29 mars 2020

Kingdom de Kim Seung-Hun : ISSN 2607-0006

Encore une série avec des zombies après ceux du classique La nuit des morts-vivants de Romero, des zombies sud-coréens dans Dernier train avant Busan, des zombies comiques de Shaun of the dead et des zombes récents et décalés de The dead don't die de Jarmusch...! Pourtant, les deux saisons de Kingdom réalisé par Kim Seung Hun ( connu pour Tunnel sorti en 2017) méritent d'être vues : la série ne repose pas sur le gore, même si on tranche des têtes à tour de bras, mais la pandémie se propage sur fond de réalités sociales, historiques, politiques.

 Dans la Corée médiévale de l'ère Joseon, deux clans luttent pour le pouvoir. Le clan Haewon Cho est prêt à tout pour régner dans le pays en évinçant le prince héritier Chang. L'abominable seigneur Cho décide même de faire revivre le roi mort en attendant que sa diabolique fille, enceinte, donne naissance à un héritier. Dans le pays, où le peuple meurt de faim, se répand une horde de morts-vivants. Certains se sacrifient pour aider le prince Chang à découvrir la vérité sur cette pandémie, d'autres s'enfuient pour sauver leur peau...

D'un épisode à l'autre, de la saison 1 à la saison 2, la tension grandit : l'épidémie évolue et on n'est jamais bien sûr de la mort d'une personne. En parlant de mort, il faut rappeler que comme dans Game of Thrones, aucun personnage n'est à l'abri d'une mort brutale ou subite même pas les personnages principaux... Le suspense est aussi maintenu par les intrigues curiales : jusqu'où ira l'ambition dévorante du clan Cho ? qui empoisonnera qui ? Qui se fera dévoré ? qui régnera ? A côté de ces personnages machiavéliques et abominables, se dessine en creux le portrait du bon prince, Chang, aussi courageux qu'actif, sachant courir comme un guépard sur les toits du palais royal et manier le sabre comme un samouraï.

Et comme c'est une série sud-coréenne, on a forcément une hybridation des genres complètement réussie : parmi tous ces sombres personnages, on voit évoluer un duo comique avec une femme médecin téméraire, suivie d'un falot magistrat aussi lâche que bruyant. Aux scènes d'actions succèdent des scènes de dénonciation du comportement des puissants qui veulent à tout prix sauvegarder les traditions, quitte à mettre les autres en danger et aux sublimes paysages, ainsi qu'aux magnifiques costumes essentiellement portée par la fille du clan Cho, succèdent des villages insalubres.

kingdom-img-une3De nombreux retournements de situations, des personnages secondaires attachants, des plans audacieux notamment les scènes aquatiques (photogramme ci-dessous) dans la saison 2, et des sujets

Kingdom © Netflix

de réflexions très bien amenés vont vous faire aimer ce period drama sud-coréen, adapté d'un webcomic Land of the gods.

Kingdom, de Kim Seung Hun, saisons 1 et 2, Netflix, 2019.

sur le web : Sorin Etienne, "Kingdom, la série sud-coréeene de Netflix délpoie les moyens du grand écran", Le Figaro, mis en ligne le 26 mars 2020. URL :  https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/kingdom-la-serie-sud-coreenne-de-netflix-deploie-les-moyens-du-grand-ecran_d575bc54-6f61-11ea-916b-6184e2949cca/

Langlais Pierre, "Kingdom sur Netflix, la série coréenne qui nous réconcilie avec les zombies", Télérama, mis en ligne le 25 janvier 2019. URL : https://www.telerama.fr/series-tv/kingdom-sur-netflix,-la-serie-coreenne-qui-nous-reconcilie-avec-les-zombies,n6090918.php

Ono-dit-biot Christophe, "Kingdom, l'épidémie vaincue à coups de sabre", Le point pop, mis en ligne le 23 mars 2020. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/kingdom-l-epidemie-vaincue-a-coups-de-sabre-23-03-2020-2368296_2920.php#

kingdom-netflix-trailer

images

Visuel 1(4)

sous l'eau kingdom

Kingdom © Netflix

Posté par maggie 76 à 00:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


15 mars 2020

The villainess Byeong Gil-Jeong : ISSN 2607-0006

THE VILLAINESS - Bande-Annonce (VF)

