30 mai 2019

Aliens de James Cameron : ISSN 2607-0006

ALIENS - 1986 - Trailer Recut HD

A l'occasion du quarantième anniversaire d'Alien : le huitième passager de Ridley Scott, vous aurez peut-être envie de visionner les films de la saga du monstre lovecraftien. Deuxième opus d'une franchise de 6 films, Aliens est un survival réussi, réalisé à un moment où J. Cameron n'est pas encore un cinéaste reconnu. Dans les commentaires audio, il explique qu'on lui a proposé d'écrire trois scénarios en même temps, ce qu'il a accepté : il a donc écrit Aliens en même temps que Terminator.

Dans ce qui est devenu un classique de la science-fiction, nous retrouvons Ellen Repley dérivant dans l'espace et atterrissant sur une station orbitale. Lorsqu'elle explique à la Weyland que le vaisseau le Nostromo a été attaqué par un alien sur la planète LV-426, la compagnie refuse de la croire car elle a envoyé des colonisateurs sur cette planète qu'ils ont terraformé. Les contacts avec LV-426 ayant cessé, Burke, l'avocat de la Weyland, décide d'envoyer une équipe de marines. Ripley se joint à léquipe finalement. Mais il s'avère que le vrai combat qu'elle mène n'est pas contre les aliens...

L'ambiance est brumeuse, inquiétante ; l'action se déroulant dans une ville terraformée désaffectée. Comment créer cette atmosphère et ces monstres ? Le film a reçu 7 oscars dont l'oscar des meilleurs effets visuels. Aliens a été tourné à une époque où les effets spéciaux et les retouches numériques n'étaient pas encore performants. L'équipe du tournage a toutefois réussi à recréer une ambiance et un décor crédibles et qui n'ont pas pris une ride ! Certes, le Sulaco, le vaisseau spatial des marines, et certains engins ressemblent parfois à des maquettes, ce qu'ils sont réellement. Mais l'illusion est parfaite dans la majeure partie du film.

L'autre atout de ce film est son héroïne : avant Katniss, Captain Marvel ou Wonder woman, Sigourney Weaver incarne parfaitement Repley, cette femme courageuse, confrontée à la compagnie et à un général incompétent. L'autre personnage important est une petite fille, qui est très convaincante dans son rôle alors que ce n'est pas une comédienne professionnelle et qu'elle n'a pas voulu faire une carrière dans le cinéma. Et les aliens ? Quel suspense ! Comme Spielberg dans Jurassic park, J. Cameron sait maintenir le suspense en ne faisant apparaître les aliens que tardivement et en les dévoilant progressivement ! Les personnages sont peu développés, l'action primant sur la psychologie, mais Aliens reste un classique de la SF à découvrir.

Aliens de James Cameron, avec Sigourney Weaver, 137 min, 1986.

Alien, le huitième passager, de Ridley Scott, 1979, Harry Dean Stanton (Brett), Jones the cat.

Alien (1979) Trailer

Sur le web : "Aliens, le retour : six choses à savoir sur l'Alien de James Cameron", Première, mis en ligne le 26 mai. URL : http://www.premiere.fr/Tele/Aliens-le-retour-six-choses-a-savoir-sur-l-Alien-de-James-Cameron

Audureau William et Pierre Stéphanie, "Quand le premier "Alien" était comparé à des nanars de zérie Z", Le monde, publié le 27 mai 2019. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/05/27/alien-le-huitieme-passager-un-film-considere-comme-kitsch-a-sa-sortie_5468118_4408996.html?fbclid=IwAR3klw16onTdNI6_ZTxKN5j7ZBbyReKCpCISytVaw37dP4TsqCusvzM-Ock

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1979 la naissance d'un monstre" (1/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 1 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. Philopsophie d'Alien : 1986 la guerre de l'homme contre l'homme (2/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 2 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1992 comment tuer le mal en nous" (3/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 3 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1997 une résurrection bien gore" (4/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 4 janvier 2018.

 

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27 mai 2019

La marque de Windfield de Ken Follet : ISSN 2607-0006

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-marque-de-windfield-9782367626833

Roman de moeurs, La marque de Windfield fait évoluer ses personnages dans tous les milieux londoniens des années 1860 jusqu'aux années 1890. Nous pouvons suivre l'évolution de toute la famille Pilaster, riches banquiers, qui vit sous la domination d'Augusta. Ambitieuse, cruelle, elle manipule à son gré toute sa famille, ainsi que tous ceux qui s'approchent d'elle. Son fils Edward, Micky Miranda, un ami du Cordovay, et Hugh, un parent pauvre Pilaster, dont le père a fait faillite, sont témoins de la mort de Peter lorsqu'ils étaient encore pensionnaires dans le collège de Windfield. Sept ans plus tard, le frère de Peter, avocat vient inquiéter Augusta et Micky. Les agissements d'Augusta et Micky vont-ils être découverts ?

