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L'ombre du vent et Le jeu de l'ange sont en quelque sorte Les grandes espérances de C. R. Zafon. Sous le signe de Dickens, l'auteur reprend quelques personnages présents dans L'ombre du vent pour renouer une intrigue diaboliquement conçue autour d'un écrivain. Un auteur en mal de reconnaissance est poursuivi par la malchance : devenu orphelin, il est maltraité par ses confrères journalistes, puis il accepte un étrange contrat avec un éditeur - qui ne semble pas avoir d'existence tangible - qui sent le souffre. Semant le malheur et la désolation autour de lui, il découvre parallèlement à sa propre destinée une étrange histoire autour de cet éditeur et bien sûr d'un livre. Aurait-il conclu un pacte faustien ?

Beaucoup moins fantastique et fantaisiste que L'ombre du vent, ce roman reste une littérature à effets où les outrances se multiplient. Les transitions sont encore cousues de fils blancs, les procédés sont similaires à ses romans antérieurs mais l'intrigue n'en n'est pas moins attrayante, excepté la fin qui semble plaquée.  La place faite à Barcelone - véritable personnage - et au modernisme ajoutent au charme de l'histoire bien que cette Barcelone fantasmagorique soit très proche d'un Londres brumeux. "Des espérances déçues", " de cruelles espérances", l'expression renvoie explicitement au roman de Dickens, même si les clins d’œil sont moins appuyés que dans Marina. Autour de cette intrigue mystérieuse, l'auteur critique vivement le milieu de la presse. Voici encore un roman qui va entretenir la "zafomania"...

Le jeu de l'ange, Carlos Ruis Zafon, Robert Laffont, 537 p.

Autre roman : L'ombre du vent

Lu par George, Lettres exprès, Wictoria...