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Ces deux romans de Simenon, mettant en scène les enquêtes de Maigret se révèlent originaux de part leur cadre : Maigret chez le coroner et Maigret à New-York se déroule en Amérique, continent où a vécu quelques années l'auteur.

Maigret chez le coroner raconte l'histoire d'un procès se passant dans la chaleur de l'Arizona : Bessy, une jeune femme est retrouvée morte, écrasée par un train. Elle avait passé la soirée avec son amant, un sergent de l'Air force, ainsi que quatre autres sergents de l'aviation. Est-ce son amant qui l'a tuée par jalousie ? Il y a cinq  accusés, mais qui est coupable ? Aucun des témoignages ne concordent, chacun ayant bu. Quel est le mobile ? Le procès s'ouvre au début du roman et Maigret y assiste en observateur, curieux de ce fait divers.

Dans Maigret à New-York, on retrouve une atmosphère pluvieuse accompagnant une sombre histoire de meurtre, proche de celle des gangsters. Le mystère s'installe rapidement : Maigret savoure sa retraite, lorsqu'un jeune homme fait irruption pour lui demander de l'aide. Jean Moran, trouve la teneur des lettres de son père vivant en Amérique inquiétante, où il parle de manière à peine voilée de sa disparition prochaine. Quel danger craint-il ? Angoissé, Jean fait appel à Maigret pour enquêter sur place. Dès le débarquement des voyageurs, Jean disparaît. Commence pour Maigret une série de situations cocasses qui va l'amener à enquêter dans le passé de Joachim Maura, père de Jean, et son chemin va être jonché de cadavres.

Dans sa production prolifique, Simenon arrive toujours à diversifier les enquêtes et à les rendre originales : Maigret en Arizona, n'est pas un enquêteur mais un spectateur du procès, avec toujours cette même indifférence face au coupable : " Maigret ne revit jamais Cole, ni Rooke, ni les cinq hommes de l'Air Force.  Il ne connut jamais le verdict". Est-ce que sans juger, Simenon cherche juste à montrer les versants sombres de l'humanité ? Quant à son enquête à New-York, il la mène comme un détective privé puisqu'il ne fait plus partie de la police.

L'écriture très sèche de Simenon, sans lyrisme, sans romanesque n'empêche pas l'auteur, en quelques mots de poser une atmosphère et de camper ses personnages. Bien qu'il y ait peu de descriptions, Maigret à New-York réussit à susciter une image interlope et assez stéréotypée de New-York entre l'élégance et le luxe de la cinquième avenue et la pauvreté du Bronx, le cosmopolitisme de cette ville avec le quartier italien... De même, lorsqu'il évoque l'Arizona, une image folklorique se dessine de l'Amérique, notamment dans une lettre envoyée à Madame Maigret : "Ma chère Madame Maigret, Je fais un excellent voyage, et mes confrères d'ici sont très gentils avec moi. Je crois que les Américains sont gentils avec tout le monde; quand à te décrire le pays, c'est assez difficile, mais figure-toi qu'il y a dix jours que je n'ai pas porté un veston et que j'ai une ceinture de cow-boy autour du ventre. Encore heureux que je ne sois pas laissé faire, car j'aurais des bottes aux aux pieds et un chapeau à large bord comme dans les films du Far-West". Certes, l'Amérique est vue à travers des clichés mais les enquêtes et les analyses sur la nature humaine restent passionnantes.

 Simenon, Maigret chez le coroner, Livre de poche, 189 p.

Simenon, Maigret à New-York, Presse de la cité.

Lu dans le cadre du challenge Simenon, organisé par peuple du soleil.

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