06 mars 2011

Emma adapté par Diarmuid Lawrence et par Mc Grath : ISSN 2607-0006

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Emma, l'"héroïne" de Jane Austen, est une jeune fille orgueilleuse et romanesque qui se plaît à marier ses amies : elle va jeter son dévolu sur Miss Harriet, dont les origines sont obscures, et chercher à la marier tout à tour à  tous les jeunes hommes célibataires de Highbury, tels que Mr Elton, Mr churchill...

"Emma l'entremetteuse" (Mc Grath) :

Certes, le film est fidèle au roman de Jane Austen, reprenant de nombreuses scènes et conversations du livre. Mais Emma est bien mal incarnée par G. Paltrow : celle-ci est incapable d'avoir un visage naturel et est aussi expressive qu'une actrice de film muet : son visage est mobile et grimaçant d'un bout à l'autre de l'histoire. La joliesse de la reconstitution ne fait pas oublier son jeu excessif. Un film assez lisse et classique où l'on s'ennuie un peu...

"Emma la romanesque" (D. Lawrence) :

La version BBC est tout aussi impeccable au niveau de la reconstitution avec d'ailleurs un déjeuner victorien en plein air spectaculaire. L'intérêt de cette version est de mettre en avant le côté romanesque de notre héroïne. Entremêlées à l'intrigue, surgissent brusquement des visions sentimentales de notre héroïne. Si on lui apprend que Miss Jane Fairfax a été sauvée par Mr Dixon, d'une noyade, aussitôt notre héroïne de s'imaginer une idylle naissante entre eux : parmi les vagues houleuses d'une tempête déchaînée, on voit Jane Fairfax, dans une position inconfortable et dangereuse, souriant à son sauveur ! Miss Harriet se fait agresser par des petits bohémiens. Mr Frank Churchill, arrivant à point nommé, réussit à la sauver de cette situation gênante : bien sûr, à l'instant même où on lui fait le récit de ce sauvetage, Emma imagine un mariage entre eux avec toute une imagerie sentimentale : Mr churchill arrivant sur un cheval et emportant Miss Harriet vers des jours heureux ! Toutes ses rêveries, représentées d'une manière mièvres, rendent cocasses les illusions de notre héroïne. Si le personnage d'Emma est réussie, les caricatures le sont aussi : Mrs Bates apparaît plus bavarde et ennuyeuse que jamais, Mr Woodhouse plus somnolent et égoïste... quant à Mrs Elton, elle incarne le comble du ridicule.  Les amusantes représentation des rêves d'Emma rendent ce film plus comique et attrayant que le livre...

Emma, adapté par Diarmud Lawrence, 1996, 104 min, avec Kate Beckinsale.

Emma adapté par Mc Grath, avec Gwylneth Paltrow, 1999.

Challenge "Un an de passion avec Jane Austen", d'Ellcrys

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Emma de Jane Austen : ISSN 2607-0006

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Cinquième roman de Jane Austen ( biographie Larousse Alalettre.com), Emma décrit une héroïne très différente de celles des oeuvres précédentes. Loin de la pétillante Elizabeth Bennet ou de la timide Fanny de Manfield Park, elle est une jeune fille vaniteuse et manipulatrice, flattée par tous, sauf Mr Knightley qui n'est pas dupe. N'ayant ni le goût de la lecture, ni celui de persévérer dans quels que domaines que ce soit, elle s'amuse à créer des unions dans son entourage, n'ayant elle-même aucune envie de se marier...

L'intrigue du mariage se dilue dans les conversations et les portraits secondaires qui révèlent l'importance du paraître et de l'être lié au niveau social. Parmi eux, on trouve l'insignifiante Harriet, l'autoritaire Mrs Churchill, l'ambitieux Mr Elton. En parlant de Mr Martin, un fermier, Emma déclare : " ces gens-là font partie de la classe avec laquelle je n'ai rien à faire". Jamais les contraintes sociales n'ont eu autant d'importance que dans ce roman-ci, ce qui  provoque bien des désillusions pour nos différents personnages. Peut-on parler de caricature ? Certainement, les défauts des personnages sont amplifiés, il suffit de se pencher sur le chapitre XXXVI, véritable scène de comédie : Mr Weston parle de son fils tandis que Mrs Elton parle de sa suffisance : jamais leur violon ne s'accorde, chacun ne parlant à l'autre que pour mieux se vanter.

Cependant, ce roman est parfois bavard. Les conversations oiseuses semblent interminables : est-il important de manger de la bouillie le soir ? Saler le jambon est-il la meilleure façon de manger cette viande ? Mais patience, lecteurs, le dénouement rapide compense ces longueurs, de même que l'importance de la dimension romanesque. Et c'est là que le roman prend vraiment une dimension intéressante : le romanesque et les rêveries qui sont surtout le fait d'Emma, mais les autres personnages ne sont pas épargnés, permettent de révéler les défauts des personnages mais aussi de montrer le décalage entre le réel et les romans. Emma, souvent appelée "héroïne" est comique tant sa vision du monde est éloignée de la réalité : "cette aventure était véritablement passionnante... Un beau jeune homme [ Frank Churchill] et une ravissante jeune fille [Harriet Smith] entraînée dans une histoire pareille, cela ne pouvait manquer de faire naître certaines idées dans le coeur le plus froid ou le cerveau le plus solide, d'après Emma du moins"? Hélas ! Emma s'illusionne complètement sur un éventuel mariage entre ces deux êtres : le roman démontrera exactement l'inverse... La cascade finale de mariages heureux fait-elle de Jane Austen, une romancière romantique ? Certainement pas ! Avec cette Don Quichotte au féminin, Jane Austen semble dénoncer les dangers du romanesque, notamment des romans sentiments, lorsqu'il déborde du cadre de la fiction.

Emma, Jane Austen, 10/18, 574 p.

Autres romans : Mansfield Park, Orgueil et préjugés, Lady Susan, Northanger abbaye

challenge "un an de passion avec Jane Austen", d'Ellcrys

Lecture commune avec George, Lili galipette, Anne, Jules , hilde, ...

Posté par maggie 76 à 08:38 - - Commentaires [15] - Permalien [#]