13 avril 2011

Frankenstein adapté par Whale et par Branagh : ISSN 2607-0006

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La liste est longue des adaptations de Frankenstein, montrant par là la fascination qu'exerce ce mythe. Les deux adaptations, celle de Branagh et celle de Whale, exploitent deux versants du roman de Mary Shelley ( biographie sur le site Larousse).

Commencé comme un jeu avec Percy Shelley, le docteur Polidori et Byron, elle raconte la genèse de son roman dans sa préface : " Je m'occupai à penser à une histoire - une histoire capable de rivaliser avec celles qui nous avaient excité et dicté dans cette tâche. Une qui parlerait aux peurs mystérieuses de notre nature et susciterait un frisson d'horreur [...]". Elle  fit un cauchemar éveillé qui devait donner naissance à un récit mythique traversant les siècles.
Et Whale s'inscrit bien dans la veine du film de monstre et d'horreur : il exploite l'aspect gothique du roman de Shelley. La nature n'a aucune place dans ce film, seule compte la créature et sa création. Contrairement au livre, Whale insiste sur des détails horrifiques : profanation de tombe dans un cimetière, vol du cerveau d'un criminel... En outre, les expériences se déroulent dans un vieux moulin en haut d'une butte escarpée. D'autres modifications sont faites, notamment au sujet du monstre qui devient un meurtrier et n'évolue jamais. Peu fidèle au roman, cette adaptation n'en reste pas moins un bon film de genre avec l'interprétation très remarquée de Boris Karloff.

Au contraire, l'adaptation de Branagh se révèle extrêmement fidèle : il a gardé le récit cadre et la dimension romantique du roman de Shelley, avec la mise en valeur des aspects typiquement romantiques. Le film s'ouvre sur les grandes étendues de glace du pôle Nord, puis s'arrête plus tard sur de grandioses montagnes enneigées. Victor Frankenstein apparaît comme un nouveau Prométhée et sera puni de son orgueil. Beaucoup d'actions et de scènes spectaculaires redonnent un nouveau souffle à la légendaire créature tout en respectant l'esprit du roman et en restituant l'ambiance de l'époque.

Ces deux films prolongent la légende créée par la romancière anglaise : deux versions très différentes mais tout aussi intéressantes, même si elles n'arrivent pas à égaler la virtuosité du roman de Shelley.

Frankenstein, Whale, 1932.

Frankenstein, Branagh, 1994.

 Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

Frankenstein (1994) - Trailer

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11 avril 2011

Downton abbey de Julian Fellowes : ISSN 2607-0006

Bande Annonce - Downton Abbey - Saison 1

Série britannique, dans Downton abbey, le réalisateur reprend un procédé utilisé dans Gosford Park : parallèlement à la vie des maîtres de la demeure edwardienne de Downton, il filme le quotidien des domestiques. La série commence de manière dramatique et sur un rythme trépidant. Un télégramme annonce la mort des héritiers de Downton dans le naufrage du Titanic. Nous sommes en 1912 et les trois filles de lady Grantham - tout comme les filles Dashwood de Raison et sentiments - sont spoliées du domaine et de l'héritage. Quel drame ! L'héritier n'est autre qu'un cousin éloigné, Mattew Crawley faisant partie des classes laborieuses !

La reconstitution nous plonge au début du XIXeme siècle où les différences de classes sont très marquée. "Tout ce luxe et rien pour nous", constate le valet de pied de Robert Grantham. De même, Matthew Crawley est ostracisé par son appartenance à la middle class : il travaille sauf les week-end ! "Qu'est -ce qu'un week-end ?", s'écrie scandalisée la comtesse Violet Grantham ! Une mort subite, des prétendants ennuyeux, des chasses à courre rythment la vie de cette riche famille aristocratique.  La vie de la domesticité n'est pas moins agitée. Secrets, intrigues, amours, vols, les journées des domestiques dans une grande demeure ne sont pas de tout repos.

Mais au-delà de l'intrigue et de l'atmosphère de la riante campagne anglaise, l'intérêt de cette série réside dans la peinture des caractères et le jeu talentueux des acteurs : les trois filles de la comtesse Cora Grantham sont très différentes ce qui crée des dissensions. L'aînée Mary profite de sa beauté pour être capricieuse et badiner tandis que la cadette est aussi laide que méchante et ne cherche qu'à supplanter sa soeur. Quant à Sibyl, bien que peu présente, elle est généreuse et courageuse : elle incarne des idées féministes ou du moins modernes, en aidant une domestique à améliorer sa condition, alors que Mary attend passivement de se marier comme le veut l'usage.