Comme vous pouvez vous l'imaginer, les vies des tueurs à gages ne sont pas des sinécures comme nous le prouvent John Wick, Léon, le Kaiser dans Polar* (de Jonas Akerlund) ou la vie de Sook Hee dans The villainess. Son père a été tué et elle rêve de le venger. Elle se marie à un homme qui va lui aussi mourir, en l'aidant à venger son père. Elle perpétue un véritable massacre envers les assassins présumés de son mari : c'est ainsi que commence le film, avec un long plan-séquence inspiré de Old boy de Park Chan Wook - couloir étroit et glauque, lumières verdâtre, assaillants innombrables. Après ce morceau de bravoure, la photographie du film reste très belle. Une fois arrêtée par la police, elle est engagée comme tueuse à gages pour un organisme.

Le scénario n'est pas follement orginal, en revanche, le montage est excellent : le réalisateur a pris soin de complexifier cette simple histoire de vengeance en faisant des retours arrières et en créant ainsi un récit semblable à un puzzle. Les personnages ne sont jamais ceux qu'on croit qu'ils sont ! Certaines scènes débordent d'hémoglobine mais d'autres ressemblent à celles qu'on peut voir dans des dramas coréens. Cependant, jamais le réalisateur ne tombe dans la mièvrerie, la facilité, et il arrive, à partir de son scénario déjà vu, à nous surprendre plus d'une fois. Plusieurs scènes sont spectaculaires, mais le film échappe aux stéréotypes grâce à une dimension sombre et une fin anti-hollywoodienne...

Présenté au Festival de Cannes, hors compétition, en 2017, ce thriller sud-coréen au scénario bien construit se révèle être une bonne surprise !

The villainess, de Byeong-Gil Jeong, Netflix, avec Ok-Bin Kim, Shin Ha-Kyun, Bang Sung-Jun, 2018, 2h03

Sur le web :
Douhaire samuel, "A voir sur Netflix : The Villainess et Minority report", Télérama, mis en ligne le 7. 09. 2019. URL : https://www.telerama.fr/cinema/a-voir-sur-netflix-the-villainess-et-minority-report,n5795285.php

vilainess

Byung-gil-Jung-film-hors-competition-The-Villainess-cannes2017

Posté par maggie 76 à 07:11 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

27 novembre 2019

L'oiseau-tempête de Westmoreland : ISSN 2607-0006

L'OISEAU TEMPETE Trailer 2019

Inspiré d'un roman de la romancière anglaise Susanna Jones, L'oiseau-tempête s'ouvre mystérieusement sur la disparition d'une jeune fille américaine, dans un Japon contemporain. Lucy Fly, une jeune femme expatriée au Japon est accusée de meurtre lorsque l'on trouve des indices sur des liens entre ces deux femmes et un photographe japonais. Encore un triangle amoureux ! Evidemment, les apparences sont trompeuses et on découvrira peu à peu la part de mensonges et de vérités dans les déclarations de Lucy.

"On vit tous dans notre monde"

Ce n'est pas l'intrigue convenue qui attire l'oeil du spectateur mais bien plutôt l'atmosphère envoûtante : le quotidien laisse place à de nombreuses scènes nocturnes où les souvenirs du personnage principal s'insèrent, créant des doutes sur la véracité de que l'on voit. Le choix d'un point de vue subjectif nous entraîne dans le passé brumeux de Lucy et de son amant non moins névrosé... La croyance que la photographie happe l'âme de celui qui est dans le cadre, une jeune fille qui lit dans les lignes de la main, Lucy qui croit provoquer la mort d'une amie tombant dans les escaliers... créent une atmosphère troublante autour de personnages énigmatiques.

montagne l'oiseau tempête

L'oiseau-tempête © NETFLIX

Surtout, les cadrages choisis sont beaux comme des tableaux. A travers les déambulations des personnages, on découvre les rues de Tokyo, les fêtes nipones, les îles japonaises. Le réalisateur  - qui a tourné aussi Colette - nous entraîne dans la vie de cette ville, non pas comme dans un documentaire, mais éclairée doucement par les lueurs de l'aube ou colorée par les lumières nocturnes... Certes, le scénario est assez prévisible, les scènes d'interrogatoire classiques, mais ce long-métrage possède une très belle photographie.

