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La troisième Miss Symons est un court roman de Flora Mayor (1872-1932) édité par V. Woolf. Chroniqué par Keisha, Titine ou Lou, je ne rajouterai donc qu'un ou deux mots sur mes impressions de lecture, pas des plus originales.
A quel destin peut rêver une fille cadette dans une famille bourgeoise du XIXeme siècle ?  C'est à cette question que répond F. Mayor à travers la vie d'Henrietta qui n'est pas celle d'une anti-héroïne mais celle d'une jeune fille malchanceuse sous l'ère victorienne : troisième fille et d'une famille de sept enfants, Henrietta est une enfant banale, qui souffre d'un manque d'affection. Elle ne suscite ni l'affection de ses parents, ni celle de ses soeurs. Célibataire, elle voyagera à l'étranger toute sa vie, sans pour autant se cultiver ou s'attacher à d'autres personnes.
C'est donc la peinture d'un destin banal, celui de la vieille fille, et d'une époque, le début de l'ère victorienne. Ce qui est marquant dans cette narration, c'est le ton détaché qu'emploie le narrateur pour raconter les mésaventures d'Henrietta : ce détachement reproduit ainsi la cruauté d'une société victorienne où les apparences priment sur les sentiments, où la société écrase l'individu, notamment les femmes. Dans cette misogynie ambiante, une femme avec un caractère colérique est une "hystérique" et confier ses sentiments vaut la désapprobation de tous. De même, le mariage est une institution sociale qu'il faut respecter sous peine d'être un paria. Le personnage d'Henrietta est peut-être peu sympathique mais a-t-elle le choix d'une autre vie dans ce contexte difficile pour les femmes ?
Peinture de moeurs sans concession et portrait lucide d'une héroïne sans qualité, j'ai beaucoup apprécié l'écriture fluide, ironique et concise de Flora Mayor. Je remercie Keisha et Titine pour cette belle découverte et je suis comme elles, je voudrais bien découvrir les autres romans de cet auteur...