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Les photographies de Palomaki irradient de beauté : n'est-ce pas que cette photographie représentant deux jeunes femmes, à l'ombre d'un arbre, rappelle vaguement Le printemps de Millais ? Et cette petite fille, ne rappelle-t-elle pas les portraits de Julia Magaret Cameron ? Ces portraits se situent dans une tradition comme nous l'expliquent l’introduction de l'album de l'exposition : elles s'inscrivent dans l'oeuvre iconique d' August Sander ( 1876-1964)* ou de Diane Arbus ( 1923-1971)**.

Cependant, N. Palomaki arrive artistement à donner une impression surannée à ses photos : ses modèles sont photographiés généralement dans des décors anciens, face à l'objectif, dans un cadre épuré. Le noir et blanc fige ses modèles tout en donnant une impression de sérénité à ces personnes qui semblent vivre hors du temps. Cette photographe de l'école d'Helsinki nous livrent des visions en noirs et blancs de jeunes gens, s'inspirant de mises en scène réelles, dans des intérieurs bourgeois, de photographies françaises du début du XXeme siècle.

Sa fascination pour le passage à l'adolescence (l'âge des modèles est précisé à côté des prénoms dans le titre) et pour l'aspect historique des portraits ( de nombreuses photographies ont été prises en Normandie, notamment dans la maison Victor Hugo à Villequier) transparaît dans ces admirables photographies. Bien sûr, ces photographies sont la trace d'un souvenir mais elles contiennent une dimension esthétisant le quotidien. Dans l'introduction, "le silence d'un portrait", Peter Michael Hornung évoque très justement, à propos des photographies de Nelli Palomaki : " C'est leur force, en tant que descriptions de l'humanité empruntant le langage que véhicule toute expression photographique naturelle remarquable".

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august_sanders       *Ausgust Sander

Vous pouvez aussi voir ces photographies au musée Victor Hugo à Villequier, le site ici.