Ken Follet entend montrer l'hypocrisie de la bonne société londonienne, thème traditionnel des romans parlant de l'ère victorienne. Plusieurs meurtres sont commis dont un inaugural, qui marque le début de l'histoire, mais il n'y pas d'enquête à proprement parler : La marque de Windfield n'est pas un roman policier.

Les personnages simplistes et caricaturaux - Augusta l'ambitieuse, Hugh l'homme d'affaire de génie, April et Maisie, les prostituées au grand coeur - et l'intrigue sans grande originalité ne permettent pas d'éprouver le moindre intérêt pour ce roman. Ce récit présente les mêmes défauts qu'A l'orée du verger de Tracy Chevalier : les personnages sont antipathiques, sans intériorité et l'arrière-plan brossé à grands traits. L'intrigue est prévisible et quelle fin ! Manichéenne à souhait ! Après le déceptif Code Rebecca, La marque de Windfield est aussi un roman très oubliable... Le désintérêt pour l'histoire est indépendant de la lecture de Thierry Blanc, qui est énergique et dynamique. On peut écouter un extrait ici.

La marque de Windfield, Ken Follet, Audiolib, lu par Thierry Blanc, 16h33,  2018.

Partenariat Audiolib .

Autres romans : Code Rebecca,

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23 mai 2019

Melmoth réconcilié de Balzac : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/La-Maison-Nucingen-precede-de-Melmoth-reconcilie

Etiqueté comme un auteur "réaliste", on peut s'étonner de voir tout un pan de La comédie humaine confiner au fantastique. C'est le cas de Melmoth réconcilié dont le titre vous évoque certainement un roman noir irlandais de Maturin, dont le succès fut immédiat à l'époque, à tel point qu'il fut traduit en français en 1828, l'année de sa parution. Alors que Maturin développe l'histoire du pacte avec le diable, l'auteur de La comédie humaine balzacianise son héros réaliste.

Après avoir décortiqué l'aristocratie dans Le cabinet des antiques, les pères dans Le père Goriot ou les usuriers dans Gobsek, Balzac décrit en naturaliste les caissiers de Paris. Voici les premières lignes : " Il est une nature d'hommes que la Civilisation dans le Règne Social, comme les fleuristes dans le Règne végétal par l'éducation de la serrre, une espèce hybride qu'ils ne peuvent reproduire ni par semis, ni par bouture" (p. 67). "L'observation préparatoire" mise en place, Balzac introduit son deuxième thème de prédilection : "le principe d'honneur" est remplacé par "le principe Argent" (p. 70). Nous voici donc en présence de Castanier, le caissier de Nucingen, qui s'endette pour contenter une prostituée, Aquilina. Au moment où il projette une rocambolesque fuite en Italie, il rencontre Melmoth. Ce dernier lui propose un pacte faustien : "si le démon te demandait ton âme, ne la donnerais-tu pas en échange d'une puissance égale à celle de Dieu ?" (p. 97).

Castanier tout en côtoyant Rastignac, Nucingen, personnages récurrents de La comédie humaine, devient extrêmement puissant. Mais ce pouvoir le rend-il heureux ? Tout en employant les ressorts du fantastique,  Balzac est éminemment de son temps et introduit son caissier dans le monde de la bourse, tout en le montrant assister à une pièce au Gymnase, dans une mise en abyme. Après Don Juan, dans L'exilir de longue vie, l'auteur du Colonel Chabert, s'empare du mythe faustien pour dépeindre son époque. Que devient le pacte faustien sous la seconde Restauration ? le mythe déchoit dans les spéculations financières : ne dit-on pas de Castanier qu'il "alla joyeux à la Bourse, en pensant qu'il pourrait trafiquer d'une âme comme on y commerce des fonds publics" ?

Le mystère entourant l'omnipotence de Melmoth, puis de Castanier, nous attache à leurs pas, vers la chute de la nouvelle. Ce bref récit, s'appuyant sur deux scandales réels, permet à Balzac d'emblématiser son époque par le thème de l'argent. Encore une petite nouvelle balzacienne, qui prend place dans les études philosophiques, à découvrir !

Balzac, La maison Nucingen, précédé de Melmoth réconcilié, Folio, Saint-Amand, 1989.

LC avec Cléanthe et Miriam. La prochaine LC : La maison Nucingen est programmé pour le 22 juin.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : "Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : "Melmoth réconcilié", La peau de chagrin, L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée :"Le bal de Sceaux",  Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Le colonel Chabert, Gobseck

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée.

