9782264047595FS

Roman feuilleton du XXe siècle, le 44 Scotland Street se conforme aux lois du genre. Découpé en brefs chapitres avec leur traditionnels titres (" Où l'on fait plus ample connaissance avec Bruce", "La difficile mission d'Angus Lordie"...), chaque publication amène un nouveau personnage et des rebondissements multiples. On peut ainsi découvrir la vie de Pat, qui travaille dans la galerie de Matthew qui ne connait rien à l'art, on suit pas à pas un jeune saxophoniste de 5 ans Bertie et les déboires pédago-psychologiques de sa mère Irène, la vie de Bruce et de ses patrons dans une agence immobilière, l'apparition d'une voisine Domenica... Les rebondissements sont parfois surprenants : Pat a-t-elle découvert un véritable Peploe ? Alexander McCall Smith sait créer l'attente, quelle habileté dans les derniers mots d'un chapitre : "Par ailleurs, elle se sentait mal à l'aise en compagnie de Ronnie et Pete. Elle leur trouvait quelque chose de perturbant, un côté inquiétant qui évoquait, sinon le coeur des ténèbres, du moins l'heure entre chien et loup" surtout que ces deux personnages se volatilisent ! Et parfois un peu moins palpitants : Pat va-t-elle s'empoisonner avec les chanterelles de Bruce ? Voire parfois des détails insignifiants comme la description de la voiture de Domenica : "La Mercedes-Benz 560 SEC couleur crème. [...] Le moteur a une capacité de 5,6 litres, ce qui lui donne la puissance de 5 Mini" - "5 Mini ! s'extasia Pat". Nous, nous ne extasions pas...

La présentation des personnages, vie amoureuse et vie familiale, voisins envahissants, côtoie des réflexions plus générales sur la vie, les relations à autrui, comme l'hypocrisie, le mensonge,... Et on découvre aussi la culture écossaise, leur amour du football, leurs peintres, leur...kilt... Lecteurs, si vous aimez les romans-feuilletons de Dickens ou Les chroniques d'Armistead Maupin qui ont inspiré la forme du récit à Alexander McCall Smith, vous apprécierez de voir vivre tous les habitants du 44 Scotland street... Cependant même en le lisant comme un vrai roman feuilleton, certains passages paraissent longs... La qualité des aventures est assez inégale et certains épisodes tirent en longueur sans raison apparente et sans l'ombre du plus petit intérêt. Même chose pour le style. Tout de même on a envie de s'exclamer : à quand le prochain roman-feuilleton ?

44 Scotland Street, Alexander McCall Smith, 10/18, 414 p.

Participation au mois kiltissime organisé par Lou et Cryssilda.

Lu aussi par Cryssilda et Titine.