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"Comment on meurt" : Au XIXeme siècle, Les éloges funèbres étaient de coutume et on immortalisait les disparus par des peintures, puis par des photographies. La mort est aussi le thème de cinq nouvelles de Zola, rassemblées sous le titre, "comment on meurt". Ecrasé par le grand cycle "des Rougon-Macquart", on connaît moins ces nouvelles, qui concentrent des thèmes chers à Zola. Le talent de Zola est dans la peinture de ces cinq tableaux, abordant la mort d'un personnage représentant de sa classe sociale, tout en racontant dans ses grandes lignes sa vie. Il y a, par exemple, le comte de Verteuil qui vit désuni à sa femme, ce qu'il cache soigneusement. Son cercueil sera accompagné d'un cortège et d'aristocrates indifférents : une cérémonie en grande pompe donc.

En revanche, chez les bourgeois, on meurt comme on vit : cupidité de la mère et cupidité des enfants. Ainsi rien de morbide, Zola recrée des microcosmes de la société, en romançant la vie de ses personnages, qui sont eux aussi frappés d'hérédité, et sont des types, représentants de leur classe. Vraiment la peinture de la société est inégalable chez Zola !

"Nantas" : "Je suis une force". Une des grandes figures du XIXeme siècle est celle de l'ambitieux : on pense aussi bien à Rastignac qu'à Nucingen chez Balzac ou à Bel-ami de Maupassant. L'ambitieux de Zola s'appelle Nantas : arrivé de la province, il ne rêve que de gloire. Comme Rastignac, surplombant le cimetière du père Lachaise, lançait son fameux " A nous deux, maintenant", Nantas, du haut de son galetas déclare : ("[il tutoya Paris, il devint familier et supérieur].) Maintenant tu es à moi". Après des mois de misères, Nantas trouve une opportunité :  Mlle Chuin, gouvernante de Flavie, fille d'un baron, lui propose un mariage arrangé car Flavie a fauté avec un homme marié. Pour Nantas, ce sont des rêves de ruisseaux d'or qui s'ouvrent à lui...

Nantas est intelligent et son ascension sera fulgurante : malheureusement, il tombe amoureux de sa femme qui le méprise... Il pense alors à la mort au moment où la fortune lui sourit et qu'il devient un important personnage politique. C'est une nouvelle, qui rassemble trois thèmes majeurs développés sous le Second Empire - Ascension, amour, argent -, et qui est raconté dans le souffle épique, propre à l'écriture zolienne, au point d'en devenir presque caricatural par moment.

"Cendrillon de la littérature", la nouvelle oblige à une certaine rapidité des enchaînements d'actions et peu de développements, ce qu’apprécieront les anti-zoliens... Des nouvelles fort distrayantes et divertissantes, reflets du XIXeme siècle, Zola anatomise la société avec beaucoup de talent.

"Comment on meurt", "Nantas", in Contes et nouvelles 2, Zola, Garnier Flammarion,332 p.

Autres romans : La fortune des Rougon, Thérèse Raquin, La bête humaine,