19 août 2014

Cathédrales, 1789-1914 Un mythe moderne

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Pensant aller voir les cathédrales de Monet et des impressionnistes, j'ai été agréablement surprise par la variété des représentations de cathédrales au XIXeme siècle jusqu'à nos jours, à travers des orientations savantes et romanesques. Monuments très bien représentés dans les oeuvres des romantiques, ils sont intégrés dans le paysage dans les tableaux de Corot ( tableau ci-dessous) ou de Friedrich. Ils alimentent aussi l'imagination de Chateaubriand dans Le génie du christianisme et l'oeuvre graphique et écrite de V. Hugo.

Mais ils font aussi l'objet d'une attention archéologique et on peut ainsi admirer de nombreuses photographies du XIXeme siècle : des relevés dessinés, des lithographies, des témoignages des restaurations de Viollet le Duc, montrent un goût pour le gothique. Mais le gothique entre aussi dans les intérieurs : Michelet parle de la "manie du gothique" qui se manifeste dans les arts décoratifs, décor appelé "à la cathédrale". Le goût pour le Moyen-Age apparu en Angleterre dès le XVIII eme siècle - sans oublier les romans gothiques... - investit les bourdoirs, où on retrouve des croisées d'ogives et des remplages gothiques, mais aussi de menus objets comme des bijoux, encriers, chaises... Le service Du Gueslin fabriqué par la manufacture de Sèvre est particulièrement impressionnant.

Les cathédrales, un mythe moderne ? Plus proche de nous, la dévastation des cathédrales pendant la première Guerre Mondiale, notamment la cathédrale de Reims a servi de propagande. Elles ont continué de fasciner les artistes contemporains comme Picasso ou Brassai, qui a fait une magnifique photographie de Stryge ( photographie ci-dessous). Ainsi au-delà du symbole nationale qu'incarne les cathédrales, elles ont aussi une dimension spirituelle présente dans les oeuvres oniriques de Moreau et Redon. Une belle exposition, qui donne à voir l'art monumental gothique, à découvrir jusqu'à la fin du mois d'août, à Rouen... La lecture du Rêve de Zola me permettra de rester plongée dans l'univers des cathédrales. Quelques ouvrages sur le sujet :

- Notre Dame de Paris, Hugo

- De l'architecture allemande, Goethe, 1772

- Génie du christianisme, Chateaubriand.

- Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Nodier

- " La mort des cathédrales", Pastiches et Mélanges, Proust

- Histoire d'une cathédrale, histoire d'un hôtel de ville, Viollet Le Duc

- connaissance des arts, hors de série, 65 p.

- Exposition du musée des Beaux-Arts de Rouen, 12avril-31 août.

 

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09 juillet 2010

Hommage de Julia Margaret Cameron à Victor Hugo

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Julia Margaret Cameron est une excentrique typiquement britannique. Photographe-amateur à une époque où cette technique se développait à peine, Julia Margaret innove en faisant des flous artistiques, en s'inspirant de la littérature pour la pose des personnes et en refusant de retoucher celles-ci même lorsqu'elles sont tachées. Elle aimait par-dessus tout photographier les personnalités de son temps mais si elle n'a jamais mis d'objets ou de paysages en valeur dans ses photographies, ses modèles étaient assez divers, des enfants et des inconnus posant même pour elle. Sa soeur, Sarah Prinsep tenait un salon, fréquenté par Tackeray, Millet... et son amitié avec Tennyson lui permirent de traquer de nombreuses célébrités, qui se pliaient bon gré mal gré aux exigences de J. M. Cameron, notamment Julia Jackson, sa nièce et mère de V. Woolf.

Voici tout d'abord des anecdotes peignant bien cette femme originale : " Un tempérament fougueux, un caractère déterminé et ne revenant jamais sur une décision, ne faisait qu'accentuer chez elle la forte propension à la singularité et au non respect des convenances. Les mémoires et les souvenirs des contemporains fourmillent d'anecdotes amusante qui la montrent, insouciante des modes, vêtues de draperies flottantes et de châles indiens aux couleurs éclatantes, reconduisant jusqu'à la gare ses hôtes ayant toujours une tasse de thé, ou décidant un matin de percer une fenêtre et réussissant à convaincre maçons, menuisiers, peintres, vitriers et couturières de tout réaliser dans la journée"...

La plupart de ses photographies sont des portraits proche de l'esthétique des préraphaélites, représentant des modèles rêveuses, mélancoliques, dans une atmosphère onirique. Elle s'est inspirée de la littérature pour certaines des poses, comme les poèmes de Tennyson, la légende d'Ophélie ou celle de Béatrice Cenci... Certains des portraits ressemblent aux madones de Raphaël. Les flous artistiques sont souvent rehaussées par une lumière particulière créant des contrastes très forts. L'innovation majeure est son goût des gros plans pourtant difficile à réaliser vers 1870. A travers les photographies rassemblées dans ce catalogue, on perçoit tout le talent de Julia Margaret Cameron qui apporte une réelle dimension esthétique et littéraire à cet art.

