29 août 2012

Cinéma et littérature 3

 

Jane Eyre (2011) : bande annonce #1 VO

Cette nouvelle version de Jane Eyre déconstruit la narration chronologique du roman de Charlotte Brontë en commençant par la fuite éperdue de Jane Eyre de Thornfield-Hall : qui fuit-elle ? Pourquoi ? Des flash-backs nous permettent de découvrir son enfance et sa relation ombrageuse avec Rochester. Ce film esthétique est plus solaire, plus lumineux, plus romantique - n'occultant pas complètement l'aspect gothique - que les versions précédentes. Les paysages arides et déserts, des personnages tourmentés et secrets sont sublimés par la caméra de Fukanaga grâce à des cadrage audacieux - même Rochester défiguré reste séduisant - qui arrive tout de même à être fidèle au roman. Ce film - bien qu'ayant quelques imperfections comme l'amour de Rochester qui arrive très brutalement - fait de Jane Eyre une de ces héroïnes qui continuera longtemps à hanter  notre imaginaire...

Jane Eyre de Fukunaga, avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, 2012, 120 min.

vu aussi par Lou, titine, Miss Popila,.Shelbylee...

LES 39 MARCHES - Bonus VO

Voici encore un film de la période britannique d'Hitchcock dynamique et léger. Cette comédie policière relate les tribulations d'un canadien - Richard Hannay - qui est entraîné malgré lui dans une histoire d'espionnage et de surcroit accusé de meurtre. La situation de départ n'est pas banale : lors d'une soirée dans un music-hall, Richard rencontre une Mme Smith qui prétend que des plans ont été volés. Il faut empêcher la fuite de ces documents à l'étranger en se rendant en Ecosse pour démasquer le chef de cette conspiration. On assiste donc à une joyeuse suite de scènes burlesques notamment lorsque Richard se réfugie chez un couple de paysans écossais : le mari pointilleux et bourru croit à une idylle entre sa femme et le fugitif alors qu'elle l'aide simplement à échapper à la police et à ses poursuivants... De la ferme, il atterrit dans une sauterie, puis dans une auberge où la tenancière se croit en plein vaudeville... Avec des scènes épurées et à un rythme trépidant, le Maître crée une course-poursuite pleine de rebondissements et de retournements de situation culminant dans une scène finale qui révèle bien des surprises, notamment un "MacGuffin"*.

Les 39 marches, Hitchcock, avec Robert Donat, Madeleine Caroll, 1935. Adapté du roman les 39 marches de J. Buchan lu par Cryssilda et Titine. vu aussi par Miss Léo et Titine. Vous pouvez le visionner ici.

* Expliqué dans cet article très intéressant d'Arte.

François Truffaut-1968-La mariée était en noir

Une jeune femme, Julie Kholer prépare minutieusement les meurtres d'hommes qui figurent sur son carnet. Le mobile est assez vite dévoilé ; ce sont les assassins involontaires du mari de Julie le jour de son mariage... Dans ce film, Truffaut déclare ouvertement être influencé par son maître qui est Hitchcock. Mais que de longueurs ! Quel manque de suspense ! L'hommage hitchcockien me semble totalement injustifié : point de tension, ni d'humour noir. La vengeance s'éternise et se mécanise, tous ces morts n'arrivent pas à attiser le moindre intérêt pour ce film mortellement ennuyeux.

La mariée était en noir, Truffaut, adapté de The bride wore black de William Irish, 1967, avec Jeanne Moreau, 1h 47.

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Dernier film de Truffaut, Vivement dimanche est un film policier loufoque : Vercel est accusé du meurtre de l'amant de sa femme, Massoulier. Evidemment, il clame son innocence et c'est sa secrétaire, Barbara qu'il vient de renvoyer qui va mener l'enquête. Truffaut joue avec les codes du roman noir avec brio en choisissant comme détective amateur, une femme et en réutilisant maints clichés du film noir : des portes secrètes camouflés dans une bibliothèque, un suspect qui fume deux cigarettes en même temps par nervosité, beaucoup de scènes nocturnes et pluvieuses... tout porte ce film vers la série B que Truffaut a intentionnellement imité en tournant très rapidement les scènes ce qui amène des incohérences assez drolatiques. A cela s'ajoute des clins d'oeil cinématographiques et littéraires  disséminés dans le film-   Barbara joue dans une pièce Le roi s'amuse et une séquence rappelle psychose ; quant à la fin elle semble faire référence à Fritz Lang... - pour faire de ce film une parodie de série B très réussie....

