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A Séville, un vieux médecin, Bartholo, décide d'épouser sa jeune pupille Rosine. Cependant, le comte Almaviva est amoureux de cette jeune fille. Il décide de s'introduire chez Bartholo, déguisé en cavalier, et peut ainsi s'entretenir avec l'objet de son amour. Les jeunes amoureux sont aidés dans leur entreprise par Figaro, le valet de Bartholo...

Tout de suite, on reconnaît des thèmes moliéresques ainsi qu'une intrigue très convenue, influencée par la commedia dell arte : deux jeunes gens cherchent à se marier aux dépens d'un vieux barbon jaloux et ridicule.

Cependant, cette pièce en 4 actes, pose le noeud de l'intrigue de manière très dynamique. Surtout, les dialogues sont extrêmement enlevés entre jeux de mots, comique de répétition, vivacité des répliques et chiasmes. A l'acte III, l'intrigue présente un tel imbroglio que l'un des acteurs s'écrit : "il y a de quoi perdre l'esprit !". Les dialogues sont très fluides ne laissant aucun répit au spectateur. Dans ces dialogues, le personnage de Figaro y prend une importance particulière : ses paroles sont, au-delà du comique, parfois critiques. Il est en quelque sorte le porte parole de Beaumarchais. Il fustige le milieu littéraire - il parle de la république des Lettres comme étant celle des loups - et les autres personnages.

Cette pièce est aussi influencée par l'esthétique théâtrale de l'époque, celle du drame : en effet, le personnage de Rosine n'est pas celui d'une ingénue, elle est rusée et caractérielle. Elle sait mentir et feindre. Cependant, certaines scènes ne sont pas dépourvues de sensibilité et chacun des personnages ressent, à un moment, le désespoir ou le désarroi face à cette comédie de l'amour où le bonheur et la justice finissent par l'emporter. Cette comédie se lit avec plaisir, tant la pièce a un rythme vif où s'enchaîne quiproquos, déguisement, apartés et bon mots... Une pièce de Beaumarchais ( présentation de l'auteur " les essentiels littérature" sur le site de la BNF) à lire !