 

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18 mai 2019

The Dead dont die de Jarmusch : ISSN 2607-0006

THE DEAD DON'T DIE - Official Trailer [HD] - In Theaters June 14

Une comédie avec des morts-vivants en ouverture du festival de Cannes ? Voici ce qui paraît étonnant, moins si l'on sait que c'est Jarmusch le réalisateur. Sur la lente musique country de The Dead don't die de Sturgilll Simpson, nonchalamment, deux policiers ( Cliff Robertson et Ronnie Peterson) d'une petite ville américaine assistent à des événements étranges dus à un dérèglement climatique. On déambule dans Centerville en compagnie d'un groupe de jeunes, d'un ermite, d'un fermier ou d'une légiste-samourai.

L'apocalypse de J. Jarmusch est décalé, ironique et même méta. C'est d'ailleurs l'aspect qui fonctionne le moins bien dans ce film mélancolique. Ronnie Peterson a déjà lu le script et sait que cela va mal se terminer. Cliff Robertson connaît la chanson de Dead don't die. Normal, c'est la musique du film... Ces réponses surgissent de manière importune dans le scénario. En revanche, les nombreuses citations de films telles que La nuit des morts-vivants de Romero ou Psychose de Hitchcock contribuent à créer une atmosphère poétique et politique.

L'humour pince-sans-rire, parfois noir, engendre un univers désenchanté où sont critiqués désastre écologique, consummérisme, les hispters... comme dans d'autres comédies zombiesques, Shaun of the dead de Wright ou Dernier train pour Busan de Yeon Sang Ho. Prenant à rebours l'ordre du cycle de la vie - les zombies ont l'air plus vivant que les vivants eux-mêmes - ou les codes cinématographiques (pas de cataclysmes apocalyptiques mais de nombreux plans fixes, ni d'hystérie de masse dans cette fin du monde jarmuschienne flegmatique) - le réalisateur promène le spectateur dans une plaisante balade crépusculaire.

The Dead dont die de Jarmusch, 2019, 1h40 avec Bill Murray, Adam Driver,

Sur le web : Guedj Philippe, "The dead don't die" : il vaut quoi le film d'ouverture de Cannes ?", Le point, mis en ligne le 14 mai. URL :https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/the-dead-don-t-die-il-vaut-quoi-le-film-d-ouverture-de-cannes-14-05-2019-2312605_2923.php

"The Dead don't die", le film de zombies de Jim Jarmusch, est-il aussi raté qu'on le dit ?, L'obs, mis en ligne le 16 mai 2019, pendant le festival de Cannes. URL : https://www.nouvelobs.com/clash-culture/20190516.OBS13016/the-dead-don-t-die-le-film-de-zombies-de-jim-jarmusch-est-il-aussi-rate-qu-on-le-dit.html

Foubert Frédéric, "Cannes 2019 : The Dead don't die, à mourir d'ennui", Première, mis en ligne le 15.05.  URL : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Cannes-2019-The-Dead-don-t-die-a-mourir-d-ennui

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15 mai 2019

La mémoire assassine de Kim Young-ha : ISSN 2607-0006

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http://www.editions-picquier.com/ouvrage/ma-memoire-assassine-2/

Parmi les auteurs sud-coréens, voici encore un auteur à découvrir, dont vous trouverez la biographie sur le site Picquier et une bibliographie.

Un ancien tueur en série, Kim Byeong-su, croit qu'on veut tuer sa fille adoptive Eun-hee. Ce narrateur écrit dans un carnet comment malgré la maladie d'Alzheimer et ses soixante-dix ans, il décide de la sauver et de supprimer cet homme. Mais comment faire lorsqu'on ne souvient même plus de son nom ? "Ce matin, j'ouvre les yeux et me retrouve dans un endroit inconnu. Je me lève d'un bond et enfile à la va-vite mon pantalon avant de sortir en courant de la maison. Un chien que je vois pour la première fois aboie en me voyant. Tandis que je m'agite en tous sens pour retrouver mes chaussures, j'aperçois Eun-hee qui sort de la cuisine. En fait, je suis chez moi. Heureusement que je me souviens encore de Heun-Hee. (p. 51)".

A personnage atypique, histoire atypique. Tout en philosophant et en écrivant de la poésie, le vieillard qui cite Montaigne ("Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie". (p. 12)) tente tant bien que mal - et plutôt mal - de commettre son dernier meurtre. La narration est fragmentaire, parcellaire et nous n'avons accès qu'à ce que note Kim. Rien de morbide, ni de macabre, l'auteur faisant de l'humour noir : " Lorsqu'on voit du sang goutter du coffre d'une Jeep de Chasse, on peut penser qu'il s'agit d'un chevreuil mort, mais moi, dans un cas comme celui-là, je pars plutôt de l'hypothèse qu'il contient un cadavre humain. Ca me paraît plus probable." ( p. 20). On retrouve beaucoup du ton et du style des films coréens comme The stranger de Na Hong-Jin ou Memories of murder, de Bong Joon Ho - cité par le narrateur - qui ont su renouveler le cinéma de genre. Ce court récit, savamment construit mais qui déconstruit les codes du roman policier, vous mènera à une fin surprenante  et donne envie de découvrir d'autres récits de cet auteur.

