26 mai 2017

Le tunnel, Kim Seong Hoon

tunnel_film-affiche

Contrairement aux films catastrophes américains qui jouent des effets spéciaux et d'une surenchère de dramatisation, ce film coréen repose sur la sobriété et ajoute une question sociétale. Dans Tunnel, le héros se retrouve coincé sous les décombres d'un tunnel qui s'effondre. Que faire ? Heureusement, le héros a un téléphone portable qui lui permet de contacter les secours. Ces derniers entreprennent tout de suite des recherches, qui vont s'avérer extrêmement difficiles en raison de l'ampleur des dégats et des problèmes techniques liés au sauvetage.

Comme dans les autres films coréens, Tunnel allie plusieurs genres, notamment l'humour au film catastrophe ( même cas dans The Host qui mêle humour et fantastique, ou la parodie de film de Zombie dans Dernier train pour Busan). Plusieurs scènes sont véritablement burlesques avec un chef des sauveteurs qui doit faire face à la maladresses physiques de co-équipiers. De plus, l'aspect sociétal n'est pas oublié : doit-on poursuivre des sauvetages de grande ampleur lorsqu'une seule personne doit être sauvée ? Doit-on continuer à construire des infrastructures sachant qu'elles ne correspondent pas forcément aux normes de sécurité ? La ministre et les politiques apparaîssent souvent, mais bien plus intéressés par les médias que par la victime. Un très bon film qui donne envie de découvrir Hard day du même réalisateur.

 Le tunnel, Kim Seong Hoon, 126 min, 2017

Billet de Dasola avec d'autres liens et billet de Trillian.

Posté par maggie 76 à 22:35 - - Commentaires [12] - Permalien [#]


21 mai 2017

Get out, Jordan Peele

nouvelles-affiches-uk-pour-get-out-01-203x300

Dans Qu'est-ce qu'un bon film ?, Jullier énonce 6 critères pour reconnaître un bon film, auxquels répond Get out. Dans ce film, Rose décide de présenter son copain noir, Chris, un photographe. Son ami Rod, un gardien de la sécurité, veut l'en empêcher, pressentant des problèmes. Avant leur arrivée dans un village caricatural avec les maîtres de maison blancs et les domestiques noirs, les deux jeunes gens heurtent un daim : commence alors une bonne alliance entre angoisse et humour...

1. Un succès commercial ? Avec 4,5 millions de dollars qui a engendré 172 millions de dollars de recette ( cf. Le monde, " Get out, Frankenstein à l'épreuve du racisme contemporain" ici), le film de Jordan Peele est un succès commercial inattendu.

2. Bonne technique : une ouverture qui ne prend sens que vers la fin du film, des échos d'images mais peu d'effets spéciaux inscrivent ce film dans la lignée des séries B, sans tomber dans le nanar.

3. Apprendre quelque chose : Le discours du film n'est certes pas nouveau mais amène une fois de plus à s'interroger sur les problèmes raciaux.

4. Cohérence : excepté certains moments pleins d'hémoglobines et un dénouement un peu brutal, au regard du reste du film qui installe lentement une atmosphère inquiétante, le film propose une narration très cohérente.

5 L'originalité : Jordan Peele arrive à parler du racisme ordinaire d'une manière renouvelée, en montrant une brutalité plus verbale et psychologique que physique. Le réalisateur joue avec adresse des codes des films d'horreur, notamment Frankenstein, les maisons hantés, les morts-vivants...

6. Emotion et plaisir : effrayant, intrigant, angoissant avec des moments hilarants, sans tomber dans la parodie ! Un film à voir !

Get out, de Jordan Peele, avec Allison Williams, Daniel Kaluya 2017, 1h44

Billet de Dasola

Posté par maggie 76 à 10:32 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

07 mai 2017

Borrmann, Rompre le silence

9782253092902-001-T

Rompre le silence est le premier roman de Metchild Borrmann, paru en 2013 et qui a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne ( le Deutscher Krimipreis). Elle a depuis écrit cinq romans, dont Le violoniste. Effectivement, ce roman policier est efficace car il ne distille les renseignements que de manière parcimonieuses par des analepses. Le lecteur curieux attend donc avec impatience des informations. Robert Lubisch découvre, dans les papiers de son père décédé, avec lequel il ne s'entendait guère, une photographie d'une belle femme et une carte d'identité SS. Qui est cette femme ? A qui appartient ces papiers nazis ? Une journaliste décide d'aider Lubitsch mais elle est rapidement assassinée. Pourquoi a-t-on voulu la faire taire ?

L'intrigue nous pousse à tourner les pages. Pourtant, les personnages paraissent sans épaisseur, stéréotypés, prévisibles. On n'arrive pas à s'attacher à l'enquêteur, ni au personnage principal ( qui n'est pas Robert Lubisch), ni à leurs états d'âme. La deuxième déception dans ce roman vient du contexte historique. L'évocation de l'Allemagne nazie ne sert que d'arrière-fond à l'histoire : l'auteur a plus reconstitué une ambiance qu'une période historique ( on peut voir l'indulgence des autorités publiques lors de la dénazification, la propagande etc...) . Une lecture entraînante mais qui n'est pas indispensable...

