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"Deux êtres profondément différents l'un de l'autre : l'un reconstruit sur des fragments de réel, l'autre imaginaire, mais nourri d'une bouillie de réalité" : ainsi M. Yourcenar décrivait ses deux oeuvres. Les mémoires d'Hadrien peuvent faire penser aux biographies de Suétone, par leur dimension anecdotique, privée, qui développe la vie de Néron, Caligula, décrivant précisément, de manière fouillée leur règne. De facto, l'empereur rend compte de son oeuvre politique, de l'histoire de la Rome du IIeme siècle... comme un "miroir du prince" qu'il adresserait à Marc-Aurèle, son successeur. Mais c'est aussi une méditation sur la mort : au seuil de la mort, Hadrien se juge, médite, confronte diverses philosophies tout en avouant sa fascination pour les différents cultes qu'il a contribué à restaurer. Mais Les Mémoires d'Hadrien ont parfois été appelés par la critique le "roman d'Antinous" : le culte insensé qu'Hadrien rendit à ce jeune homme frappa les historiens de l'époque et Marguerite Yourcenar dessine les lignes de cet amour si tragique qui imprègne le roman d'une grande mélancolie et d'un grand désespoir. Ce livre qui raconte la vie " d'un génie politique", réussissant à instaurer la paix dans l'Empire romain, est aussi une mytification et une poétisation des amours d'Hadrien. Le style togé - style académique, surfait, que les critiques dépréciaient -, la beauté de la langue si chère à l'auteur, enchante le lecteur dès les premières lignes. Et ciselé dans cette belle écriture, à travers la voix d'Hadrien qui relate sa vie, M. Yourcenar construit le véritable tombeau d'Antinous.

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" Je me suis gardée de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude", dit Zénon, le héros de L'oeuvre au noir. Personnage fictif, Zénon est proche de figures réelles comme Léonard de Vinci, Campanella... - que M. Yourcenar énumère dans ses notes. Toujours en fuite, et fuyant tout dogme, ce personnage de médecin, d'alchimiste traverse le seizième siècle qui est à feu et à sang, déchiré par les guerres d'Italie, les guerres de Religions.  Il vit dans un monde boschien ou bruegelien, où les rois sont les débiteurs de marchands cupides,  où les religieux sont des fanatiques, où tout ce qui n'est pas expliqué par le divin paraît hérétique.  Mais Zénon dit aussi : " La révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle". En effet, au delà du XVIeme siècle, Zénon incarne une figure de contestataire contre toutes les valeurs, tous ces " châteaux d'idées" qui enferment l'homme. Il incarne une certaine image de l'homme qui agit et choisit la liberté comme principe. Ecrit en 1968, L'oeuvre au noir éblouit par son style et par son personnage, qui résiste littérairement parlant - à une époque où Sarraute a proclamé "l'ère du soupçon" dans laquelle le personnage est entré -, et à tout dogmatisme. Est-ce le classicisme de son écriture qui voue M. Yourcenar à un relatif oubli ? Est-ce son érudition qui poussent les lecteurs à refermer ses romans ? Toujours est-il que ses deux magnifiques romans fascinent et éblouissent.

"Les bâtisseurs d'empire : l'empire romain", est un documentaire d'History Channel ( Engineering an Empire) qui s'attarde surtout sur les prouesses architecturales des Romains, de César à Claude.

Le premier siècle de l'Empire romain, Evocation très superficielle des premiers empereurs romains.

Lecture commune avec Claudia, Océane, Praline, Alison, Margotte.