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"C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui" (scène 4, Acte I, On ne badine pas avec l'amour). Les mots et les thèmes de l'oeuvre mussetienne résonnent d'universalité et de modernité. On parle de" Maison Musset", tant ses pièces sont jouées à la Comédie Française. Musset écrit après son dépit de l'échec de La nuit vénitienne, "Un spectacle dans un fauteuil". Certes, avec son marivaudage amoureux, le théâtre de Musset est un théâtre de la parole mais sa grande théâtralité lui permet d'être encore mis en scène et de laisser libre court à l'imagination de grands auteurs et réalisateurs.

Ecrivain majeur du XIXeme siècle, il influence aussi bien Hugo, qui dans Marion Delorme s'inspire de A quoi rêvent les jeunes filles, que Renoir dans La Règle du jeu ou Wilde dans L'important d'être constant. Ses pièces sont souvent coupées, retravaillés, adaptées. Pourquoi Musset fait-il l'objet de tant de changements ? L'hybridité des adaptations vient du mélange des registres et des genres dans les pièces de Musset qui se prêtent ainsi à de multiples remaniements.

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Si Les caprices de Marianne,* de Claude Loursais (1962) reste fidèle au texte dans sa version filmique, conventionnelle, Elena Hazanov* modernise la pièce en la situant dans un Paris contemporain, les guitares électriques remplaçant les sérénades d'antan et en coupant des répliques. Mais nos deux héros désenchantés restent les figures immortelles  d'une jeunesse désemparée. Les "fantaisies tristes" de cet écrivain continue d'inspirer les réalisateurs comme Eric Civanyan, qui a adapté Il ne faut jurer de rien en 2007, avec Gérard Jugnot et Jean Dujardin. De même, les réalisateurs se sont emparés de la vie de l'auteur. Après A Malibran de C. Guitry, Les Confessions d'un enfant du siècle de Santelli ou Les enfants du siècle de Diane Kurys, ( 1999, avec Juliette Binoche et B. Magimel), une adaptation de La confession d'un enfant du siècle de Sylvie Verheyde va être bientôt paraître sur nos écran avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg : deux enfants du XXIeme siècle... Musset poussiéreux ? Espérons que S. Verheyde nous apportera une preuve supplémentaire qu'il ne l'est pas !

* Liens vers les films ou bandes-annonces.

* Les caprices de Marianne, film d'Elena Hazanov, 1h16.

* journée d'étude, " La scène est où on voudra", Musset à la scène et à l'écran au XXeme siècle, 16 mars, Université de Rouen.