Rompre le silence, Borrmann, Livre de poche, 286 p.

Merci livre de poche pour ce partenariat !

Posté par maggie 76 à 09:49 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

01 mai 2017

C'est le premier, je balance tout (mai 2017)

aff_VermeerCouvCatalogueBATf5916d9d69_640

VERMEEEEER !!!!! Je rêvais de voir l'expo au Louvre depuis un certain temps. Malheureusement, la visite a été quelque peu décevante. Après un long moment d'attente, on a pu accéder aux chefs-d'oeuvre hollandais. Là, on pouvait découvrir une douzaine de toiles du "sphinx de Delft" ( selon l'expression de Théophile Toré Burger). Des tableaux emblématiques de son art comme La dame au collier de perles ou La laitière étaient exposés. Mais à part le dialogue instauré avec d'autres peintres de l'époque tels que Gérad Dou ou Gabriel Metsu, la scénographie manquait singulièrement de recherche. Les tableaux étaient simplement posés là, sans beaucoup d'explications. D'ailleurs, l'album de l'exposition n'était pas très riche non plus. Le numéro consacré à Vermeer par Connaissance des arts est beaucoup plus riche d'enseignements : il replace ces peintres du siècle d'or dans le contexte de l'époque avant de donner des éléments plus symboliques. En effet, ces scènes quotidiennes qui appartiennent à la scène de genre élégante peuvent être lus de plusieurs manières ( en s'aidant notamment des ouvrages d'emblèmes de l'époque, comme celle de Cesare Ripa). En voici un exemple :  "Ces allusions et références qui peuplent fréquemment les scènes de genre de la seconde moitié du XVIIeme siècle sont moins évidentes aujourd'hui. De même, l'oeuvre de Gabriel Metsu, Jeune femme lisant une lettre ( * ci-dessous), à côté de laquelle une servante, de dos, contemple une marine, resterait pure énigme si on ne la rapprochait pas du vers "l'amour est comme la mer, l'amant comme un navire", tiré du livre d'emblèmes amoureux de Jan Hermansz Krul. Le tableau dans le taleau, dévoilé par la servante donne un éclairage complémentaire à la scène. De son côté, sa maîtresse, plongée dans la lettre de son fiancé semble impatiente de le revoir. En témoignent une pantoufle égarée au sol, métaphore du désir, et un dé à coudre augurant de leur prochaine union, ainsi qu'un petit chien, compagnon impusilf et atelant. Mais au-delà de ces motifs, l'oeuvre loue en filigrane les vertus de la résignation, de patience et de fidélité dont la jeune femme devra faire preuve. Doublant son propos d'une mise en garde, Metsu la prévient des dangers des amours errantes et tumultueuses, qu'incarnent les flots agités de la marine" ( p. 18)

aff_VermeerCouvCatalogueBATf5916d9d69_6403818_product_page_description_box_two_columns_imagelisantlettre2

*Metsu, Jeune fille lisant une lettre

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, Hors-série, Connaissance des arts, 67 p.

L'album de l'exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, Louvre édition, 46 p.

Il existe aussi un roman de Tracy Chevalier La jeune fille à la perle et l'adaptation de Peter Webber.

Toutes les informations sur le site du Louvre. Expo Vermeer : billet de Dasola,

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapin

C'est le premier mai, je balance tout ( titre et logo d'Allez vous faire lire  que vous trouverez ici).

1) FILMS

th

Un survival spatial qui se laisse regarder même si le scénario ressemble un peu trop à celui d'Alien.

Life d' Espinosa, avec Gillenhaal, Ferguson et Reynolds, 2017, 104 min.

le-proces-du-siecle_587332_4501

Un combat juridique réel, celui de Déborah Lipstadt contre David Irving, très instructif sur la justice britanique, le négationnisme mais filmé de manière très classique.

Le procès du siècle de Mick Jackson, 2017, Rachel Weisz

logan-james-mangold-tease-un-film-humain-image-une-631x250

On suit avec amusement et attendrissement le crépuscule d'un héros, destiné même à ceux qui ne sont pas fans de la série mais qui supportent des combats incessants...

Logan de James Mangold, Hugj Jackman, 2017, 2h17.

2) TOP ET FLOP

tops : Neverwhere de Gaiman Mamoud Darwich, La terre nous est étroite Le duc des vrais amants, Christime de Pizan

419XPQ87MKLproduct_9782070411245_195x3209782745326331_1_75

flop : Fureur et mystère, Char

5bba154647e8fd4614fe0c21d0cc2b37

3) ACHATS

9782253168751-001-T9782253066989-T9782020348966

Posté par maggie 76 à 12:30 - - Commentaires [23] - Permalien [#]