Kim Young-Ha, La mémoire assassine, Picquier Poche, 151 p.

Sur le web : A girl from earth,

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12 mai 2019

Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska : ISSN 2607-0006

DIEU EXISTE SON NOM EST PETRUNYA (2019) HD Streaming VOSTFR HD1080

Voici un film macédonien à ne pas rater ! Il était une fois une femme de trente ans, historienne sans emploi, victime des humiliations de sa mère, jugeant sa fille vieille, moche et incapable. Un jour, lors de la cérémonie orthodoxe de l'Epiphanie, elle assiste au lancer de croix qui apporte richesse et bonheur à celui qui l'attrappe. Seuls les hommes ont le droit d'aller la chercher. Sur une impulsion subite, Petrunya se jette dans l'eau et ressort victorieuse ! Rompant les traditions, les croyances et bravant l'autorité des hommes, elle est poursuivie comme une fugitive lorsqu'elle s'empare de la croix !

Si Dieu existe, son nom est Petrunya ressemblerait à un thriller féministe si la réalisatrice Teona Strugar Mitevska n'avait pas pris le soin de déconstruire bien des codes et des cadres filmiques. De nombreux regards face caméra interpellent le spectateur sur le sort des femmes, que ce soit celui d'une journaliste en prise avec ses problèmes familiaux, avec son cameraman ou que ce soit celui de Petrunya face à un patron qui tient des propos sexistes et des policiers machistes.

Mais la réalisatrice ne traite pas banalement que du féminisme, elle questionne plus globalement une société enfermée dans ses préjugés, "cimentée comme au Moyen Age" comme dirait la journaliste. Petrunya est donc "un mouton déguisée en loup" pour affronter les problèmes posés par la société contemporaine. Toujours séparée des autres par des vitres, des grillages ou une longue table d'interrogatoire, l'héroïne doit faire face à des convenances qu'elle saura dépasser.

Ne pensez pas que vous allez ennuyer vous car l'arc narratif ne cesse de surprendre à partir d'une situation initiale absurbe mais qui a réellement existée. Le film n'est pas dénué d'humour avec des scènes cocasses, où la mère de Petrunya profite d'un passage à la télévision pour pouvoir demander de l'emploi pour sa fille ou diverses interviews qui critiquent le non-sense de cette histoire. Surtout le film repose sur une actrice incroyable, attachante et rebelle par rapport aux conventions. La photographie du film est magnifique ! Ce long-métrage est une merveille !

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Copyright sistersandbrothermitevski

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Copyright Pyramide International

Dieu existe, son nom est Petruyna, de T. S. Mitevska, 2019, 1h40, avec Zorica Nusheva.

Sur le web : Dasola, billet dans lequel on trouve deux liens : Missfujii, Mymp,

Débat sur Dieu existe son nom est petruyna, Le cercle. Animé par A. Trapenard. Diffusée le 10 mai 2019. URL : https://www.mycanal.fr/cinema/debat-sur-dieu-existe-son-nom-est-petrunya-le-cercle-du-05-03/p/1534973

Sotinel Thomas, "Dieu existe, son nom est Petruyna" : échapper au joug du patriarcat par la nage", Le monde, mis en ligne le 1 mai 2019 . URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/05/01/dieu-existe-son-nom-est-petrunya-echapper-au-joug-du-patriarcat-par-la-nage_5456961_3246.html

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10 mai 2019

Martin Eden de Jack London : ISSN 2607-0006

 

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/martin-eden-9782367626888

Peut-être avez-vous déjà lu L'appel de la forêt de Jack London pendant votre enfance ? Peut-être que Croc-Blanc, ou Le peuple de L'abîme ont fait partie de vos lectures ? J'ai aussi lu de cet auteur Les contes des mers du sud, La peste écarlate et surtout Martin Eden. Les biographèmes sont nombreux dans ses récits qui portent l'empreinte de ses voyages au Klondike ( L'appel de la forêt) ou de son métier de marin.

Quels souvenirs ai-je gardés de Martin Eden lu il y a une vingtaine d'années ? Roman d'inspiration autobiographique, Martin Eden, pauvre jeune homme, tombe immédiatement amoureux de Ruth. Mais elle appartient à l'élite sociale empêchant Martin de se croire digne d'elle. Pourtant, c'est un homme qui s'est cultivé en autodictate, comme l'auteur. La fin funeste participe de l'aura romanesque de cette histoire d'amour impossible et du parcours atypique de Martin. " la lutte pour la survie" ( chapitre III), l'omniprésence de la nature, et la férocité de la société sont des thèmes qui traversent toute son oeuvre.