Vivement dimanche, Truffaut, adapté de The long saturday nigth de Charles Williams, avec Fanny Ardant, Jean-louis Trintignant, 1h 46, 1983

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27 août 2012

Une femme disparaît, Hitchcock

UNE FEMME DISPARAIT - Bonus VO


Une femme disparaît est un film d'espionnage décalé et charmant : le complot ne semble qu'un prétexte à mettre en scène des britanniques dans des situations les plus rocambolesques ! Dans une auberge des Balkans, des touristes débarquent après l'arrêt de leur train dû à une avalanche. Comme dans une comédie, nous faisons la connaissance de divers couples singuliers, des obsédés du cricket, un musicien et spécialiste de la danse folklorique - Gilbert Redman - qui dérange le soir tout l'hôtel, notamment notre héroïne, Iris Henderson... Le lendemain, La jeune femme capricieuse et hautaine repart vers Londres pour se marier et fait la connaissance d'une affable gouvernante qui l'aide car Iris a failli être assommée par un pot de fleurs. Lorsque Miss Froy, la gouvernante, disparaît, toutes les personnes du train nient l'avoir vu, du serveur du wagon-restaurant aux occupants du compartiment d'Iris. A-t-elle des hallucinations comme le sous-entend un éminent docteur ? Est-ce un complot comme Iris le prétend ?

Beaucoup de détails savoureux et comiques viennent pimenter cette histoire de disparition inquiétante et mystérieuse : deux vieux garçons qui mentent pour ne pas rater un match de cricket, un couple adultère qui dirait n'importe quoi pour rester discrets, une religieuse portant des talons hauts, la gouvernante qui voyage avec son propre thé... L'enquête semble inextricable, car il faut ajouter à tout cela, un magicien, une fusillade, un détournement de train, des indices qui apparaissent et disparaissent, des témoignages contradictoires... Un train, une disparition, une enquête - avec un Gilbert comiquement et provisoirement déguisé en Sherlock Holmes - l'ambiance a le charme désuet des romans d'Agatha Christie... mais avec un humour très hitchcockien. Pas étonnant que ce film soit l'un des plus gros succès de la période anglaise Hitchcock : les personnages secondaires et les héros sont délicieux et malicieux, de même que l'humour des dialogues très enlevés, sans compter le fin mot de l'histoire d'espionnage complètement farfelue ! un film à découvrir absolument ici.

Une femme disparaît, Hitchcock, 1938, d'après le roman The Wheel Spins, Ethel Lina White, avec Margaret Lockwood, Michael Redgrave, 96 min

Autres films : La corde, Psychose, Mais qui a tué Harry ?,

L'avis de Miss Léo

Participation au challenge Hitchcock de Titine.

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25 août 2012

Bouvard et Pécuchet, Flaubert

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"Le roman a plus de libertés" ( p. 218) : Avec Bouvard et Pécuchet, Flaubert entreprend une "débalzacionisation" du roman (Biasi). Selon l'auteur lui-même, en le comparant à Nana sorti depuis peu, le livre aura autant de volupté qu'un ouvrage de mathématiques. Bouvard et Pécuchet sont deux anti-Emile, qui après toute une vie de modestes copistes, décident de se retirer à Chavignolles pour y étudier sans maître et avec anarchie toutes les disciplines et toutes les sciences de leur temps en puisant les savoirs dans les livres...

