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Quatrième de couverture
" Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d'une ligne de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu'on oublie parfois depuis si longtemps en guerre, il y a l'amour. L'amour de la jeune fille, pur comme un diamant : pour le père, pour l'amant, pour la patrie. Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d'adresse. La jeune fille ne sait pas comment faire pour grandir là tiraillée entre deux cultures, happée par la violence. Alors elle court. C'est l'histoire d'une fille en robe verte qui virevolte dans les ruines, qui se jette dans les brase d'un étranger, qui manie les armes comme elle respire. L'histoire d'une adolescente qui tombe et se relève toujours".
La narratrice, une jeune libanaise, livre ses blessures personnelles comme le départ et l'absence d'une mère, puis la dépression de son père. Mais elle parle aussi de la blessure que la guerre  civile libanaise lui inflige. Le personnage est scindé entre un "je" et un "elle" qui sert à la désigner selon ses actions, et l'Orient et l'Occident. Sa mère étant française, elle s'attache irrémédiablement à un reporter de guerre français, dont elle ne sait rien. Mais qui est-il vraiment ?

Est-ce la haine et la colère qui émane de ce roman qui empêche d'adhérer à cette histoire ? La langue et les images évoquées sont souvent brutales, crues, comme les premiers mots du récit : " Un matin à dix heure trente, alors que je fumais ma première cigarette à la table d'un bistrot, un homme m'a dit : vous êtes une tueuse. Je n'ai pas su comment le prendre. Cet homme, je ne le connaissais pas. Je ne lui en ai pas voulu".
Est-ce la confusion du récit, qui évoque pêle-mêle la condition de la femme, la question de l'enfance, de la religion ? L'émotion de la jeune adolescente est traduite par une écriture hachée et des phrases brèves. La narration elle-même est  morcelée en petits chapitres, qui créent des ruptures abruptes. L'intrigue est ainsi diluée dans de multiples réflexions.
Ce bref roman n'est pas complètement dénué de thèmes intéressants ou de qualités - l'écriture se fait d'ailleurs plus poétique vers la fin du roman - mais il ne donne qu'une image en filigrane du Liban et la narration semble hâtive ou inaboutie ; même si l'intrigue réserve une surprise finale...

Yasmine Char, La main de Dieu, Folio, 121 p.
Avis de Fleur, Lou, Malice, Kathel, Mango...Cathulu.