L'oiseau-tempête, Wash Westmoreland, 1h46, 2019, Netflix, avec Alicia Vikander et Naoki Kobayashi.

oiseau tempête 2

oiseau tempête 4

oiseau tempête 5

oiseau tempête 6

L'oiseau-tempête © NETFLIX

Posté par maggie 76 à 06:47 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

28 octobre 2019

Sorry to bother you de Boots Riley : ISSN 2607-0006

SORRY TO BOTHER YOU Bande Annonce (2019) Tessa Thompson, Comédie

Voici une comédie grinçante et satirique à ne pas rater ! Elle réserve, en outre, bien des surprises, notamment dans le genre, présentant de vagues ressemblances avec les films de Spike Lee (Inside man, Blakkklansman) ou de Jordan Peel (Get out).

sorry-chefs

19-sorry-to-bother-you-20-470x310@2x

Photo Universal Pictures International

Pourquoi évoquer ces deux réalisateurs ? Tout d'abord, le style de Boots Riley n'est pas commun. De nombreuses scènes répétitives soulignent des inversions, des constrastes, les cadrages et les couleurs avec des scènes souvent nocturnes, nous immergent peu à peu dans le fantastique.

Pourtant, Sorry to bother you apparaît d'abord comme une comédie réaliste avec des faux CV très apparents et un faux trophée, des voix qui ne semblent pas appartenir aux acteurs, des chambres garages qui s'ouvrent inopportunément, des codes de 30 chiffres... Le personnage principal, Cassius, devient telemarketeur et manifeste pour des salaires plus justes. Pourtant, on va lui proposer de s'enrichir rapidement, sans effort. 

Le capitalisme qui réduit les humains en esclavage, n'est pas qu'une métaphore dans ce film. Peu à peu les genres se brouillent et on a l'impression de basculer dans un autre film. Comme dans Get out de J. Peel, la comédie bascule dans l'horreur. Sorry to bother you réussit à dénoncer les dérives du consumérisme, le racisme, tout en innovant formellement. Les séquences paraissent parfois juste juxtaposées mais c'est un très bon premier film de Boots Riley !

Boots Riley, Sorry to bother you, 2019, avec Lakeith Stanfield ( 1h51).

Sur le web : Quelque part ailleurs,

Mandelbaum, "Sorry tobother you" : un ovni séditieux et anticapitaliste", Le monde, mis en ligne le 30 janvier 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/01/30/sorry-to-bother-you-un-ovni-seditieux-et-anticapitaliste_5416374_3246.html

Chessel Luc, "«Sorry to Bother You», Marx à suivre", Libération, mis en ligne le 29 janvier 2019. URL : https://next.liberation.fr/cinema/2019/01/29/sorry-to-bother-you-marx-a-suivre_1706201

Léger François, "Sorry to bother you, une grande satire sociale", Première, mis en ligne le 29 janvier 2019. URL : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Sorry-to-bother-you-Une-grande-satire-sociale--Critique

1191428-stby-20170722-_h7a1002_r

Photo Universal Pictures International

Posté par maggie 76 à 10:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

13 octobre 2019

Shining de Kubrick : ISSN 2607-0006

Bande annonce VF SHINING (1980)

Stephen King a inspiré de nombreux réalisateurs : actuellement sur nos écrans, vous pouvez voir Ca 2 et Doctor sleep, la suite de Shining, va bientôt paraître sur nos écrans, fin cotobre 2019. Vous n'avez pas encore vu Shining réalisé par Kubrick ? En cette époque halloweenesque, il est temps de le visionner : pourtant, malgré sa réputation de film horrifique, il faut savoir que Shining, comme beaucoup des romans de S. King, repose surtout sur l'horreur psychologique.

192334-shining

twins-the-shining

Shining, Stanley Kubrick, 1980

Certaines images iconiques contribuent à faire du long métrage de Kubrick un film d'horreur (photogrammes 1 et 2 ci-dessus), comme des hectolitres de sang jaillissant d'un ascenseur, une vieille femme décatie sortant d'une baignoire ou l'apparition de deux jeunes jumelles au bout d'un couloir, alors qu'il est surtout question des tourments d'un écrivain en proie à la folie. D'ailleurs les dernières photographies rendent plus ambigues l'interprétation du film.

Au contraire, la symétrie des décors, la propreté des lieux, les couleurs chaudes viennent contraster avec les films horrifiques. Shining n'est pas seulement un film gore mais confronte un écrivain à la page blanche, à ses problèmes d'alcoolisme comme dans nombre des romans de l'auteur de Misery ou de La part des ténèbres.

