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Quel roman ! Même lorsque l'on connaît le style du célèbre romancier victorien, nous nous laissons envoûter une fois de plus par l'ambiance énigmatique de La dame en blanc. et il faudra bien 500 pages pour dénouer tous les fils de cette histoire extraordinairement fascinante. Avec beaucoup de modernité, W. Collins emploie des voix différentes pour raconter l'imbroglio de cette dame en blanc. Qui est-elle ? C'est à travers les yeux d'un jeune peintre, Walter Hartrigh, qu'on la découvre. Mais elle n'est pas au coeur de cette sombre histoire d'héritage : l'héroïne est miss Fairlie. Celle-ci doit épouser un homme qu'elle n'aime plus depuis sa rencontre avec le jeune peintre. Cependant, son futur époux, pressé de se marier n'est guère choqué par cet aveu. Brusquement, le récit de Walter s'interrompt pour laisser s'exprimer un notaire, ami de la famille. Il ne connaît pas toutes les ficelles en jeu dans ce mariage mais est outré par le sort réservé à la jeune fille. Le ton est alors celui d'un jurisconsulte : le notaire prend soin de mentionner toutes les lettres reçues et énumèrent les biens de la jeune fille. Le lecteur impatient en sait déjà un peu plus sur la dame en blanc... Mais le récit des mésaventures de Miss Fairlie est continué dans le journal de sa demi-soeur, Miss Marian Halcombe : le mariage a enfin eu lieu...

Mais quelle habileté dans la narration ! Et quelle richesse dans les thèmes abordés ! On parle souvent de la misogynie des auteurs du XIXeme siècle, cependant, W. Collins a conscience de la vulnérabilité des femmes et en décrit tous les méandres juridiques qui fragilisent sa position dans cette société si corsetée où les hommes paraissent si cupides et si sournois. Vous vous doutez bien qu'outre toutes ces qualités, Wilkie Collins fait aussi preuve d'humour - même si le roman est d'une réelle noirceur - notamment lorsque miss Halcombe réfléchit sur le lien entre les personnes grasses et leur moral mais aussi à travers le personnage ridiculisé du mari ou de l'oncle Fairlie, malade imaginaire, avec une bouffonne collection de gravures, l'excentricité du comte Fosco et involontairement, lorsqu'on nous décrit la déchéance intellectuelle de Laura... Des faux rebondissements, l'importance des scènes nocturnes dans les cimetières, des usurpations d'identité, de diaboliques figures, le thème de la folie et les secrets dissimulés derrière des apparences nobles... font de ce roman le plus victorien des romans de W. Collins.

La dame en blanc, W. Collins, Phébus;

Participation au mois anglais organisé par Lou et titine, au challenge I love London organisé avec titine et au challenge myself organisé par Romanza