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Qui a dit que l'Angleterre victorienne était prude ? Toutes les héroïnes de nos chers auteurs victoriens se font un plaisir de mettre en scène des femmes avec des secrets inavouables, avec des caractères épouvantables... Il suffit de lire Aurora Floyd pour s'en convaincre.

quatrième de couverture : " Aurora Floyd est la fille choyée d'un richissime banquier. Une violente dispute l'oppose à son père lorsqu'elle revient d'une longue promenade à cheval avec son palefrenier. Aurora est envoyée à Paris dans un pensionnat pour faire ses études. On la retrouve un an plus tard, à nouveau chez son père. Réconciliée mais distante, marquée à tout jamais par un drame qui a éloigné d'elle l'homme qu'elle aime... comme dans tous les romans à suspense de M.E. Braddon, le lecteur pressent ce qui est à l'origine du drame sans que cala soit explicite, et il est entraîné malgré lui, et sans pouvoir s'arrêter, dans un maelström excitant qui le pousse à connaître le déroulement et la fin de l'énigme.

Une comparaison avec Wilkie Collins serait tout à fait justifiée : un meurtre, un secret, un mariage, une héroïne au caractère bien trempé, les médisances... Le style ne manque pas de mordant avec les traditionnelles adresses aux lecteurs. Une belle jeune fille trouve deux prétendants mais assez rapidement surgit un terrible secret : un mystérieux personnage semble persécuter la jeune et belle femme. Mais l'élan romanesque est souvent rompu par de nombreux portraits, des généralités sur le caractère des personnages. L'héroïne principale est peu attachante, et ne semble avoir que deux attitudes possibles : soit avoir le regard flamboyant, soit taper du pied de colère... Le deuxième personnage féminin n'a guère plus de chance : blonde et effacée, elle symbolise la parfaite  petite femme d'intérieur victorienne, n'ayant d'yeux que pour son orgueilleux mari. Si l'intrigue amoureuse semble assez vite menée, l'intrigue policière n'apparaît que tardivement et est diluée dans des considérations plus générales. Les nombreuses références littéraires sont plaisantes, cependant les multiples rebondissements ne compensent pas la lenteur et la langueur de l'histoire.

Autres avis : Cécile, Méalenn,

Premier roman lu dans le cadre du challenge Braddon de Lou

Lecture "swap portrait of lady", bilan sur le site de Lou et Titine.

Elizabeth Braddon, Aurora Floyd, Edition Joelle Losfeld,  555 p.