03 avril 2011

Totally killer de Greg Olear : ISSN 2607-0006

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Quid pro quo : Nom d'un bureau de placement, cette expression latine signifiant "donnant donnant", cache dans le roman de Greg Olear, une organisation surprenante, à l'opposé du "politiquement correct". Lorsque Taylor Schmidt débarque à New York, fraîchement diplômée, elle va découvrir les rouages de cette agence. Désespérée, elle a fait appel à eux car le marché du travail est saturé. Le contrat qu'elle accepte va se révéler monstrueux, comme un pacte faustien. Mais Taylor est morte et le narrateur, 18 ans plus tard, commence à évoquer sa vie. Que se cache derrière l'organisation Quid pro quo ? La fin justifie-t-elle les moyens ? 

" En 1991, ma génération, la génération MTV, les tire-au-flanc, shin jin, rui, la génération X" : Des listes des objets cultes de la génération 1990 emplissent le récit comme dans Les choses de Pérec, les objets, séries TV, marque de t shirt, d'aliments, musique et films ressuscitent une époque pas si lointaine. C'est une pertinente réflexion, que le narrateur mène, sur un monde à peine disparu où même un proverbe comme "on ne va pas en faire tout un fromage" est devenu obsolète.

" C'était l'argent qui était à l'origine de notre mécontentement". L'un des leitmotiv du livre est la difficulté de ces jeunes de trouver du travail dans les années 90. Au-delà de la description de la société de consommation, c'est tout un système économique où "Le pouvoir corrompt mais le pouvoir fascine", que l'auteur critique.

Ce qui est déplaisant, c'est le style trash, parfois grossier, mêlant références antiques et culture populaire des années 90. Avec un narrateur complètement obsédée par la femme dont il retrace la vie, cher lecteur, ne vous attendez pas à une écriture racinienne. Mais ce mélange culturel, où Hadès côtoie des références à Batman, est bien le reflet de cette fin du XXeme siècle. Lecteurs, vous trouverez dans ce polar une critique sociétale doublée d'humour noir, cependant Totally killer est aussi  un thriller avec une intrigue passionnante dont la fin est renversante. La satire grinçante des baby-boomers, ne doit pas faire oublier que Totally killer est un très bon thriller machiavéliquement organisé avec du suspense et une fin étonnante, où le vrai et le faux sont difficiles à démêler. Un livre générationnel remarquable !

Olear, Totally Killer, Gallmeiter, 301p.

Merci BOB et Gallmeister pour ce partenariat.

L'avis de Stéphie.

Posté par maggie 76 à 20:12 - - Commentaires [6] - Permalien [#]