Un autre aspect attrayant de cette série, et pas des moindres, sont les scènes humoristiques avec des scènes cocasses notamment lorsque le majordome Carson, qui discourt sans cesse sur la dignité, révèle qu'il a été antérieurement danseur et se produisait dans les foires. En outre, la rivalité entre Violet,  aristocrate arrogante, et Mrs Crawley, altruiste qui ne compte pas se taire devant la hautaine douairière, prête à des scènes savoureuses. Voici une fresque sociale haute en couleur dans l'Angleterre en pleine mutation du début du XIXeme siècle , magnifiquement interprétée et à la reconstitution très soignée, à ne pas manquer !

challenge "Back to the past", "special tea cup", organisé avec Lou

 Sur le web : Céline.

Série britannique, réalisée par Julian Fellowes, première saison, (7 épisodes), diffusée en 2010, avec Maggie Smith, Hugh Bonneville, Elisabeth Mc Govern.

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09 avril 2011

The house of mirth de Terrence Davies : ISSN 2607-0006

 

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"Le monde est un théâtre, mais la pièce est mal distribuée "(Oscar Wilde ) : tel semble être le propos de l'adaptation très fidèle du sublime roman d'Edith Wharton, The house of mirth, par Terrence Davies. Lily Bart a raté son train et elle rencontre dans le hall d'une gare, Selden, un avocat qu'elle aime sans l'avouer. Lily désargentée n'a d'autre choix que de faire un beau mariage si elle veut continuer à évoluer dans les hautes sphères de la société new-yorkaise.

Le raffinement des objets et des costumes, les couleurs chatoyantes, les scènes rutilantes vont peu à peu laisser place à la grisaille. Aux fêtes mondaines succède la solitude, car les splendides intérieurs ne font pas oublier, sous la beauté de la reconstitution, la fausse bienséance et la vanité de ces aristocrates " comme il faut". L'apparence et l'argent ont plus d'importance que les valeurs morales auxquelles l'héroïne est attachée. A côté de ces aristocrates impitoyables, n'hésitant pas à user de Lily pour arriver à leur fins comme Bertha Dorset, Gus Trenor, évoluent aussi les arrivistes comme Rosedale, Mrs Hatch. Intrigues et coups bas précipiteront Lily dans la déchéance : plans fixes, gros plans, la lenteur des images mais la brièveté des scènes traduisent l'attente du mariage puis la déchéance. "Les gens disent toujours des choses malveillantes", dit Grace Stephney, qui contribue par ses révélations à la chute de Lily. L'histoire des lettres pouvant mettre à mal la malveillante Bertha illustre bien l'interrogation de Lily : où s'arrête la dignité, où commence la droiture ?

"Le mariage n'est-il pas votre vocation ?", demande Selden à Lily. Comme toute héroïne tragique, Lily subit un destin auquel on la destine. Mais elle hésite devant un dilemme : mariage d'amour ou d'argent. Les partis qui se présentent à elle sont des Percy Grace transpirant d'ennui tandis que Lily est véritablement attachée à Selden. L'atrice Gillian Anderson, par ses traits diaphanes et son élégance, semble tout droit sortir du roman d'Edith Wharton, tant elle incarne la beauté et la jeunesse puis le désespoir sans jamais se départir de ses bonnes manières et de sa grâce. G. Anderson est éblouissante et magnifique dans ce rôle : elle donne vie aux frémissements intérieurs du personnage d'E. Wharton. L'écriture de la suggestion de la romancière est bien rendue : sans lourdeur didactique, sans pathos, les dialogues sobres contribuent à rendre palpable la pression exercée sur Lily. Les images impeccables, la reconstitution fabuleuse n'empêchent pas l'héroïne d'être émouvante et le film, comme le livre, restent inoubliables.

The house of Mirth, 134 min, de Terrence Davies, avec Gillian Anderson

Autre film : Orgueil et préjugés

challenge "back to the past", organisé avec Lou.

challenge Edith Wharton de titine, blog, plaisir à cultiver.

'' house of mirth '' - official film trailer - 2000.

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05 avril 2011

Back to the past : le challenge ISSN 2607-0006

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Vous frémissez en regardant The turn of the screw ? Vous êtes envoutés par les somptueux décors de Pride and prejudice ? Les tenues de Fanny vous fascinent dans Brigth star ? Tous ces films ont en commun d'être des "costume drama", des films d'époque à l'intrigue romanesque ou historique qui nous enchantent par la mugnificience des décors et des costumes, par l'ambiance particulière d'une époque. Ressuscitant des périodes passées, ils évoquent aussi bien la vie de personnalités, telles que Jane Austen dans Becomming Jane, ou une figure royale comme Marie Antoinette, que les moeurs de l'époque : Oliver Twist, Lady Chatterley ... Si vous aimez regarder des films victoriens, édwardiens..., plonger dans une époque révolue où on portait robes longues et capelines - parfois très seyantes comme le fait remarquer si judicieusement notre chère Lou, capes et perruques, inscrivez-vous au challenge "back to the past" que nous organisons avec Lou.