C'est grâce à la voix de Denis Podalydes que nous entendons l'histoire de Martin Eden ( vous pouvez écouter un extrait ici). La lecture est bein évidemment de belle qualité mais un peu monotone. La lecture est bien articulée, la voix est nette. Le ton égal permet une écoute agréable jusqu'à la fin du récit, sans avoir rien de remarquable.

Quelle finesse dans la description de la psychologie des personnages ! Martin Eden étant un pauvre marin mais intelligent, il exprime ses pensées à travers des métaphores et des images marines : " Dans son désarroi, il se comparait à un marin dans un navire inconnu, par une nuit noire, aux prises avec un gréement inaccoutumé.", ressent-il lorsqu'il discute avec Ruth (chapitre I) . Evidemment, double de l'auteur, Martin Eden est un conteur réaliste hors pair : "Il redevint lui-même et se plut à brosser un tableau réaliste de sa vie devant son auditoire. [...] Revivant la scène, en conteur inspiré, il leur peignit les flots déchaînés, les hommes et les navires avec une telle puissance d'évocation qu'ils finirent par voir de leurs propres yeux ce qu'il avait vu"(chapitre II). Quelle naïveté dans le caractère du personnage ! Mais comme il est touchant aussi dans sa lucidité féroce !

Les descriptions des classes sociales sont tout aussi saisissantes. On nous décrit avec de nombreuses images la vie de ces ouvriers comme la soeur de Martin, les grisettes qu'il rencontre, et celle des nantis comme Ruth et ses frères ou les estivants de l'hôtel où travaille le héros. Pour gagner de l'argent, il devient blanchisseur. Sans idéalisation, l'auteur du Peuple de l'abîme décrit l'engrenage de l'alcool, de l'endettement, de la précarité. Les bourgeois, qui refusent de voir "le vrai visage de la pauvreté" ne sont pas épargnés et caricaturés à travers des répétitions subsumant leur mode de vie : "valeurs établies" et convenances.

La critique des apparences et des préjugés n'a rien perdu de sa force : " Une chose était sûre : dans la mesure où les Morse n'avaient pas voulu de lui à cause de ce qu'il était et de ce qu'il écrivait alors, ils ne pouvaient l'honorer aujourd'hui qu'en vertu de sa célébrité, de sa position dans la société ou encore - savait-on jamais ? - de ses cent mille dollars. Voilà comment la bourgeoisie évaluait un homme. Mais il avait sa fierté et méprisait  ce type d'évaluation" ( chap. XLVI)

"Le monde réel était dans son esprit" ( chap. XI)

 Comment Martin va-t-il conquérir Ruth ? En écrivant. Les nombreux refus des éditeurs ne le rebutent pas et il lutte pour se faire publier. Dans le champ littéraire de l'époque qui ne propose à l'époque que deux écoles - celle de l'idéalisation ou au contraire celle où l'homme est considéré "comme une motte de terre" - J. London réussit à allier les deux, poésie et réalisme social, comme son alter ego Martin Eden.

"Poussière d'étoiles" (chapitre XXXII)

Roman autobiographique, roman d'initiation, roman d'une vocation littéraire et roman sentimental, roman réaliste, Martin Eden est un véritable chef-d'oeuvre qui présente des images puissantes. Celui qui écrivait "j'aime mieux être un météore superbe [...] plutôt qu'une planète endormie" donne à voir ce flamboiement dans l'écriture et le destin de Martin Eden. Un récit enthousiasmant, bouleversant, captivant de la première à la dernière ligne ! Un livre culte !

Martin Eden, Jack London, Audiolib, lu par Denis Podalydes, 13h21, 2019.

Audiolivre écouté dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

ses romans : La peste écarlate, exposition Jack London dans les murs du sud,

Sur le web : La compagnie des auteurs. 2017. "Jack London, une philosophie de la vie" (4/4). Animée par Garrigou-Lagrange. Diffusée le 18 décembre 2017.

Le temps d'un bivouac. 2017. "Les mille et une vies de Jack London". Animée par Daniel Fiévet. Diffusée le 17 août 2017.

 Jack London, une aventure américaine, Viotte, Arte et la compagnie des Indes, 1h36, 2016.

Les nuits de France culture. 2016. "Noël Mauberret : "Le style de Jack London est un étonnant mélange de Maupassant et Rimbaud". Animée par Philippe Garbit. Diffusée le 27 août 2017.

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08 mai 2019

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro : ISSN 2607-0006

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http://6pieds-sous-terre.com/zai-zai-zai-zai-un-road-movie/-u946

Fabcaro présente un univers déjanté dans ses BD ou ses romans. Cet univers rappelle celui de Quentin Dupieux, où le quotidien devient absurde et improbable : le bédéiste n'a pas sa carte du magasin au moment de payer ses courses. Aussitôt, il est pourchassé comme un dangereux délinquant. Voici trois raisons de lire cette BD si ce n'est pas déjà fait !