Comme le rappelle Hélène Lacolomberie dans sa revue de presse, cette adaptation du roman de S. King n'a pas été unanimement célébrée lors de sa sortie : pourtant, il ne faut pas oublier les prouesses techniques - avec l'utilisation de la steadicam dans les couloirs hantés de l'hôtel Overlook.

Que l'on aime ou que l'on n'aime pas ce long métrage, on doit reconnaître une certaine recherche technique dans la manière de filmer et des innovations par rapport au genre filmique. Il est devenu un classique, inspirant d'autres réalisateurs comme Spielberg dans Ready player one, qui exploite les scènes de l'ascenseur, des jumelles et de la femme dans la baignoire...

Kubrick, Shining, avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd, 1h55, 1980.

Autres billets : Simetierre,

Challenge Halloween 2019 organisé par Lou et Hilde

Sur le web : Sotinel Thomas et Régnier Isabelle, "Stephen King au cinéma : le meilleur et le pire en dix films", Le monde, mis en ligne le . URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/15/stephen-king-au-cinema-le-meilleur-et-le-pire-en-10-films_3514731_3246.html

Lacolomberie Hélène, "revue de presse de Shining", cinémathèque, mis en ligne le 7 mars 2019. URL : https://www.cinematheque.fr/article/1386.html

Guedj, "De "Shining" à "Ca" : pourquoi Hollywood adore Stephen King ?", Le point pop, mis en ligne le 28 août 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema-le-clown-tueur-d-enfants-est-revenu-pourquoi-stephen-king-remet-ca-28-08-2019-2332040_2920.php

Posté par maggie 76 à 00:19 - - Commentaires [23] - Permalien [#]


24 septembre 2019

Les enchaînés d'Hitchcock : ISSN 2607-0006

affiche-du-film-de-alfred-hitchcock-les-enchaines

Avec Lifeboat, Les enchaînés est l'un des films politiques d'Hitchcock qui met en scène un scénario inspiré vaguement des mémoires de Marthe Richard. Tourné en 1945, ce long-métrage, qui se déroule après la fin de la seconde guerre mondiale à Rio, a pour héroïne Alicia, l'élégante fille du nazi Huberman qui vient d'être condamné, qui mène une vie oiseuse et alcoolisée jusqu'au moment où Devlin, un agent du FBI, lui propose de travailler  pour les Etats-Unis. Elle doit espionner un Allemand, Sebastian, ancien ami de son père. Va-t-elle réussir sa mission. Est-elle un agent fiable ?

L'intrigue d'espionnage est particulièrement simple et forme comme un interlude léger autour du vrai coeur du film qui tourne autour d'une histoire d'amour mais nous y reviendrons plus tard. Le patron du FBI, particulièrement jovial, se contente d'être heureux de la bonne tournure des affaires et n'hésite pas à utiliser Alicia pour arriver à ses fins. Aucun dilemme moral ne semble perturber cet homme qui pousse Alicia à se marier avec l'Allemand pour le bien de son enquête. Toutes ces séquences autour des hommes du gouverment sont assez sèchement tounées.

Quel est le sujet souterrain des Enchaînés ? Une comédie bien plus noire se joue entre les deux protagonistes principaux : Delvin doute de l'amour d'Alicia et cette dernière attend que Delvin avoue ses véritables sentiments. Non seulement le couple glamour - Ingrid Bergman et Gary Grant - joue à merveille leur personnage mais, comme dans une mise en abyme, ils doivent interpréter des personnages pour rendre crédibles leur rôle d'espions. Où s'arrêtent les faux-semblants ? D'emblée, Devlin déclare : " une fille perdue ne change pas". Est-ce le cas d'Alicia ? Peut-on changer ?

Avec ce long-métrage, Hitchcock mérite bien d'être appelé "le maître du suspense" : on craint à chaque instant pour la vie de la malheureuse espionne improvisée qui doit évoluer parmi d'autres personnages très inquiétants comme l'odieuse mère de Sebastian. La manipulation hitchcockienne jouant avec les sentiments des protagonistes et avec les nerfs du spectateur, les jeux de regards particulièrement éloquents et les gros plans sur des objets clés ou les clés tout court - qui regarde qui ou quoi ? - font des Enchaînés un spectaculaire thriller psychologique et d'amour.

Les enchaînés de Hitchcock, 1945, 104 min, avec Ingrid Bergman, Claude Rains, Gary Grant.

