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L'abîme m'apparaissait comme une curiosité rassemblant l'écriture de deux célèbres victoriens. Malgré les avis très nuancés des blogolectrices, j'ai toutefois commencé la lecture du roman qui s'est révélée plaisante, voire comique avec ses personnages caricaturaux et son intrigue alambiquée amplifiant les caractéristiques des romans de Dickens et de Collins : à la mort de sa mère Walter Wilding apprend de la bouche d'une ancienne employée de l'Hospice des enfants trouvés, où il a grandi, avant d'être adopté par une femme fortunée, qu'il n'est pas le véritable Walter Wilding. Ce riche négociant  en vin, ébranlé par cette nouvelle, mettra tout en oeuvre pour retrouver le véritable Walter Wilding.

Jouant sur les coïncidences de la vie, de la petitesse du monde, qui provoque des rencontres surprenantes, nos deux auteurs font se croiser, de manière improbable, en Angleterre, puis en Suisse, tour à tour, un méchant Obenreizer, deux notaires Me Voigt et Mr Bintrey, et mademoiselle Marguerite, une jeune femme en détresse ! Ajoutons à ce petit monde, un caviste superstitieux et un amoureux transi, l'associé de Wilding, George Vendale... A partir de la quête de Walter Wilding, les situations rocambolesques s'enchaînent : mort soudaine d'un personnage qui "perdit connaissance... et [il] mourut", un autre affronte une terrible tempête dans les froides montagnes suisses et un faussaire doublé d'un meurtrier ! Certains épisodes semblent hâtivement rédigés et les dialogues parfois négligés.

Toutefois, le lecteur passera un agréable moment de lecture, dans ce qui semble être une parodie des romans respectifs de chaque auteur tant les ficelles de l'intrigue sont grosses. Le donquichottisme et la gentillesse extravagante des personnages, des enfants trouvés, perdus et à nouveau trouvés, les questions sociales utopiques de Dickens sont saupoudrés du suspense, des superstitions et de mystères propres à Wilkie Collins...Les hommes s'évanouissent facilement et les femmes, au contraire, sont courageuses, et fortes sous des airs innocents, capables de descendre des précipices pour sauver l'homme qu'elles aiment !

Les avis de Lou et des participantes au challenge Wilkie Collins addict sur le blog de cryssilda...

Wilkie Collins et Charles Dickens, L'abîme, les éditions du masque, 212 p.

Autre lecture de Wilkie Collins : L'hôtel hanté