26 avril 2015

Les quatre soeurs de Malika Ferdjouk et Lucie dubiano : ISSN 2607-0006

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Un roman graphique :

Le roman graphique oscille entre deux genres, comme l'indique son nom, mais le travail du texte est plus développé que dans une BD. c'est un genre où s'est illustré Posy Simmons*. Celui de M. Ferdjouk est particulièrement réussi et plaisamment illustré par L. Dubiano : les illustrations sont empreintes de légèreté, de couleurs vives, dans surcharges de détails tout en étant très précis sur les expressions du visage, rendant avec justesse les sentiments des protagonistes.

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Les quatre soeurs :

C'est une série de romans jeunesse parue à partir de 2003. Je ne l'ai pas lue encore mais j'ai pu apprécier la prose et les intrigues de M. Ferdjouk dans Minuit-cinq ou Aggie change de vie. Contrairement aux récits précités, Les quatre soeurs se passe dans le monde contemporain. Enid, Hortense, Geneviève, Bettina, Charlie sont des orphelines. Elles vivent dans une grande maison au bout d'une falaise escarpée et dépendent de leur horrible et avare tante Lucrèce qui ne semble capable que d'offrir d'hideux tableaux...

Les quatre soeurs raconte le quotidien des filles : Quels sont les problèmes de ces adolescentes ? Comment leur cohabitation se déroule-t-elle ? Quel est le caractère de chacune des soeurs ? Vous pouvez le découvrir grâce à des petites anecdotes illustrées sur une double planche. Elles développent un petit récit se terminant par une chute - chacune peut se lire indépendamment des autres - et elles forment au final, une intrigue qui se complète par touches...

L'amour, les relations entre soeurs, les relations amoureuses, les tâches quotidiennes, tous les sujets sont abordés avec humour. J'ai particulièrement aimé la propension à la rêverie de ces cinq jeunes filles, très attachantes, un imaginaire peuplé de références filmiques ( allusion à Donny Jepp dans Corsaires des Antilles), livresques et d'inventions langagières comme le "supernoelman". Une vraie bouffée de légèreté et d'humour !

Les quatre soeurs de Malika Ferdjouk et Lucie Durbiano, Je bouquine, 145 p.

*Posy Simmonds, Gemma Bovery, Tamara Drewe

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17 avril 2015

Apnée d'Aurélia Frey et E. Landon : ISSN 2607-0006

"Le noir au réveil quand on essaie de se rappeler d'un rêve" :

C'est ainsi qu'E. Landon qalifie très justement le travail d'Aurélia Frey, une photographe dont vous pourrez découvrir les oeuvres sur son Site Aurélia Frey. E. Landon contextualise la naissance d'Apnée à la manière d'un poème en prose, texte qui précède les photographies d'A. Frey.

"L'unique apparition d'un lointain si proche soit-il" ( W. Benjamin) :

Ce sont des photographies crépusculaires, baignées de gris bleuté, de noir, émergeant d'un brouillard, d'une lumière rasante... Représentent-elles un rêve ? Un cauchemar ? Un tableau ? Les objets, les arbres, les pièces vétustes se métamorphosent en un univers mélancolique qui m'évoque immanquablement les oeuvres spleenétiques des romantiques du XIXeme siècle. Il se dégage une atmosphère particulière de ces brumeuses photographies, une véritable aura, telle que la définit W. Benjamin dans Paris, capitale du XIXeme siècle.

L'aura, c'est ce qui échappe à la reproductibilité, la captation d'un instant qui ne se reproduira plus, le caractère unique d'une réalisation, l'échange fugitif entre celui qui a fait l'oeuvre et ceux qui la reçoivent. Plongez sans hésiter dans ces spectrales natures mortes...

Apnée d'A. Frey, E. Landon, aux éditions non pareilles, 64 p.

Je remercie Claudia (Blog Ma librairie ) pour m'avoir fait découvrir cet ouvrage. Vous pouvez vous inscrire sur son blog pour découvrir ce livre voyageur. Il est parti chez Aifelle.

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source : Apnée, Aurélia Frey

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11 avril 2015

Embrassons-nous Folleville/ L'affaire de la rue Lourcine de Labiche : ISSN 2607-0006

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Boulevard des cépucines de Béraud © Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

Après Feydeau, Labiche est certainement le vaudevilliste le plus fécond du Second Empire. Parmi les 160 pièces qu'il a écrites avec des collaborateurs, dont Un chapeau en Italie, toujours joué à la Comédie Française ou Le voyage de Monsieur Perrichon, certaines portent les caractéristiques de ce qu'on a appelé "la folie-vaudeville".

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La folie vaudeville :

Ce sont de courtes pièces en un acte dominé par la déraison : dans Embrassons-nous Folleville, le marquis de Manicamp veut marier sa fille Berthe au chevalier Folleville qui lui a rendu un service en cachant au roi une injure que lui a faite le marquis. Mais Folleville et Berthe ne s'aiment pas et tous leurs gestes de désamour sont mal interprétés par le père de Berthe, qui croit que le mariage est imminent. Le vicomte de Chatenay a été giflé par Berthe, en tombe éperdument amoureux et la demande en mariage, non sans casser une infinité de vases car tous ces personnages ont le caractère vif. Une même logique de déraison domine Le meurtre de la rue Lourcine. Un bourgeois, Lenglumé, s'éveille en ayant oublié une soirée d'ivresse. qui trouve-t-il dans son lit ? Non, pas une maîtresse mais un ancien camarade, qui serait son complice dans un hypothétique meurtre. Il est prêt à tuer pour préserver sa respectabilité.

"Une bête à mille pattes", c'est ainsi que Labiche définissait ses pièces : si le spectateur s'arrête de rire, si la mécanique de la pièce s'essoufle alors la pièce est un four. Et effectivement, dans chacune de ses pièces dès que le mécanisme est enclenché, les actions s'enchaînent à un rythme effréné. Comique de répétition, néologismes, pataquès, quiproquos s'accumulent vers le dénouement. Les intrigues frénétiques de ce dramaturge sont merveilleusement ingénieuses.

Le Second Empire de Labiche : 

Cependant, ces pièces ne sont pas de simples imbroglios savamment réglés. Dans Embrassons-nous Folleville, le mariage arrangé est vivement critiqué comme dans certaines pièces de Molière. Quant à L'affaire de la rue Lourcine, Lenglumé prône les valeurs bourgeoises, au point de commettre des crimes en leur nom. Fils d'un riche industriel, L'abiche critique les travers d'une classe socials qu'il connaît bien. L'allusion à Molière n'est pas anodine. Le vaudeville puise souvent dans d'autres textes et on se délecte devant Lenglumé se frottant les mains telle Lady Macbeth. Son crime renvoie au roman-feuilleton de l'époque. Témoignage des divertissements sous Napoléon III, avec ses couplets légers, les vaudevilles de Labiche n'ont rien perdu de leur vis comica.

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04 avril 2015

LES BREVES DU MOIS DE MARS 2015 : ISSN 2607-0006

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1. La série Bosh, et Les égouts de Los Angeles de Connely, Shelbylee, A Genoux de Connely, Océane

2.Le journal d'une femme de chambre, Mirbeau

3. Titine

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