1. L'humour : Fabcaro sait créer des décalages des plus comiques. Se mettant en scène comme un bédéiste humoristique, voyons la définition qu'il en donne : " il s'agit d'un courant d'auteurs qui s'inspirent de situations du quotidien et les déforment de manière à détendre les gens, voir en dans certains cas à les faire sourire". Effectivement, le sourire, voire des explosions de rire, nous quitte pas devant ce road movie déroutant. Dans sa fuite éperdue, le bédéiste fait du stop. Qu'arrive-t-il au personnage principal ? "Et allez évidemment, un groupe de gospel pile là où je fais du stop, classique", constate-il ! Les détournements d'objets du quotidien sont parfaitements risibles : l'auteur menace le vigile avec un poireau et ce dernier menace notre anti-héros de faire une roulade arrière !

2. L'art de la chute : les planches se succèdent mais les personnages et les intrigues ne se suivent pas. D'une planche à l'autre, on découvre différents protagonistes qui commentent les événements. Ce mode de narration contrevient au "systématisme dans les schémas de narration". Cette première surprise est redoublée par la chute de chaque planche : les brèves histoires de chaque page ou double page se terminent par une pointe. Un homme révèle à sa femme que lui aussi a fait des courses. Lui est-il arrivé une mésaventure comme celle du personnage principal ? Sa femme est inquiète ! Mais non, il n'est plus qu'à 37 points de l'appareil à raclette ! Devant une telle félicité, le couple s'embrasse et la jeune femme déclare : " Parfois, j'ai peur que tout ça ne soit qu'un rêve" !

3. La satire : mais de qui se moque-t-on dans Zaï zaï zaï ? Facaro dénonce aussi bien la vacuité des discours des médias que celle des discussions des citoyens envahies par les clichés. La police et les politiciens ne sont pas épargnés. A travers l'aventure héroïcomique de la carte de fidélité, se profile une dénonciation de la consommation de masse, des complotistes ( l'auteur faisait ses courses dans un super U lorsqu'il est poursuivi. Or c'est bien connu, selon un complotiste, "Super U → UB40 → 40 → guerre de 40 → Juifs" !), des antisémites, de l'intolérance, du politiquement correct et de l'individualisme. Par exemple, le bédéiste en cavale fait du stop. Un automobiliste s'arrête et explique : "Je ne peux pas vous prendre, je suis assez individualiste, je préfère être seul et écouter ma musique tranquille que d'avoir à engager une conversation avec quelqu'un que je ne connais pas" ( on peut aimer aussi le politiquement incorrect où une personne dit ce qu'elle pense sans cacher son discours sous de faux bons sentiments) ! Zaï zaï zaï a sa place dans la bédéthèque idéale !

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Si la pièce radiophonique est jouée près de chez vous, allez voir les dialogues absurdes et critiques de Fabcaro mis en scène par Paul Moulin. Vous serez projetés dans l'univers de la BD : le texte est gardé à 90 pour cent. Ce projet est parti d'une commande du théâtre Rungis pour la saison 2017-2018, qui renouvelle la fiction radiophonique.

Avec vivacité, musiques, et bruitages, les comédiens font revivre le road trip inventé par le bédéiste. Les sons ingénieusement rendus, grâce notamment à un poireau, immergent le spectateur dans l'univers de Zai Zai Zai Zai. Les voix des acteurs sont modulés en fonction des personnages représentés, de même que leurs expressions et mouvements - on retrouve avec plaisir les deux amoureux consuméristes, le vigile égocentré, la satire des écrivains - et les captations sonores permettent de recréer les différents lieux du récit. Si vous avez ri en lisant les dialogues de la BD, vous ne pourrez qu'apprécier le spectacle trépidant, créatif, orginal, grinçant, humoristique et burlesque ( c'est un vrai plaisir de voir la roulade arrière, celle qu'il rate, du vigile !).

Dans les dernières lignes de l'article de J. Lachasse, on apprend que l'écriture d'un scénario est en cours. Fabrice Caro ne doit rien divulguer. Quentin Dupieux est-il derrière ce projet cinématographique ? Ce serait parfait !

Fabcaro, Zai zai zai, 6 pieds sous terre, Bulgarie, Octobre 2018.

Zai zai zai, Pièce radiophonique, mise en scène par Paul Moulin, avec Aymeric Demarigny, Ariane Begoin, Maïa Sandoz, Aurélie Verillon, Maxime Coggio, Élisa Bourreau, Christophe Danvin et Cyrille Labbé.