Visionnage commun avec Tachan.

Autres films : Le procès Paradine, Lifeboat, L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Sur  le web : Ferenzi Aurélien, "Hitchcock en 6 leçons", Télérama, mis en ligne le 21 janvier 2011. URL : https://www.telerama.fr/cinema/hitchcock-en-6-lecons,64727.php

Murat Pierre, "Cinq questions pour une reprise, "Les enchaînés" d'Hitchcock", Télérama, mis en ligne le 5 octobre 2008. URL : https://www.telerama.fr/cinema/cinq-questions-pour-une-reprise-les-enchaines-d-hitchcock,34366.php

Deyle Hélène, "Un film et son époque: Les enchaînés", Le monde, mis en ligne le 22 juillet 2017. URL : https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/07/22/tv-un-film-et-son-epoque-les-enchaines_5163882_1655027.html

photo-les-enchaines-7

6ad2864_14701-1mlvjz0

Ingrid Bergman et Gary Grant dans Les enchaînés d'Hitchcock

Posté par maggie 76 à 21:24 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

25 juillet 2019

Le procès Paradine d'Alfred Hitchcock : ISSN 2607-0006

51JETWDF4QL

La troisième période hitchcockienne, des années 40 à 50, est particulièrement éclectique. Après des films politiques comme Lifeboat (1945), le réalisateur des oiseaux fera un film de procès. Lorsqu'une femme est belle et épouse un riche mari aveugle et que ce dernier meurt empoisonné, elle paraît forcément coupable aux yeux de l'opinion publique. Mais l'est-elle vraiment ? Seul, un avocat tombé éperdument amoureux de la victime, Madame Paradine, croit en son innocence. Les preuves vont s'accumuler contre elle : arrivera-t-il à la sauver ?

Contrairement aux films de procès, Hitchcock ne profite pas de cette histoire pour remettre en cause la justice ou des problèmes moraux ou sociaux mais il en fait un drame passionnel. C'est un film lent, bavard, développant la jalousie de la femme de l'avocat, l'ambiguité de la cliente et l'obsession de l'avocat : à travers ce long-métrage, il fait d'ailleurs quatre portraits de femmes très différents, de la femme fatale - Madame Paradine - à la femme soumise (la femme du juge).

Ce film, bien construit, n'est pas aussi complexe que d'autres long-métrages hitchcockiens et manque singulièrement d'humour. On retrouve ses thèmes favoris comme le faux-coupable et une enquête. Il manque aussi d''ambiguïté et de profondeur comparé à des films de procès plus récents comme The third murder de Kore Eda (2017) ou du Silence et des ombres de Robert Mulligan ( 1962).

Voici une adaptation d'un roman de R. S. Hichens plus banale que les autres films du réalisateur de Rebecca, en partie parce qu'il n'a pas choisi les acteurs qu'il souhaitait, comme il l'explique dans une interview, et que Selznick a participé davantage dans la production. Cela explique peut-être qu'il soit passé inaperçu par rapport à d'autres scénarios plus impressionnants de cette période comme La corde (1949) ou L'inconnu du Nord-Express (1951).

Le procès Paradine, Hitchcock, Gregory Peck, Ann Todd, 1947, 125 min.

Visionnage commun avec Tachan. Un visionnage avec Tachan est prévu le 24.09 : nous verrons Les enchaînés.

Autres films : Lifeboat, L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Sur le web : France inter. 2013. Hitchcock/trufaut, secrets de fabrication.

Posté par maggie 76 à 00:04 - - Commentaires [21] - Permalien [#]

13 juillet 2019

The wandering earth de : ISSN 2607-0006

THE WANDERING EARTH Trailer (2019) Sci-Fi Action Movie HD

Plutôt rare sur nos écrans, The wandering earth est un blockbuster chinois, qui malheureusement passe inaperçu en France étant donné qu'il est directement arrivé sur les plateformes de streaming. Adapté d'un roman de SF de Cixin Liu, connu pour son livre Le problème à trois corps, ce long métrage mériterait d'être visionné sur grand écran tant visuellement, c'est splendide. Après une rapide exposition de l'inexorable dégradation de la planète - le système solaire est en train de mourir - et de la vie d'un astronaute, on assiste à une catastrophe de grande ampleur : "la terre errante", c'est-à-dire la terre propulsée par de gigantesques moteurs pour trouver un autre système planétaire, risque de percuter Neptune.

