04 juin 2018

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam : ISSN 2607-0006

 L' HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE - Bande annonce VOSTFR (2018)

Un film, est-il de l'art ou de l'industrie ? Où s'arrête le rêve, quand commence la folie ? Tout ce questionnement et bien d'autres interrogations se retrouvent au coeur de L'homme qui tua don Quichotte. Avant même sa sortie cannoise, le film de Terry Gilliam a connu des déboires, des infortunes dignes d'un roman feuilleton avec un tournage apocalyptique, un imbroglio judiciaire... au point de mériter un documentaire légendaire " Lost in la mancha".

Le réalisateur a mis 20 ans pour raconter l'histoire de Toby, réalisateur de pub, désabusé, qui tombe par hasard sur son film de fin d'études, qu'il avait tourné dans un petit village espagnol. Ce film à l'instar des romans de chevalerie pour don Quichotte de Cervantes bouleverse la vie d'un cordonnier, qui se prend pour le véritable chevalier à la triste figure et d'une jeune fille, qui rêvera de devenir actrice. L'image pousse à la démence. A partir de la redécouverte du petit village et des principaux protagonistes de son film d'étudiant, le réalisateur est pris dans une mécanique de la folie : il est contraint de suivre les chimères du cordonnier se battant contre des moulins, rencontrant sa dulcinée... Chutes, gags, fuites, quiproquos se succèdent dans un rythme effréné.

"Il faut le laisser aller jusqu'au bout de ses rêves" : Folie, obsession, rêve, voici des thèmes centraux du film qui concluent crépusculairement sur l'aboutissement d'un rêve qui ne peut se finir que par la mort ou par la folie. Le film de fin d'études de Toby se superpose aux images du spot publicitaire et fait même référence, de manière métafilmique, au long métrage que nous voyons. Différents niveaux de réalité se côtoient et on ne sait jamais réellement où se situent les limites du rêve et de la réalité. La surenchère d'inventions devient un peu longue dans la dernière partie de ce film admirable. On peut surtout regretter que l'aliénation ne soit pas plus visuelle ( comme dans L'enfer de Clouzot avec des images psychédéliques ou des distortions du temps comme dans Shining de Kubrick). Malgré la déception des fanatiques de la première heure, l'esthétique et les questionnements de ce film sont passionnantes.

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam. Avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Olga Kurylenko (2 h 12), 2018

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Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »

 

Posté par maggie 76 à 21:29 - - Commentaires [11] - Permalien [#]