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Quoi de mieux pour passer de bonnes fêtes de fin d'année que la compagnie de Dickens ? Depuis A christmas Carol, la tradition anglaise allie histoire de fantômes et période de Noël. D'ailleurs la couverture reprend une illustration du fantôme de Marley par John Leech. Ainsi pouvait-on lire dans All the year round, journal auquel collaboraient Gaskell ou Collins, "Fantômes de noël", qui est une suite d'anecdotes comportant des spectres ou "La maison hantée"

Mais toutes ces histoires ne sont pas liées à cette période. Pourquoi y a-t-il autant de fantômes dans les nouvelles de Dickens ? La vogue du roman gothique de la fin du XVIIIeme siècle et du spiritisme dans les années 1850, inspirent nombres de ces histoires. D'autres, comme "Confession trouvée dans une prison", raconte la dernière journée d'un meurtrier : une autre influence se fait sentir dans ces "histoires", celle du roman policier. Dans "Confession trouvée dans une prison", le narrateur tue un enfant pour capter son héritage et il l'enterre dans son jardin. Mais le crime ne restera pas impuni. Il est aussi question de meurtre et de revenants dans "La chambre de la mariée" et "Le procès pour meurtre". "Le portrait de la belle inconnue" rejoint thématise le motif du tableau qui vampirise la vie d'une femme. Cette nouvelle plus développée que les autres rivalise, en suspense et en mystère, avec Le portrait ovale de Poe.

" On n'en finirait pas d'évoquer ces vieux manoirs, avec leurs couloirs envahis d'échos, leurs sinistres appartements d'honneur, et leurs ailes hantées condamnés depuis des années, tous ces lieux où nous pouvons déambuler avec des frissons de plaisir et rencontrer d'innombrables fantômes - même si, conviendrait-il de noter, ceux-ci se ramènent en fait à quelques grands types ou grandes catégories ; car les fantômes manquent d'originalité, et "hantent" des sentiers" battus." (p. 56, "Fantômes de noel"). Et c'est bien là le problème de ces nouvelles : à part la nouvelle "La chambre de la mariée" qui met en scène deux personnages comiques rappelant les caricatures enlevées de Dickens auquels s'ajoutent une intrigue à tiroir, les autres nouvelles sont des pastiches qui rassemblent des anecdotes autour d'esprits, trop courtes pour qu'on arrive à s'y intéresser. Toutefois, "Confessions trouvée dans une prison", "La chambre de la mariée" et "Le portrait de la belle inconnue" développent des atmosphères aussi sombres et mystérieuses que l'univers de Poe... Joyeux nël à tous !

Dickens, Des histoires de fantômes, folio, 314 p. L'avis de Lewerentz

Dickens, Un chant de noel, livre de poche, 182 p.

Merci Lewerentz pour cet envoi !