19 avril 2011

Beaumarchais , l'insolent de Molinaro : ISSN 2607-0006

Beaumarchais, l'Insolent - Trailer

Librement adaptée d'une pièce de Sacha Guitry, la comédie d'Edouard Molinaro retrace le destin d'une personnalité emblématique du siècle des Lumières. C'est cet aspect qui est développé dans ce rafraichissant biopic. Appelé "brillant écervelé" par Voltaire, Beaumarchais ( les essentiels littérature sur le site de la BNF présente l'auteur) a fait preuve d'une activité prodigieuse pas toujours connue, son nom étant surtout attaché à la trilogie du barbier de Séville. Ce film dévoile des aspects méconnus de sa vie comme son rôle d'agent secret ou de trafiquant d'armes. "il a préféré "sa vie à son oeuvre" : dommage que la représentation scénique de ses pièces soient souvent tronquées car elles sont significatives de son brillant langage mais elles ne sont guère mises en avant...

 On nous fait le portrait d'un homme ancré dans son temps. l'époque transparaît clairement  et le contexte pré-révolutionnaire est bien rendu : Beaumarchais, magistrat, n'hésite pas à critiquer les lettres de Cachets, tout en s'asseyant insolemment sur le bureau du juge, ses pièces se rient des nobles...  Ses nombreux séjours en prison montrent à quel point Beaumarchais est irrévérencieux. A l'image de la vie de Caron, le film ne manque pas de rythme : les scènes théâtrales, s'enchaînent et on passe d'un tribunal à un duel, des prisons de Londres aux planches françaises... La distribution est impressionnante, rassemblant de nombreux acteurs connus du cinéma français, cependant on peut déplorer certains choix de casting : malgré toute sa verve, Luchini ne fait pas oublier son habituelle diction et son jeu d'acteur : on ne dirait pas Beaumarchais, mais Luchini déguisé en Beaumarchais. Ce film reste toutefois une biographie légère,  les préoccupations philosophiques restant secondaires, le parti pris du réalisateur étant bien de montrer l'insolence de ce célèbre dramaturge, qui après tout est aussi une forme de liberté.

En + : Les bonus sont très intéressants en ce qui concerne la fabrication d'un film d'époque : dans "architectes de l'éphémère", les décorateurs expliquent leur rôle, comment rendre la patine du temps. Quels costumes ? Quels carrosses ? Tous les détails sont pensés pour le plus vif plaisir de nos yeux !

Beaumarchais l'insolent, Molinaro, avec Michel Serrault, J.C. Brialy, Jean Yanne, J. Weber, F. Luchini...

challenge back to the past, organisé avec Lou.

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Hippolyte Bernheim, un destin sous hypnose de Cathy Bernheim : ISSN 2607-0006

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 "Le pouvoir de l'idée suggérée" : Hypnos est le dieu du sommeil, fils de la nuit qui procure aux hommes le repos et les rêves aimables. Mais grâce à quelques éminents scientifiques, on se demande si cet endormissement provoqué qu'est l'hypnose peut avoir des valeurs curatives : Cathy Bernheim, arrière petite-nièce d'Hippolyte, nous retrace son portrait en commençant par son enfance à Strasbourg qui est très traditionnelle. Ce qui l'est moins, ce sont les connaissances qu'il a apportées dans les domaines des sciences à une époque où elles évoluent de manière spectaculaires.

Après le Second Empire, en pleine vogue ésotérique avec Mesmer et le magnétisme animal, on voit comment la médecine pas si éloignée de celle d'un Dafoirus de comédie, devient une science exacte. "La médecine n'est pas un art, mais une science". Et c'est la marche de la science exacte, que devient le milieu médical, que nous décrit avec une plume agréable C. Bernheim, en s'appuyant sur des lettres de scientifiques et sur des rapports de la commission de l'Académie royale de Médecine.

C'est grâce à des visites chez A. Thiebault, pionnier du genre, que H. Bernheim va utiliser la thérapeutique hypnotique. Il a écrit de nombreuses analyses comme Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (1891). Il évoque différents cas pour montrer la véracité de ses théories qui ouvrent les portes de la psychotérapie en montrant le lien entre physique et psychisme :"Incarner l'idée de sensation réelle". Les anecdotes sur l'affaire de la malle sanglante, l'exemple d'Anna Von Lieben (patiente de Freud), ou l'affaire Chambige montrent l'importance de l'hypnose et les illustrations concrètes comme dans Cinq leçons de psychanlyse permettent de mieux appréhender le travail de H. Bernheim.

Le contexte est longuement développé dans une prose simple et agréable à lire, sans jargon. Elle dresse une large peinture de la société pour mieux souligner la difficulté d'imposer des idées innovantes, tout en relatant parallèlement la querelle de l'hystérie qui a opposé Charcot et Bernheim. sans faire un portrait dithyrambique, C. Bernheim, par cette première biographie consacrée à H. Bernheim, lui redonne une place dans l'histoire des sciences aux côtés de Charcot et de Freud. Une biographie éclairante aussi bien sur une époque que sur l'homme....

 Berheim Cathy, Hippolyte Bernheim, un destin sous hypnose, JBZ et cie, 240 p.

 Merci BOB pour ce partenariat ainsi qu'aux éditions JBZ et cie.

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