Maintenant-que-j-ai-50-ans

"Ca n'a rien de drôle. La vieillesse n'est pas un sujet de plaisanterie. C'est une chose terrifiante, et Malti ne parvient pas à sy résoudre. Elle préfère encore mourir que de devenir une de ces grosses et vieilles dames au visage bouffi et aux cheveux blancs" (p. 214) : dans "phobie de la cinquantaine, nouvelle extraite de Maintenant que j'ai 50 ans de Bulbul Sharma, Malti est une quinquagénaire qui a peur de vieillir. Elle enchaîne les régimes, les séances de yoga, de gym, le coiffeur. Elle lutte contre le soleil, le manque de sommeil, les kilos... Mais est-ce là ce qui est important ?

"C'est dangereux de rester seule. Une femme doit passer de la maison de son père à celle de son mari, puis à celle de son fils. Alors trouve-toi vite un mari, ma fille. N'importe quel mari fera l'affaire tant qu'il est vivant et qu'il appartient à notre caste, répétait souvent sa grand-mère en lui pinçant les joues" (p. 175). Meera a elle aussi 50 ans. Elle ne s'est pas mariée et a bon emploi. Sa mère ne cesse de prier pour que sa fille se marie. Lorsque Meera pense enfin avoir échappé aux présentations officielles en raison de son âge, surgit un jour un médecin... célibataire... "Donnez-le nous... Oh ma déesse... donnez-le nous", ne cesse de prier sa mère !

D'autres voix de femmes se font entendre, parfois de manière originale, en alternant avec la voix de l'époux ("La liberté à cinquante ans") ou à travers l'histoire d'une vieille robe de chambre ("La robe de chambre en velours rose), on suit le destin de plusieurs générations de femmes par exemple. Chaque destin de femme diffère de celui des autres selon sa caste et son entourage mais on remarque combien le poids des traditions est très pesant. Ces femmes vont-elles se libérer à la mort de leur mari ? Se contentent-elles de vivre sans rien changer ? Leur quotidien fait surgir une image de la condition féminine reposant sur les castes, l'isolement des femmes, leur dépendance face à leur famille, leur rôle de femme au foyer...

Ces tranches de vie, sans rapport les unes aux autres, sont écrites dans un style fluide. La grande maîtrise du monologue intérieur, du point de vue interne rendent ces portraits vivants et variés. Maintenant que j'ai 50 ans de Bubul Sharma brosse une très belle de série de destins féminins et nous donne envie de découvrir davantage la plume de cette romancière.

Présentation de l'auteur (la quatrième de couverture) : " Née en 1952, elle a hérité dans son enfance de ce surnom de Bulbul, qui désigne un joyeux passereau très répandu en Inde. Ecrivain et peintre, Bulbul Sharma habite Delhi où elle travaille comme professeur d'arts plastiques avec des enfants handicapés. Elle écrit des romans aux arômes sensuels d'épides et de nourriture, et compose en peintre des livres sur les arbres et les oiseaux".

Capture d’écran 2021-09-30 192733Bulbul Sharma, Maintenant que j'ai 50 ans, Editions Picquier, France, août 2013, 221 p.

Participation aux étapes indiennes n° 4 organisées par Blandine et Hilde : LC lire un roman des éditions Picquier : Sharma Bulbul, Maintenant que j'ai 50 ans.

Etape n° 3 : Découverte de l'Inde par une nouvelle "Aucune terre n'est la sienne", Prajwal Parjuly

Etape n° 4 "nos étapes communes" : Le tigre blanc d'Aravind Adiga, La huitième reine de Bina Shah, Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey, LEs incroyables aventures des soeurs Shergill de Balli Kar Jaswal

Etape n° 6 Jeunesse indienne : Hanuman super singe de Véronique Massenot et Fabrice Leoszewski

Etape n° 7 films, série, animation : Le tigre blanc de Ramin Bahrani, Pagglait d'Umesh Bist

Etape n°9 récits d'expatriés, de migrants, réfugiés : Aucune terre n'est la sienne de Parjuly

Etape 16 pour rire : Les vacances de Jésus et Bouddha, tome 1, Hikaru Nakamura.

Autres étapes dans le cadre de notre voyage : Le Pakistan : La huitième reine, Bina Shah