"Une tour de Babel de la sciences " ( Maupassant)  : Après l'achat d'une ferme, nos " deux vieillards abécédaires" ( Thibaudet) s'improvisent agronomes, puis horticulteurs. Mais leur jardin devient un anti-jardin romantique " effrayant" où une pagode chinoise côtoie une cabane brûlée et un tombeau étrusque ayant l'apparence "d'une niche de chien" au milieu des épinards. Après cet échec, ils se consacrent à la chimie : "les bouteilles de chablis, coupées avec du moût, éclatèrent d'elles-mêmes. Alors ils ne doutèrent plus de la réussite" ! Ainsi voguant d'échecs en d'échecs, ils lisent des ouvrages sur la politique, la philosophie et l'éducation... constatant à chaque fois une inadéquation entre les livres et le monde. N'est-ce pas le syndrome du bovarysme ? Ils constatent que le fixisme de Cuvier s'oppose aux théories de Darwin, différentes des théories de Saint-Hilaire ou de Lamarck. En ce qui concerne les gouvernements qui croire ? Rousseau  ou Helvétius ? Faut-il être neptuniste ou plutoniste ? Renvoyant dos à dos tous les discours, les deux cloportes constatent le vacillement de toute vérité et de toutes connaissances.

" Une espèce d'encyclopédie de la bêtise humaine" (Flaubert, Correspondance): Nos deux cloportes s'approprient physiquement ces connaissances, l'un s'affublant d'une couverture et prenant des airs mystiques pour figurer un saint et l'autre se couvrant d'un casque pour figurer un chevalier lorsqu'ils s'improvisent historiens. Que font-ils pour s'approprier des connaissances archéologiques ? Ils créent un musée et entassent un Saint-Pierre, des tuiles rouges, des chaînes, plus proche d'une "quincaillerie" que de pièces authentiques. Ils échouent dans l'éducation de deux enfants qu'ils ont adoptés : les personnages sont-ils bêtes ? La bêtise est-elle dans les livres ? Est-ce un défaut de méthode ? Bien que l'ironie et le discours indirect libre empêchent toute certitude, on constate que ce sont moins Bouvard et Pécuchet les imbéciles que les chavignollais qui les entourent ou leur manque d'esprit de synthèse. Ne dit-on pas au chapitre VIII qu'ils perçoivent la bêtise " des réclames de journaux", des bourgeois et des propos saisis au hasard et en sont affligés.

"Le comique d'idée" (Flaubert, Correspondance) : cet anti-roman sérielle n'est pas aussi ennuyeux que l'on pourrait l'imaginer même si certains passages sont fastidieux à lire de par leur érudition. L'ironie mordante et le comique sont omniprésents et apte à renverser les idées reçues. Bouvard et Pécuchet s’entraînent à la gymnastique. Voilà comment ils sont décrits : "La campagne étant plate on les apercevait de loin ; - et les villageois se demandaient quelles étaient ces deux choses extraordinaires, bondissant dans l'horizon". Et Pécuchet voit tout en noir car il a attrapé la jaunisse faute de pouvoir trouver une définition du beau... S'ajoutent à cela Le sottisier et le dictionnaire des idées reçues : une deuxième partie, inachevée, aurait été consacrée à la copie de citations par nos deux cloportes. Voici quelques perles :

- " Je comparerais volontiers le cultivateur au moment de la moisson à un général d'armée au moment de la bataille ( A. de Roville, La maison rustique).

- " De quel filtre les Parisiennes se servent-elle pour être toutes jolies au mois d'avril, même celles qui ne le sont pas ? Est-ce un don qu'elles tiennent du serpent qui les a tant aimées depuis le jardin d'Eden ? Amédée Achard, L'illustration.

- "c'est dommage que Molière ne sache pas écrire" ( Fénelon)

- "Cygne : chant du cygne parce qu'il ne chante pas. /  blanc comme un cygne, attendu qu'il y en a des noirs."

" L'ineptie est de vouloir conclure ( Flaubert) : Peut-on apprendre quelques choses dans les livres ? Selon Barthes, les savoirs dans les romans existent mais ils sont transmis d'une manière indirecte, " étoilés". L'écriture de Bouvard et Pécuchet avec la représentation de connaissances instables et des vérités inatteignables n'aboutit-elle pas à la construction d'un savoir, de facto une critique du figement des savoirs ? N'est-ce pas ce qui transparaît dans le passage suivant : "L'art, en de certaines occasions, ébranle les esprits médiocres; - et des mondes peuvent être révélés par des interprètes les plus lourds". (p. 211)

Flaubert, Bouvard et Pécuchet, Folio, 565 p.

autre roman : Madame Bovary

Quelques ouvrages à consulter : Bouvard et Pécuchet par Thibaudet

Les nouveaux chemins de la connaissance (France culture) : "La bêtise2/5 :  Barthes, lecteur de Flaubert".