Théâtre des Quatre Saisons - Parc de Mandavit - 33170 Gradignan

Sur le web : Saxaoul, Hélène,

Le Saux Laurence, "Bédéthèque idéale #92 : “Zaï zaï zaï zaï”, le goût pour l'absurde de Fabcaro", Télérama, mis en ligne le 21 mars 2018. URL : https://www.telerama.fr/livre/bedetheque-ideale-92-zai-zai-zai-zai-le-gout-pour-l-absurde-de-fabcaro,128180.php

Lachasse Jérôme, "BD: plongée dans l’univers de Fabcaro, l’auteur à succès de Zaï zaï zaï zaï", BFMTv, mis en ligne le 28 juin 2018. URL : https://www.bfmtv.com/culture/bd-plongee-dans-l-univers-absurde-de-fabcaro-l-auteur-a-succes-de-zai-zai-zai-zai-1479884.html

Schmitt Amandine, "Le Grand Prix de la Critique pour "Zaï zaï zaï zaï", la BD qui se moque de l'état d'urgence", Bibliobs, mis en ligne le 27 janvier 2016. URL :https://bibliobs.nouvelobs.com/bd/20160127.OBS3464/le-grand-prix-de-la-critique-pour-zai-zai-zai-zai-la-bd-qui-se-moque-de-l-etat-d-urgence.html

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04 mai 2019

L'art de la joie de Goliarda Sapienza : ISSN 2607-0006

art de la joie

 https://www.audiolib.fr/livre-audio/lart-de-la-joie-9782367628318

Comme le rappelle Julie Navarre dans la biographie radiophonique de Goliarda Sapienza, dans Une vie, une oeuvre, sur France culture, l'histoire de la publication de L'art de la joie est incroyable : la romancière a tout vendu pour pouvoir écrire ce roman et il a fallu plus de 20 ans pour qu'il soit publié. Sa mort est passé inaperçue de même que cette oeuvre, traduite seulement en 2005 en français.

Dans L'art de joie, Modesta enfant est abusée par un homme inconnu, se présentant comme son propre père, ( l'est-il vraiment ?) et pour échapper à un destin misérable entre une mère pauvre et une soeur qui a le syndrome de Down, elle brûle sa maison et sa famille. Recueillie dans un riche couvent, elle apprend la musique, l'astrologie et à écrire, " même si on lui apprend que la femme ne peut jamais parvenir au savoir de l'homme". Cependant, elle déteste l'univers catholique dans lequel on essaie de plier son corps et sa morale. "Il fallait agir", se dit-elle. Ayant obtenu les faveurs de la mère supérieure, à sa mort, à laquelle Modesta n'est pas étrangère, elle se retrouve propulsée dans le monde.

Personnage hypocrite, mais animée par la soif du savoir, elle admire la princesse chez qui elle est recueillie parce qu'elle est "une femme volontaire et forte comme un homme". Comme les picaros du XVIIeme siècle, Modesta va traverser tous les milieux et indirectement, à travers les dialogues des personnages, on découvre la vie des couvents sicilens au début du XXeme siècle mais aussi celle des aristocrates et des allusions politiques évoquent Mussolini et la guerre. Comme les traditions sont tenaces ! Etre athée signifie être un hérétique en ce début de siècle. Saisissant toutes les opportunités, l'héroïne devient peu à peu la "petite patronne" du domaine de la princesse. Comme Le guépard de Lampedusa, L'art de la joie évoque le déclin de l'aristocratie.

La voix vive de Valérie Muzzi ( écouter un extrait ici) convient parfaitement avec l'itinéraire extraordinaire de Modesta et son caractère volontaire. Les petits préludes musicaux introduisant les plages d'écoute - même si elles sont très courtes - semblent changer, ce qui rompt la monotonie. Les plages brèves permettent une écoute quel que soit l'endroit où vous êtes et contribuent à la vivacité du récit. On peut aussi souligner la performance de cette lectrice au vu de la longueur du roman. Toutefois, on peut regretter des changements de voix exagérés, inutiles lorsque les lectures ont une telle qualité.

Cependant, j'ai arrêté l'écoute après la plage 71 sur les 107, après deux abandons passagers, car Goliarda Sapienza parle beaucoup du désir féminin dans ce roman : elle décrit donc avec de nombreux détails et longuement les scènes sexuelles qui sont nombreuses par moments. L'héroïne, par opportunisme ou par simple envie, couche susccessivement avec sa belle-soeur, et les nombreux hommes qui passent à portée de sa main tels que les fils de son premier amant, le mari de sa belle-soeur, ou Joyce qui vient de tenter de suicider... Les scènes crues dérangent par leur fréquence et leur mièvrerie digne d'une arlequinade ou d'un roman érotique, au point que je redoutais la suite...

Les qualités sont nombreuses dans ce roman mais je n'ai pas réussi à surmonter ma répugnance pour les futures scènes crues que je pressentais peut-être à tort... Alors que j'étais ravie de découvrir cette auteure italienne, j'ai finalement été déçue par ces scènes gênantes et maladroitement écrites.

L'art de la joie, Goliarda Sapienza, Audiolib, lu par Valérie Muzzi, 23h10, 2019.
Audiolivre lu dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Une vie, une oeuvre. 2018. "Goliarda Sapienza ( 1924-1996) : La madone indocile". Animée par Julie Navarre. Diffusée 14 avril 2018.