Hommage de Julia Margaret Cameron, Catalogue rédigé par Jean Marie Brusson

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11 avril 2010

Le chateau Miromesnil, Maupassant

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Le château Miromesnil, où naquit Maupassant, allie admirablement différents styles : la façade sud est de style Henri IV, très sobre à dominante rouge, brique de Varengeville et grise, pour les ardoises. Deux tours défensives ont subsisté d'anciennes  fortifications. La façade Nord présente un style Louis XIII monumental, réaménagé au XIXeme siècle : elle est ornée de masques, de guirlandes et de pilastres... Les pièces sont vraiment admirables avec des ambiances XIXeme siècle, tapisserie à fleurs, gravures avec des femmes en tenue d'époque, un piano ayant appartenu à Laure de Maupassant et des meubles Louis XVI...

Maupassant naquit donc dans l'une des tourelles, et tous ses romans sont imprégnés de cette Normandie natale : Boule de suif, son premier succès se déroule à Tôte... On peut voir, dans ce château, quelques souvenirs rattachés à cet écrivain, tels qu'une lettre adressée à Flaubert ou son acte de naissance... Mais ce lieu est riche historiquement puisque, ici, a aussi habité le marquis Armand Thomas de Hue, juriste, homme humaniste, qui supprimera notamment la question préalable. Ses appartements contiennent de magnifiques objets tels qu'une boîte à secret en ivoire, ses livres...

Non loin du château se trouve une petite chapelle, très sobre extérieurement mais qui renferme de très beaux vitraux, jaune d'argent du XVIeme siècle. Autour du château, se déploie un magnifique parc, dominé par un cèdre du Liban, des magnolias et des rosiers et un jardin botanique "mix border" (pour les anglophiles amoureux de la nature... ),

Dommage que ce lieu ne soit lié qu'à la naissance de Maupassant, donc il n'y a que peu de souvenirs sur l'auteur... La visite fut tout de même extrêmement agréable... A visiter pour tous ceux qui aiment l'esthétique XIXeme siècle et les ambiances bucoliques...

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J'ai acheté ce livre Choses et autres de Maupassant en souvenir...

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07 avril 2010

La maison-musée de Victor Hugo à Villequier

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Sur le bord de Seine, dans la petite ville de Villequier se dresse la maison-musée de celui qui a réuni le grotesque et le sublime dans ses pièces de théâtre, de celui qui voulait "la liberté dans l'art et la liberté dans la société"( Hernani), de celui qui s'est élevé contre Napoléon le Petit : Victor Hugo.

d8a200732033132arc_pht_1_Chaque pièce nous transporte dans l'atmosphère très XIXeme de cette demeure, comprenant une salle de billard, indispensable à l'époque, une reconstitution de la chambre de Léopoldine ou la chambre très rococo de Madame Hugo (Adèle Foucher) ainsi qu'un "bow window" dédié à Juliette Drouet... Actrice dans Lucrèce Borgia, cette dernière a vécu 50 ans dans l'ombre de l'écrivain, et a tout quitté pour lui, lui vouant une admiration sans borne, le suivant dans son exil et lui écrivant quotidiennement... J'ai d'ailleurs acquis, cinquante ans de lettres d'amour, de Juliette Drouet/Victor Hugo que j'ai hâte de découvrir.

Chaque pièce comporte des souvenirs entourant le romancier : des photographies d'Auguste Vacquerie et de Charles Hugo, considérés vers 1852 comme des précurseurs de la photographie, ornent les murs ainsi que des magnifiques dessins au lavis, des illustrations de ses oeuvres, des lettres de Victor Hugo ou de ses enfants et amis. A côté de l'oeuvre de Hugo, on trouve de nombreux témoignages d'amis.
La chambre de Léopoldine est particulièrement émouvante, rappelant le destin tragique de la fille préférée du grand écrivain : sa vie et de celle de son mari est tragique à l'image de la destinée des héros romantiques des romans hugoliens.

La vie d'Adèle est moins présente mais mieux connue grâce au magnifique film de François Truffaut, Adèle H : suivant par passion, jusqu'en Nouvelle Angleterre le lieutenant Pinson, qui ne l'aime guère en retour, elle finit par devenir folle de chagrin. Sa destinée est tout aussi sombre que celle de sa soeur.

"Je veux être Chateaubriand ou rien" : dans la dernière pièce de la maison, sont rassemblées les oeuvres monumentales du célèbre écrivain,de L'homme qui rit (1869) au roman quatre vingt treize (1874) en passant par les Châtiments...
Qui était Victor Hugo ? Comment vivait-il ? Quelles ont été ses relations avec ses  proches ? Vous trouverez une partie des réponses au musée Villequier qui est une charmante visite à effectuer, enrichissante au niveau de la connaissance de la personnalité de Victor Hugo et de ses oeuvres... et la vue sur la seine est tout à fait magnifique : ce musée est une agréable découverte... J'ai passé un merveilleux après-midi en compagnie de cet auteur et je compte bien, sous peu, découvrir le musée dédié à sa mémoire à Paris...

Posté par maggie 76 à 21:09 - - Commentaires [11] - Permalien [#]