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"Témoins de ces moments, je me disais que la vie était rude, que ce petit enfer où j vivais était le dur reflet du monde. En dernière année de lycée, j'étais obsédé par l'idée qu'il me fallait absolument faire quelque chose de ma vie, trouver ma voie. J'étais déterminé à travailler sans relâche pour être admis à l'université et quitter ce quartier " (p. 79) : dans Au soleil couchant, un vieil architecte Park Minwoo se souvient, lors d'un appel à une ancienne amie Cha Soona, de son enfance et de ses efforts pour sortir du quartier pauvre dont il est issu. Tout en continuant de raconter sa vie avec ses collègues architectes et sa famille, il replonge dans son passé et ses années d'étude.

Parallèlement à ce récit, une trentenaire, Jeong Uhee, décrit son quotidien entre son travail de metteur en scène et d'employée dans une supérette. Elle travaille la nuit et tente de joindre les deux bouts. Vivant dans un sous-sol humide, elle est aidée par Kim Minwoo, un homme cumulant lui aussi trois petits boulots pour s'en sortir. La mère de ce dernier lui vient parfois aussi en aide. Lorsque son fils Kim Minwoo se suicide, le lecteur comprend enfin les liens entre ces deux histoires.

Au soleil couchant narre ainsi des trajectoires de personnages complètement différents tout en évoquant l'histoire de la Corée dans les années 70. Les souvenirs de Park Minwoo dévoilent surtout les souffrances des expropriés, la destruction massive des petits quartiers et la corruption qui règne dans ce métier, la construction immobilière étant plus ou moins liée au pouvoir en place... On découvre aussi mille détails du quotidien des habitants de Séoul. Un roman touchant et passionnant !

Hwang Sok-Yong, Au soleil couchant, Picquier poche, Espagne, 2019, 206 p.

LC avec Rachel

autre roman lus de l'auteur : Princesse Bari