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bouthanL'exil est l'une des grandes préoccupations contemporaines. Parjuly Prajwal, fils d'un père indien et d'une mère népalaise, aborde la vie des exilés du Bhoutan dans une nouvelle "Aucune terre n'est la mienne" accessible intégralement sur le site des éditions JenJayu.

A travers le personnage principal, Anamika, qui est une femme originaire du Bhoutan, vivant dans un camp de réfugiés, se déploie les conditions de vie de cette femme et indirectement la question complexe de leur statut. Son père, malade, a pu attester de sa nationalité bhoutanaise, mais Anamika, dont le premier mari manifestait contre la monarchie, a été expulsée de son pays avec Dikki, sa fille. Dans le camp, elle est confrontée à la xénophobie, à la violence verbales des hommes, car elle est séparée de son deuxième mari, ce qui fait d'elle une femme aux moeurs légères mais cette dernière ne se laisse pas marcher sur les pieds : "Anamika roula son châle d’été, le plaça sur sa tête et posa le lourd fagot de bois en équilibre sur ce coussin avant de redescendre le chemin en marchant comme une funambule.
Comme à leur habitude, les étudiants étaient à l’échoppe de singara. Anamika accéléra le pas. Elle se prépara à ce qui allait venir en adressant une prière silencieuse à Dieu et en répétant mentalement les répliques appropriées. La peur ne paralyserait pas sa langue comme c’était le cas des années plus tôt. Elle était devenue très douée pour adresser aux hommes la réponse qu’ils méritaient".

Avec ce personnage féminin au caractère bien trempé, l'auteur ne veut pas donner une vision misérabiliste de ce camp. Certes on comprend que cette famille vit dans le dénuement et doit faire face au rationnement, aux faux espoirs d'immigration, à la violence conjugale et à une société patriarcale où seul le chef de famille - un homme - est autorisé à dialoguer avec les instances officielles. En outre, Anamika n'est pas nostalgique, même si elle regrette le temps où elle travaillait... L'auteur donne aussi, brièvement, une vision de la culture bhoutanaise avec ses traditions, sa langue, sa culture. Prenez le temps de lire cette nouvelle brisant les clichés sur le Bhoutan et sans pathos ! 

logo indienParjuly Prajwal, "Aucune terre n'est la sienne", Cartes et territoires n°4, JenJayu.

Participation aux étapes indiennes organisées par Blandine et Hilde : étape n°9 récits d'expratriés, de migrants, réfugiés.

Sur le web : billet de Hilde, Pativore...

Bhoutan : la face cachée du "pays du bonheur"
Le Bhoutan va changer de gouvernement à l'issue d'élections législatives organisées ce jeudi. Mais pour une partie de la population, ce scrutin ne changera rien, car ce "pays du bonheur" a aussi sa part d'ombre : des réfugiés maltraités, des jeunes au chômage ou des violences familiales.
https://www.franceculture.fr
Népal : les réfugiés oubliés du Bhoutan
Camp de Sanischare (est du Népal) envoyé spécial "C ombien de temps devrons-nous encore attendre ?" Assise dans sa petite hutte en bambou tapissée de papiers journaux, Tilamaya Bista désespère. "Nous étions agriculteurs, nous vivions bien au Bhoutan. Mais cela fait tellement longtemps que nous sommes coincés dans ce camp qu'aujourd'hui nos enfants ne savent même plus reconnaître une pousse de riz."
https://www.liberation.fr

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https://www.lexpress.fr/tendances/voyage/le-bhoutan-pays-du-bonheur-immediat_1493404.html