Majestueux, grandioses, les paysages sont impressionnants ( image 1). Pour bien montrer l'échelle de chaque image, le réalisateur part toujours de gros plans suivis de zoom arrière qui finissent par englober la terre entière. La convergence des moteurs qui s'unissent pour faire avancer la terre marque aussi l'union des pays. Et quel décor ! La planète devenue inhabitable est recouverte de neige, donnant lieu à de somptueux décors enneigés post-apocalyptiques ( images 2 et 3).  Certes, The wandering earth n'est qu'un film catastrophe et qu'un blockbuster mais les effets spéciaux sont d'une très grande qualité. C'est un vrai plaisir visuel de voir toutes ces inventions de ces villes souterraines, de ces grandes étendues de neige.

MOSS l'intelligence artificielle "déserte", refuse de rester en contact avec la terre qui va s'écraser sur une autre planète. Deux astronautes sortent réparer des dégâts et dérivent dans l'espace : ne serait-ce pas des clins d'oeil à d'autres longs-métrages de SF ? Certains personnages principaux meurent, les villes sont détruites une à une mais les survivants ne perdent pas espoir. Les uns se sacrifient, les autres luttent ensemble. Un film post-apocalyptique optimiste, humaniste ? C'est plutôt rare, c'est idéaliste mais fabuleusement bien réalisé et cela donne envie de découvrir les oeuvres de Cixin Liu...

wandering-earth-1

Image 1 du film "The Wandering Earth" Crédits : Copyright China Film Company Limited

9aaa80bc-3b2a-11e9-a334-8d034d5595df_image_hires_161320

Image 2 du film "The Wandering Earth" Crédits : Copyright China Film Company Limited

wandering-earth-shanghai-2044

Image 3 du film "The Wandering Earth" Crédits : Copyright China Film Company Limited

The winthering earth de Frant Gwo, Netflix, 2019, 2h05,

Sur le web : "The wandering earth, le film chinois qui sauve la terre", Le monde, mis en ligne le 26 février 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/video/2019/02/26/the-wandering-earth-le-film-chinois-qui-sauve-la-terre_5428578_3246.html

Serrell Mathilde, "Avec The Wandering earth blockbuster chinois, une autre fin du monde est possible", France culture, mis en ligne le 26 février 2019.

Posté par maggie 76 à 12:28 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

08 juillet 2019

Lifeboat de Hitchcock : ISSN 2607-0006

LIFEBOAT (Trailer)

Comme Rébecca, Les oiseaux ou L'inconnu du Nord-Express, Lifeboat est aussi une adaptation littéraire, celle d'une nouvelle de Steinbeck. Les ingrédients traditionnels des longs métrages hitchcockiens sont rassemblés comme des innovations techniques ( comme dans La corde ou Fenêtre sur cour), du suspense, de l'ironie, les faux-semblants, un caméo... Pourtant Hitchcock réussit un tour de force en dramatisant une situation qui peut sembler sans relief : un lieu unique et neuf acteurs ! Lifeboat s'ouvre sur le naufrage d'un navire britannique provoqué par un sous-marin allemand, lui-même torpillé. Huits rescapés de nationalités diverses et de classes sociales différentes tentent de survivre sur un canot de sauvetage en attendant les secours. Lorsqu'un Allemand se prétendant simple matelot est secouru, les naufragés sont confrontés à un dilemme : peuvent-ils faire confiance à cet homme ? Cet ennemi de guerre, doit-il être sauvé ? Qui doit diriger le bateau ?

Malgré le décor unique, "le maître du suspense" arrive à nous tenir en haleine grâce aux drames psychologiques. C'est le calme plat, une mer d'huile mais la tension monte : mensonges, dissensions, meurtres, tempêtes ponctuent ce huis-clos étouffant. Ont-ils eu raison de faire confiance à l'Allemand ? Ce dernier sauve un des passagers en l'amputant d'une jambe mais il cache de nombreux secrets sur son identité. La matérialiste et superficielle Mrs Porter va-t-elle tomber dans les bras de l'ouvrier ?  Les protagonistes ne cessent d'avouer leurs petits secrets, leurs bassesses...

