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Florence est sous le joug du tyran Alexandre de Médicis et de son cousin, le mélancolique et débauché Lorenzo, qui oeuvre secrètement en faveur des républicains. Toute la ville tremble : les femmes pour leur vertu, les hommes pour leur honneur. Dans l'ombre, les Strozzi conspirent mais en vain. Plusieurs intrigues s'enlacent, plus d'une trentaine de personnages sont mis en scène et autant de lieux différents servent de décor à cette oeuvre foisonnante.

La beauté de cette pièce est issue de l'éloquence et de la virtuosité de la prose et de l'identité de son héros éponyme : "Suis-je satan ? Lumière du ciel ! Je m'en souviens encore ; j'aurai pleuré avec la première fille que j'ai séduite, si elle ne s'était mise à rire. Quand j'ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice, comme un enfant de dix ans dans l'armure d'un géant de la fable. Je croyais que la corruption était un stigmate et que les monstres seuls le portaient au front" s'écrie Lorenzaccio. A force de dépravation, l'âme du héros s'est dissoute et à l'image de toute une génération désenchantée, Lorenzaccio cherche à donner un sens à ses actes : il va donc tuer le duc.

Lorenzaccio, c'est le drame romantique dans tout son éclat, recréant l'effervescence de la vie à travers la représentation de toutes les catégories sociales. Musset (biographie ici) mêle le grotesque et le sublime, le goût de l'exotisme dans la représentation de Florence et un héros déchiré, reflet de la génération romantique. L'arrière plan historique et les personnages complexes, et la beauté de la langue font de ce drame un chef d'oeuvre de l'art romantique.

Lorenzaccio, Alfred de Musset, édition Classiques Larousse, 198 p.

Autre oeuvre : On ne badine pas avec l'amour