustiques ne sont pas sans rappeler Mother ou Memories of murder de Bong Joon Ho ( ce que ce réalisateur appelle " le thriller rural"). En effet, The strangers s'apparente à un histoire policière avec une dimension burlesque ( chute, imbécillité des policiers) et avec des  jumps scares comiques. Mais la tension dramatique monte et peu à peu, l'enquête prend des allures de film d'horreur. Certaines séquences font penser à une sorte d'exorciste coréen tandis que d'autres rappellent des films de zombies.

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Le mélange est assez peu hollywoodien et conventionnel : point de fin heureuse et point de véritable dénouement. Il y est beaucoup question du chamanisme mais je ne sais pas si ces pratiques sont montrées avec réalisme ou vraisemblance. L'aspect sociétal réside là, dans ces différentes croyances du sud de la Corée.

Décidément, le cinéma coréen est des plus attrayants, même si c'est un cinéma souvent violent, violence présente dans Dernier Train pour Busan Yeon Sang Ho ou J'ai rencontré le diable de J. Woon Kim. J'attends toujours avec impatience les derniers films coréens et en 2017, Le tunnel de Kim Seong Hoon était représentatif de ce cinéma coréen, qui renouvelle les genres.

The stranger, Na Hong Jin, 2h36

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