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"La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais à Manderley..." est l'incipit de Rebecca de du Maurier. Mais pourquoi un agent du service de renseignement militaires britanniques trouve ce roman, à moitié calciné, dans les papiers laissé par l'Afrikakorps ? Cet événement provient aprè l'arrivée d'un espion allemand au Caire. De l'affrontement de ces deux hommes va déboucher la victoire des Alliés.

Le code Rebecca est d'abord un roman d'espionnage, jouant du suspense. On nous montre l'affrontement de deux hommes aux caractères totalement opposés : l'espion Alex Wolf et le major Vandam. Les points de vue alternent entre plusieurs personnages, suspendant l'action, créant une attente autour de l'enquête du major, sa quête de l'espion allemand, et empêchant un manichéisme facile. L'un des personnages, une Egyptienne, exprime sa haine pour l'occupant anglais. Le comportement des Anglais est d'ailleurs critiqué à plusieurs reprises.

Dommage que l'auteur n'ait pas donné ses sources. On ne sait pas vraiment jusqu'à quel point Ken Follett a romancé la réalité. Quelques pages sont consacrées d'ailleurs à des batailles réelles comme celle de Gazala ou d'El-Alamein. La vie quotidienne du Caire est aussi décrite, avec des descriptions de voyage en train, de bagarres dans la rue, des commerces... De ce point de vue là, l'arrière-plan est intéressant.

Malheureusement, deux histoires sentimentales mal écrites viennent gâcher le plaisir de lecture : le major Vandam tombe éperdument amoureux d'une Cairote. Alors que les personnages, qui lisent le roman de Daphné du Maurier se moquent de ce livre sentimental, Ken Follett fait d'affreuses envolées lyriques culminant dans une scène que n'aurait pas renié un écrivain d'arlequinades ! L'auteur a-t-il parodié les romans d'espionnage ? Une question qu'on se pose lorsque l'on voit ces tristes pages.

Le code Rebecca, Ken Follett, Le livre de poche, 380 p.