Voici une liste chronologique non exhaustive, s'inscrivant d'une période aux limites un peu floues, allant du  Moyen-âge au début du XXeme siècle (1930). Humoristiques, magnifiques, sensuelles ou historiques, Lou vous a concocté des logos "drama", pour orner vos billets.

*Vous avez jusqu'au 30 juin 2012 pour publier au moins un billet (mais aussi beaucoup plus, si vous voulez).

*Quelques idées et d'autres que vous trouverez sur le site films en costume :

-Dowton abbey ( GB, 1912), The king speech ( GB, 1925), Gosford Park (GB, 1932),

- Picnic at Handing rock, (1900), Une chambre avec vue, (1907), Lady Chatterley, A la recherche du temps perdu.

XIX : Neverland, Sherlock Holmes, Frankenstein, Oliver Twist, Les hauts de hurlevent, Les misérables, Madame Bovary, La dame de Windsor, Le portrait de Dorian Gray, Barry Lindon, Dracula, Les contes et nouvelles de Maupassant, Germinal, La bête humaine, Thérèse Raquin Manfield park ( 1806),, Persuasion (1814), Emma, (1815), Jane Eyre (1829), The youg Victoria, (1837), La leçon de piano (1851),  Little woman (1861), the portrait of lady (1872), FRom Hell ( 1888),Tess of the Ubervilles ( 1884)

- Marie Antoinette ( 1769), Valmont, Les liaisons dangereuses ( 1782), Sense and sensibility (1795), Becomming Jane ( 1795), Pride and Prejudice (1797), Northanger abbey ( 1798), Sleepy Hollow (1799)

* édit du 5/04

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*"Vous pouvez aussi opter pour l'option Tea Cup Special offer ! Mais pour devenir la reine de la tasse de thé, il vous faudra parler de dix films ou séries se passant en Grande-Bretagne, toujours à la même époque". Voici deux logos conçus spécialement pour nos british frendly. So ready ?

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03 avril 2011

Totally killer de Greg Olear : ISSN 2607-0006

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Quid pro quo : Nom d'un bureau de placement, cette expression latine signifiant "donnant donnant", cache dans le roman de Greg Olear, une organisation surprenante, à l'opposé du "politiquement correct". Lorsque Taylor Schmidt débarque à New York, fraîchement diplômée, elle va découvrir les rouages de cette agence. Désespérée, elle a fait appel à eux car le marché du travail est saturé. Le contrat qu'elle accepte va se révéler monstrueux, comme un pacte faustien. Mais Taylor est morte et le narrateur, 18 ans plus tard, commence à évoquer sa vie. Que se cache derrière l'organisation Quid pro quo ? La fin justifie-t-elle les moyens ? 

" En 1991, ma génération, la génération MTV, les tire-au-flanc, shin jin, rui, la génération X" : Des listes des objets cultes de la génération 1990 emplissent le récit comme dans Les choses de Pérec, les objets, séries TV, marque de t shirt, d'aliments, musique et films ressuscitent une époque pas si lointaine. C'est une pertinente réflexion, que le narrateur mène, sur un monde à peine disparu où même un proverbe comme "on ne va pas en faire tout un fromage" est devenu obsolète.

" C'était l'argent qui était à l'origine de notre mécontentement". L'un des leitmotiv du livre est la difficulté de ces jeunes de trouver du travail dans les années 90. Au-delà de la description de la société de consommation, c'est tout un système économique où "Le pouvoir corrompt mais le pouvoir fascine", que l'auteur critique.

Ce qui est déplaisant, c'est le style trash, parfois grossier, mêlant références antiques et culture populaire des années 90. Avec un narrateur complètement obsédée par la femme dont il retrace la vie, cher lecteur, ne vous attendez pas à une écriture racinienne. Mais ce mélange culturel, où Hadès côtoie des références à Batman, est bien le reflet de cette fin du XXeme siècle. Lecteurs, vous trouverez dans ce polar une critique sociétale doublée d'humour noir, cependant Totally killer est aussi  un thriller avec une intrigue passionnante dont la fin est renversante. La satire grinçante des baby-boomers, ne doit pas faire oublier que Totally killer est un très bon thriller machiavéliquement organisé avec du suspense et une fin étonnante, où le vrai et le faux sont difficiles à démêler. Un livre générationnel remarquable !

Olear, Totally Killer, Gallmeiter, 301p.

Merci BOB et Gallmeister pour ce partenariat.

L'avis de Stéphie.

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