07 septembre 2017

Rosa Montero, Le poids du coeur

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A la page 152, le personnage principal, la répliquante Bruna Husky, des Larmes sous la pluie fait elle-même un bilan de la situation : " Tout un coup le monde entier semblait être devenu radioactif. D'où l'intérêt de cette ancienne mine d'uranium. Un diamant volé, une fausse veuve, une épouse morte, un accident simulé, deux cadavres réels, un bras amputé, un rapport d'incident sanitaire escamoté et de la radioactivité partout" (p. 91). Ainsi Bruna enquête sur un cimetière nucléaire tout en faisant face à de nombreux problèmes, notamment ses problèmes existentiels. Alors que les heures de la répliquante sont comptées ( il ne lui reste que 3 ans à vivre), elle se bat pour plus de justice.

Ce nouvel opus lorgne vers le space-opéra puisque la répliquante doit poursuivre son enquête sur Labari, planète artificielle : là on découvre une société médiévale en quelque sorte, qui en imite l'esthétique mais qui permet à l'auteur de dénoncer un système de castes, notamment la place accordée aux femmes. Non seulement ce roman de SF aborde de multiples sujets passionnants (écologique, téchnologique, politique) mais en plus, il ne manque pas d'humour avec quelques personnages secondaires bien campés. Il faut aussi savoir que les remarques scientifiques sur la radioactivité, présents dans ce roman, reposent sur des faits réels et dans les remerciements, Montero nous conseille Into Eternity, un documentaire de Michael Madsen. On attend la suite des aventures passionnantes de l'androïde !

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Dans ce documentaire, le réalisateur s'interroge sur le stockage des déchets racioactifs. Qu'en faire ? En Finlance, se construit un tunnel qui permettraient de les stoquer pendant 100 000 ans. En attendant, dans quelles conditions sont-ils gardés ? Comment protéger les générations futures de ce lieu ? En s'appuyant sur des images tournées à Onkalo même (où une partie du livre se déroule), sur des interviews de scientifiques, Madsen livre un intéressant documentaire, bien qu'un peu lent et répétitif. On peut regretter, marketing oblige j'imagine, la mention sur la jacquette de "meilleur film de SF depuis 10 ans" ! Into eternity n'est ni un film, ni de la science-fiction.

Madsen, Into Eternity, 1h15

Rosa Montero, le poids du coeur, Métaillié, 357 p.

Du même auteur : Les larmes sous la pluie.

Posté par maggie 76 à 21:19 - - Commentaires [14] - Permalien [#]