Présenté en 1944, Lifeboat a une portée éminemment politique. Le fait de vouloir voter à la majorité "comme dans [leur] pays", de réussir à s'unir dans l'adversité, de s'entraider lorsqu'ils n'ont plus de ressources - vous verrez à quoi peut servir un bracelet de diamants lors d'un naufrage - sont des actions métaphoriques des pays en période de guerre.

En bonus, le commentaire audio du docteur Drew Casper est une mine d'informations sur la réalisation, le choix des acteurs, des cadrages et les influences de Hitchcock : Lifeboat présente l'alliance originale de l'expressionnisme allemand et du réalisme soviétique. Drew Casper aborde aussi la fabrication des décors, les caprices de stars, et la réception du film à l'époque, la censure, et rappelle aussi la coloration "romantique" des films du réalisateur des oiseaux. La variété des cadres, l'habileté dans la construction des caractères, l'universalité du message politique font que ce film n'a pas pris une ride.

Lifeboat, Hitchcock, 1944, 1h36, avec Tallulah Bankhead, William Bendix, Walter Slezak

Vsionnage commun avec Les blablas de Tachan. Prochain VC d'Hitchcock le 25. 07 : nous parlerons du Procès Paradine.

Autres films : L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Posté par maggie 76 à 07:51 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

24 juin 2019

Godzilla II - Roi des Montres de Michaël Dougherty : ISSN 2607-0006

GODZILLA 2 Bande Annonce VF (2019) NOUVELLE, Roi des Monstres

Si vous n'avez encore jamais vu de films sur l'un des plus célèbres monstres de la pop culture qu'est devenu Godzilla, vous pouvez regarder la vidéo du ciné-club de M. Bobine qui est une bonne introduction à la franchise : le vidéaste remonte aux origines du monstre radioactif, analyse l'évolution de la franchise et détaille les caractéristiques de Godzilla. L'article du Point pop permet aussi de connaître les précédents films.

Le long-métrage de Michael Dougherty prolonge celui de G. Edwards qui était un blockbuster où le Kaiju apparaissait aussi important que le destin d'un soldat américain et de sa petite famille, qui nous importe peu. Le nouveau réalisateur a décidé de mettre en avant les monstres, de les humaniser - car le monstre légendaire décide de sauver les hommes et la planète - et de faire bêtifier les hommes. Après les dégâts causés par le réveil de Godzilla et des Mutos dans le premier opus, une scientifique décide de réveiller d'autres monstres pour qu'ils dévastent la planète car là où ils passent, la végétation reprend ses droits.

Evidemment, les effets numériques rendent bien hommage à Godzilla, comparé aux monstres nanardesques dans les précédents films de la Toho comme dans Godzilla vs Mechagodzilla. On peut toutefois regretter que les prouesses numériques soient les seuls atouts de ce film où on s'ennuie par intermitence avec des passages ridicules avec les dialogues vides des hommes ou qui expriment un espèce de blougi-boulga écologique. Godzilla II - Roi des Monstres n'est qu'une succession de scènes de destruction entre des titans disproportionnés. A part des effets spéciaux monstres, à quoi rime tout ça ? On est loin du symbolisme du traumatisme nucléaire des premiers opus et on attend avec impatience la sortie - non pas du troisième opus de la franchise, teasé dans une scène post-générique, de Godzilla vs Kong - de Shin Gozilla en France.

Godzilla vs mechagozilla, Jun Fukuda, 1974

Godzilla le roi des monstres, Michael Dougherty, 2019, 2h12, Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown 

Godzilla de Gareth Edwards, Netflix, 2014, avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe

26f80030704eb7eff3bbd40057ef613c-godzilla-ii-roi-des-monstres-et-du-bazard

Warner Bros France

crop2_godzilla-dinal-king-godorah1

Warner Bros France

Sur le web : No ciné. 2019. "Godzilla pourrait-il exister dans la vraie vie ?". Animée par Perrine Quennesson. Diffusée le 29 mai 2019.

Hauguel Bastien, " Godzilla" : 6 films pour s'initier à la franchise", Le point pop, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/godzilla-6-films-pour-s-initier-a-la-franchise-29-05-2019-2315756_2923.php

Dubois Léa, "Godzilla II - Roi des monstres : un titan pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier", Le figaro.fr, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : http://www.lefigaro.fr/cinema/godzilla-ii-roi-des-monstres-un-titan-pour-les-gouverner-tous-et-dans-les-tenebres-les-lier-20190529

Posté par maggie 76 à 00:05 - - Commentaires [9] - Permalien [#]