Cette nouvelle version de Jane Eyre déconstruit la narration chronologique du roman de Charlotte Brontë en commençant par la fuite éperdue de Jane Eyre de Thornfield-Hall : qui fuit-elle ? Pourquoi ? Des flash-backs nous permettent de découvrir son enfance et sa relation ombrageuse avec Rochester. Ce film esthétique est plus solaire, plus lumineux, plus romantique - n'occultant pas complètement l'aspect gothique - que les versions précédentes. Les paysages arides et déserts, des personnages tourmentés et secrets sont sublimés par la caméra de Fukanaga grâce à des cadrage audacieux - même Rochester défiguré reste séduisant - qui arrive tout de même à être fidèle au roman. Ce film - bien qu'ayant quelques imperfections comme l'amour de Rochester qui arrive très brutalement - fait de Jane Eyre une de ces héroïnes qui continuera longtemps à hanter  notre imaginaire...

Jane Eyre de Fukunaga, avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, 2012, 120 min.

vu aussi par Lou, titine, Miss Popila,.Shelbylee...

Voici encore un film de la période britannique d'Hitchcock dynamique et léger. Cette comédie policière relate les tribulations d'un canadien - Richard Hannay - qui est entraîné malgré lui dans une histoire d'espionnage et de surcroît accusé de meurtre. La situation de départ n'est pas banale : lors d'une soirée dans un music-hall, Richard rencontre une Mme Smith qui prétend que des plans ont été volés. Il faut empêcher la fuite de ces documents à l'étranger en se rendant en Ecosse pour démasquer le chef de cette conspiration. On assiste donc à une joyeuse suite de scènes burlesques notamment lorsque Richard se réfugie chez un couple de paysans écossais : le mari pointilleux et bourru croit à une idylle entre sa femme et le fugitif alors qu'elle l'aide simplement à échapper à la police et à ses poursuivants... De la ferme, il atterrit dans une sauterie, puis dans une auberge où la tenancière se croit en plein vaudeville... Avec des scènes épurées et à un rythme trépidant, le Maître crée une course-poursuite pleine de rebondissements et de retournements de situation culminant dans une scène finale qui révèle bien des surprises, notamment un "MacGuffin".

Les 39 marches, Hitchcock, avec Robert Donat, Madeleine Caroll, 1935.

Adapté du roman les 39 marches de J. Buchan lu par Cryssilda et Titine. vu aussi par Miss Léo et Titine.

François Truffaut-1968-La mariée était en noir

Une jeune femme, Julie Kholer prépare minutieusement les meurtres d'hommes qui figurent sur son carnet. Le mobile est assez vite dévoilé ; ce sont les assassins involontaires du mari de Julie le jour de son mariage... Dans ce film, Truffaut déclare ouvertement être influencé par son maître qui est Hitchcock. Mais que de longueurs ! Quel manque de suspense ! L'hommage hitchcockien me semble totalement injustifié : point de tension, ni d'humour noir. La vengeance s'éternise et se mécanise, tous ces morts n'arrivent pas à attiser le moindre intérêt pour ce film mortellement ennuyeux.

La mariée était en noir, Truffaut, adapté de The bride wore black de William Irish, 1967, avec Jeanne Moreau, 1h 47.

18870860

Dernier film de Truffaut, Vivement dimanche est un film policier loufoque : Vercel est accusé du meurtre de l'amant de sa femme, Massoulier. Evidemment, il clame son innocence et c'est sa secrétaire, Barbara qu'il vient de renvoyer qui va mener l'enquête. Truffaut joue avec les codes du roman noir avec brio en choisissant comme détective amateur, une femme et en réutilisant maints clichés du film noir : des portes secrètes camouflés dans une bibliothèque, un suspect qui fume deux cigarettes en même temps par nervosité, beaucoup de scènes nocturnes et pluvieuses... tout porte ce film vers la série B que Truffaut a intentionnellement imité en tournant très rapidement les scènes ce qui amène des incohérences assez drolatiques. A cela s'ajoute des clins d'oeil cinématographiques et littéraires  disséminés dans le film -   Barbara joue dans une pièce Le roi s'amuse et une séquence rappelle psychose ; quant à la fin elle semble faire référence à Fritz Lang... - pour faire de ce film une parodie de série B très réussie....

Vivement dimanche, Truffaut, adapté de The long saturday nigth de Charles Williams, avec Fanny Ardant, Jean-louis Trintignant, 1h 46, 1983