 Landrot Marine, " trois raisons de (re)lire "L'art de la joie" de Goliarda Sapienza", Télérama, mis en ligne le 5 mai 2015. URL : https://www.telerama.fr/livre/trois-raisons-de-re-lire-l-art-de-la-joie-de-goliarda-sapienza,126102.php

 

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02 mai 2019

C'est le premier, je balance tout (avril 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez-vous faire lire

1) MES FILMS

"Le Livre d'image", la bande-annonce

Quelle audace dans le dernier documentaire Le livre d'image de Godard ! Diffusé actuellement sur Arte, vous pourrez découvrir une suite d'images issue de tableaux, de documentaires, de films, d'archives, défilant rapidement, inégalement, dans des couleurs saturées ou en noir et blanc. Les citations de films ou d'oeuvres sont courantes dans l'oeuvre godardienne. Ici, elles semblent inviter le spectateur a faire sa propre interprétation comme dans l'effet Koulechov.

"Ces fleurs entre les rails, dans le vent confus des voyages" ( carton 5)

Débutant sous le signe d'Un chien andalou de Bunuel, ne peut-on pas y voir l'expression de l'absurdité de ce monde ? N'est-ce pas une grille de compréhension proposée aux spectateurs ? Les sons qui se superposent, pas toujours audibles et dans différentes langues, créent un effet de chaos, propre à la vision du monde contemporain par Godard. De même, on remarque de nombreuses scènes en lien avec la guerre, puis avec les trains, "l'esprit des lois, le Moyen-Orient : violence et déferlement des images, ne sont-ils pas représentatifs de notre monde ? Ces citations de tableaux, de films et d'extraits sont si nombreux qu'on peine à trouver leur source et leur sens, si l'on ne connaît peu ce réalisateur.

Une fois habitué au rythme syncopé du montage, voire epileptique, on peut apprécier l'originalité de ce documentaire et une vision esthétique radicale.

Le livre d'image, Godard, 1h34, 2018.

Macheret Mathieu, " Le livre d'image" : Jean-Luc Godard ivre d'images", Le monde, mis en ligne le 24 avril 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/24/le-livre-d-image-jean-luc-godard-ivre-d-images_5454280_3246.html

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« Le Livre d’image » (2018), un essai cinématographique de Jean-Luc Godard. GRANDFILM

Rupert Wyatt, qui avait auparavant réalisé La planète des singes, les origines, un film un peu bancal - a refait un film de science-fiction à nouveau bancal. Captive State montre de manière originale comment un groupe de résistants s'oppose à des aliens qui ont envahi la planète, comme le démontre le critique Jean François Rauger dans Le monde cinéma. Toute la première partie du film montre les rouages de la résistance, comment des individus s'organisent pour lutter contre des envahisseurs.

On retrouve, comme dans Aliens de J. Cameron, une esthétique rétro-futuriste, où la technique s'allie à d'anciennes technologies. L'exposition très longue et répétive crée l'ennui et laisse trop longtemps le spectateur dans l'attente d'une action qui ne viendra que dans les quinze dernières minutes. Surtout, la multitude des personnages empêche une quelconque empathie. Leur traitement superficiel ne permet à aucun moment de s'attacher à eux, de ressentir leur angoisse. Ce n'est clairement pas le meilleur film de SF de ces dernières décennies.

Captive state, Rupert Wyatt, avec John Goodman, Vera Farmiga, Ashton Sanders, 1 h 49, 2019.

Autre film : La planète des singes, les origines.

Sur le web : No ciné, Captive State, 3 mars 2019.

Rauger, "Captive state : rébellion", Le monde, mis en ligne. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/03/captive-state-rebellion-contre-la-tyrannie-alien_5445023_3246.html

2) MES LIVRES

J'ai écouté quelques nouveaux audiolivres pour le prix Audiolib 2019 : Ca raconte Sarah de P. Dellabroy-Allard, Un gentleman à Moscou de Towles et  Fief de D. Lopez. Avec Le bal de Sceaux de Balzac, une lecture commune s'achève et nous poursuivrons le 23 mai avec "Memoth réconcilié" et le 22 juin avec La maison Nucingen.

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3) MES ACHATS

Un dernier audiolivre est arrivé : Martin Eden de Jack London ! J'ai enfin acheté une BD de Facaro ( Zaï Zaï Zaï) et un de ses romans ( Figurec). Dans ma PAL, s'est ajouté La salle de bal de Hope, L'isle lettrée de M. Dunn repéré chez A girl from earth. J'ai ajouté une nouvelle autobiographie d'une romancière américaine dans ma PAL : Illuminations et nuits blanches de Carson McCullers.

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Posté par maggie 76 à 07:27 - - Commentaires [18] - Permalien [#]