Leçon littéraire sur Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert, par Jean-Paul Santerre, 130 p.

Fictions du savoir, savoirs de la fiction, Atlande, 320 p.

Lecture commune avec Céline. Son billet ici.

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23 août 2012

Brontë, Agnes Grey

978-88-541-3831-5

A Haworth, dans le Yorkshire, près du petit cimetière où est enterrée leur mère, les soeurs Brontë imaginent des romans aux résonances surprenantes, pleines de passions et de mystère, pour ces filles de pasteurs, élevées loin du monde. Ce n'est pas tout à fait le cas d'Agnès Grey, le roman d'Anne Brontë, la plus jeune des soeurs. Son livre est beaucoup moins romanesque et d’inspiration autobiographique : comme elle, l'héroïne est fille de pasteur, une déclassée lorsqu'elle voudra enseigner à des enfants de riches parvenus - les Bloomfield- qui lui montrent le même irrespect que leurs parents ou à des aristocrates vaniteux - les Muray -...

L'écriture simple et fluide confère à la narration un aspect plus informatif que romanesque : des portraits se succèdent à des scènes de pédagogie pour finalement laisser place à une romance. Quittant le monde idyllique de son enfance, l'héroïne naïve et candide des débuts découvre ainsi des personnages hypocrites, d'autres malfaisants. Bien que souffrant de sa condition inférieure, elle fait preuve de courage et persévère malgré de nombreuses plaintes sur son "bien-être"...  Ayant lu les Hauts de Hurlevent et Jane Eyre, le roman Agnès Grey souffre de la comparaison de prime abord. Dès les premières lignes, le ton est moralisateur : " toutes les histoires vraies portent avec elles une instruction, bien que dans quelques-unes le trésor soit difficile à trouver, et si mince en quantité que le noyau sec et ridé ne vaut souvent pas la peine que l'on a eue de casser la noix". Et tout au long du roman, elle prêche des valeurs de bonté et d'amour de manière assez ennuyeuse, mais heureusement rehaussée par d'amusantes caricatures de ladies vaniteuses dont elle a la charge. Dans le chapitre "Le bal", on peut donc voir Miss Mathilde Murray dire : "j'étais réellement charmante, du moins maman l'a dit et aussi Brown, Williamson. [...]Je sais que vous me regardez comme une fille frivole et engouée d'elle-même ; mais je n'attribue pas tout à mes attraits personnels. Je fais la part de mon coiffeur et aussi un peu de celle de mon exquise toilette[...]" . Voici un autre extrait pleine de drôlerie, une conversation entre Miss Mathilde et Miss Grey :  "Mais si je pouvais être toujours jeune, je demeurerais toujours célibataire. J'aimerais m'amuser le plus possible et à séduire le monde entier, jusqu'au moment où je me verrais sur le point d'être appelée vieille fille ; et alors, pour échapper à cette ignominie, après avoir fait dix mille conquêtes, je leur briserais le coeur à tous, un excepté, en prenant un mari noble, riche, indulgent, que cinquante ladies mourraient d'envie de posséder".  - Eh bien, tant que vous aurez ces idées-là, restez célibataire et ne vous mariez sous aucun prétexte, pas même pour échapper à l'ignominie de vous entendre appeler vieille fille". Le témoignage de la vie d'une préceptrice de l'époque et plus globalement de la condition, de l'éducation et du mariage des femmes de l'époque bien qu'intéressant, ponctué de beaucoup de passages plaintifs et d'un ton comportant une certaine fatuité - le plaidoyer pour la condition des gouvernantes paraît bien maladroitement défendue sous la plume d'Anne Brontë - n'a pas la force passionnée des romans des deux autres Brontë mais est plus subtilement humoristique et mélancolique : la noix vaut bien la peine d'être cassée et le noyau n'est ni si sec, ni si ridé !

Agnès Grey, Anne Brontë, Archipoche, 276 p.

 Billet de Lou.

