L'aventure de Mme. Muir - Bande-annonce

Une lectrice concluait que si ce n'était pas l'oeuvre Mme Muir et le fantôme de R.A. Dick qu'on qualifiait de chef d'oeuvre, se devait être l'adaptation de Mankiewicz. Et elle avait tout à fait raison. Ce film est un chef doeuvre ! Quels personnages ! Quelles joutes verbales ! Ah, chers spectateurs, laissez vous entraîner dans l'univers de Mrs Lucy Muir : cette jeune et séduisante veuve fuit le joug de sa belle-famille pour s'installer avec sa fille et sa servante Marthe dans une demeure baptisée " les goélands" dans le sud de l'Angleterre, qu'on refuse de lui louer. Pourquoi ? Parce qu'elle est hantée ! Là, en effet, est mort un marin qui est de prime abord bourru et colérique. Mais la jeune femme s'exclame : "hantée ! Passionnant !". Puis tout naturellement, elle parle au fantôme et fait progressivement connaissance de cet étrange hôte... S'entendant comme chien et chat au début, ils finissent par écrire ensemble une biographie " sans calfatage" dudit capitaine Gregg...

L'aventure de Mme Muir est un formidable portrait de femme qui refuse d'être "une faible femme", en ce début du XXeme siècle. Mais ce film aborde aussi les thèmes du passage du temps, de la solitude, de l'amour, de l'écriture et du rêve... On éprouve de la tendresse pour les personnages, que ce soit pour le capitaine qui se révèle plus affectueux qu'il n'en a l'air, pour la servante Marthe qui a la langue bien pendue mais qui prend tendrement soin de sa maîtresse et pour Lucy qui affronte la vie avec détermination, indépendance et humour et même pour sa belle-famille encombrante, bienséante et ridicule à souhait...  On est émerveillé par les beaux paysages marins et par la maîtrise dont fait preuve le réalisateur pour signifier le passage du temps... Comédie romantique - l'amour est plus fort que la mort et même que les rêves - c'est surtout un magnifique film onirique dont tous les vifs dialogues humoristiques font mouche. Un véritable chef d'oeuvre !

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz, 1h40, avec Rex Harrison, George Sander et Gene Tierney, 1947