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19 août 2012

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz

L'aventure de Mme. Muir - Bande-annonce

Une lectrice concluait que si ce n'était pas l'oeuvre Mme Muir et le fantôme de R.A. Dick qu'on qualifiait de chef d'oeuvre, se devait être l'adaptation de Mankiewicz. Et elle avait tout à fait raison. Ce film est un chef doeuvre ! Quels personnages ! Quelles joutes verbales ! Ah, chers spectateurs, laissez vous entraîner dans l'univers de Mrs Lucy Muir : cette jeune et séduisante veuve fuit le joug de sa belle-famille pour s'installer avec sa fille et sa servante Marthe dans une demeure baptisée " les goélands" dans le sud de l'Angleterre, qu'on refuse de lui louer. Pourquoi ? Parce qu'elle est hantée ! Là, en effet, est mort un marin qui est de prime abord bourru et colérique. Mais la jeune femme s'exclame : "hantée ! Passionnant !". Puis tout naturellement, elle parle au fantôme et fait progressivement connaissance de cet étrange hôte... S'entendant comme chien et chat au début, ils finissent par écrire ensemble une biographie " sans calfatage" dudit capitaine Gregg...

L'aventure de Mme Muir est un formidable portrait de femme qui refuse d'être "une faible femme", en ce début du XXeme siècle. Mais ce film aborde aussi les thèmes du passage du temps, de la solitude, de l'amour, de l'écriture et du rêve... On éprouve de la tendresse pour les personnages, que ce soit pour le capitaine qui se révèle plus affectueux qu'il n'en a l'air, pour la servante Marthe qui a la langue bien pendue mais qui prend tendrement soin de sa maîtresse et pour Lucy qui affronte la vie avec détermination, indépendance et humour et même pour sa belle-famille encombrante, bienséante et ridicule à souhait...  On est émerveillé par les beaux paysages marins et par la maîtrise dont fait preuve le réalisateur pour signifier le passage du temps... Comédie romantique - l'amour est plus fort que la mort et même que les rêves - c'est surtout un magnifique film onirique dont tous les vifs dialogues humoristiques font mouche. Un véritable chef d'oeuvre !

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz, 1h40, avec Rex Harrison, George Sander et Gene Tierney, 1947

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14 août 2012

Shakespeare, Autobiographie de Bryson : ISSN 2607-0006

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Cette biographie de Shakespeare est réjouissante et passionnante : quel style ironique ! quel humour ! Cela signifie-t-il qu'elle n'est pas sérieuse ? Au contraire ! C'est avec beaucoup de minutie et à travers la remise en question de nombres de théories farfelues ou fausses que Bill Bryson rétablit enfin la vérité sur la véritable vie de Shakespeare. Ses interrogations débutent avec la découverte du portrait Chandos : représente-t-il Shakespeare ? Non, ce tableau n'est pas un célèbre portrait du dramaturge, dont la seule authentique représentation est celle choisie pour l'illustration de la couverture.

Avec humour, et de manière chronologique, B. Bryson pose la question suivante : que sait-on sur Shakespeare ? La vertigineuse bibliographie prouve que ce dramaturge est devenu un auteur adulé. Mais de sa vie, il ne reste que peu de traces écrites et de témoignages et beaucoup de faits attribués à Shakespeare sont souvent des affabulations ou des hypothèses : "Pour répondre à la question que vous vous posez forcément, non, le présent ouvrage n'a pas été écrit parce que le monde avait besoin d'un livre de plus sur Shakespeare. L'idée était simplement de prendre la mesure de ce que les archives nous apprennent réellement sur lui. Ce qui bien sûr, explique sa minceur." Ainsi pour B. Bryson, les fameuses " années perdues", c'est-à-dire la période entre 1585-1592 où on ne trouve pas traces de Shakespeare sont définitivement perdues, ce qui semble logique. De même, ce n'est pas parce que plusieurs de ses pièces se déroulent en Italie - par exemple, Le marchand de Venise - que Shakespeare s'y serait rendu. Rien ne le prouve...

Si la vie de Shakespeare reste toujours aussi obscure, B. Bryson réussit à tracer la vie intellectuelle et quotidienne de la période Élisabéthaine de manière très documentée, abordant aussi bien les moeurs théâtrales que la forme que pouvait avoir le Globe à l'époque. Ses arguments pourfendant les thèses fantaisistes - et les universitaires délirants sont légions -  sont extrêmement soignés : par exemple, la thèse oxfordienne qui voudrait qu'Edward de Vere soit en fait la personne qui aurait écrit toutes les pièces de Shakespeare est mise à mal car la plupart des pièces n'étaient pas écrites quand il est mort en 1604... A lire absolument pour découvrir le style truculent et ironique de B. Bryson et pour découvrir qu'on ne sait rien sur Shakespeare !

" Si presque tout le monde s'accorde à dire que la carrière de William Shakespeare en tant que dramaturge a débuté en 1590, la question de savoir par quelle pièce il a commencé ne fait absolument pas l'unanimité. Selon l'autorité à laquelle on choisit de se fier, ce peut-être n'importe laquelle des huit suivantes : La comédie des erreurs, les deux Gentilhommes de Vérone, la Mégère apprivoisée, titus Andonicus, Le roi Jean ou l'une des trois parties de Henry IV".

Bill Bryson, Shakespeare Autobiographie, Petite bibliothèque payot, 219 p.

Participation au challenge Shakespeare, organisé avec Claudia. Lu aussi par Dominique, théoma,

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10 août 2012

Au mois d'août 2012...

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"Toutes bonnes choses ont une fin" : on aurait bien envie de maudire certains proverbes... En attendant, fini la farniente - pas du tout rousseauiste -... Pourquoi avoir emmené des livres avec moi en vacances ? Chemin faisant, j'ai acheté d'autres romans et j'ai ramené mes trois petits livres avec moi sans les avoir ouverts... Voici mes achats dont certains déjà lus, dont je vous parlerais peut-être...

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Et voici quelques découvertes télévisuelles : Après avoir visité le musée du Quai Branly - il faudrait une vie entière pour tout voir et tout découvrir ! - j'ai découvert une émission "Les arts du mythe" qui mettent en lumière un objet du musée. Très brefs, ces documentaires permettent tout de même de découvrir, à la manière de tessons de mosaïque, quelques éléments de culture de ce que l'on nomme" les arts primitifs", vous pouvez les visionner ici sur arte.

Pour voyager, vous pourrez aussi découvrir "Les carnets de voyage" (arte, encore) où à travers les yeux et les dessins d'un artiste,vous pourrez découvrir différents pays tels que le Japon vu par Olivier Martin ou l'Islande, île croquée et visitée par Anne Steinlein... De merveilleux moments ! Plus de renseigments ici.

Vous aimez Darwin ? Récemment de nouveaux documentaires font le lien entre les animaux actuels et leurs ancêtres dont le titre est très évocateur : Evolution . Un dossier du magazine Sciences et connaissance ( vol. 5) est d'ailleurs consacré aux théories de l'évolution, tout sur l'histoire de la vie sur la terre, très bien illustré avec des théories expliquées très clairement pour le grand public...

En ce qui concerne les auteurs, vous pouvez visionner la biographie de Herman Hesse et l'émission "une maison, un écrivain" propose de visiter celle de Giono.

Et la blogosphère ? Céline nous fait déjà partager de nombreux liens et fait un bilan des challenges récents dans son blablatage n°45... et nous fait aussi partager son amour pour Persuasion, son adaptation (série BBC, 1995)et une réécriture moderne et drôle de Mélissa Nathan, Persuading Annie. Quant à Dasola et Niki*, elles rendent hommage à Marilyn Monroe - vous pouvez visionner un documentaire sur Bert Stern qui a réalisé la dernière séance photos de cette mythique actrice. Lou annonce une nouvelle session du challenge Halloween avec sa complice Hilde... Niki nous présente H. Hanff et a vu l'adaptation du 84 charing cross road et enfin, Miss Léo a présenté une biographie de Newton, la perruque de Newton par Luminet, qui promet un beau moment de lecture... ainsi que Cryssilda qui nous présente un auteur victorien oublié Mrs H. Wood... Bon w-e et bonnes lectures à tous !

 * Edit du 11/08

Posté par maggie 76 à 19:04 - - Commentaires [25] - Permalien [#]