29 octobre 2009

Docteur Jekyll et Mister Hyde, produit par Victor Flemming

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Ce film en noir et blanc, de 1941, est remarquable par sa manière d'adapter la nouvelle de Stevenson, L'étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde. Le docteur Jekyll, un célèbre savant, provoque le mépris ou la moquerie de ses collègues par sa croyance en plusieurs personnalités présentes dans un seul homme, ou plus précisément d'un inconscient que l'homme arriverait à maîtriser. Grâce à des potions, il se transforme en son double inversé : lui, un gentleman, devient une sorte de brute sans morale et sans tabou. Devenu violent, à l'aide de son breuvage, il commet un crime et n'arrive plus à maîtriser ses métamorphoses...

La nouvelle de Stevenson est reconnaissable même si la complexité narrative disparaît, notamment l'emboitement des voix narratives. L'histoire filmique est linéraire et simplifiée et joue davantage sur le thème du double : deux femmes aimées par le docteur Jekyll, une femme de petite vertu et une bourgeoise. Les deux façades pour une même demeure permettent les allées et venues du docteur ou de Hyde... Deux hommes, un policer et l'autre, à la face simiesque, dont le comportement est celui d'un animal.
Reprenant des thèmes fantastiques en vogue au XIXeme siècle, comme la figure du savant fou ou le rôle de l'inconscient, ce film se laisse regarder avec plaisir...

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28 octobre 2009

Vipère au poing adapté par de Broca : ISSN 2607-0006

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C'est avec un petit de retard, que je mets un petit billet sur Vipère au poing, adaptation du livre d'Hervé Bazin par P. de Broca, avec dans les rôles principaux C. Frot, J. Villeret et Jules Sitruck.

L'auteur, H. Bazin, raconte son enfance, entourée de ses frères, de ses parents et des domestiques. Enfant turbulent, il voue une haine farouche à sa mère, qu'il a surnommée Folcoche...

Voici un film qui a eu le mérite de me donner envie de relire le roman autobiographique de Bazin, qui est d'ailleurs d'une grande qualité d'écriture, mais dont je n'avais pas gardé un bon souvenir, lors de ma première lecture.
Si P. Murat, dans sa critique de Télérama, qualifie cette adaptation "d'édulcorée" - ce qui n'est pas faux - cela ne m'a pas empêchée de l'apprécier, notamment pour le jeu des acteurs : C. Frot joue à merveille cette femme aigrie, comme fuyant le bonheur et J. Villeret incarne parfaitement cet homme effacé et écrasé par sa femme. La métaphore du serpent, qui parcourt tout le film et le livre, est très bien rendue... Même si le scénario et la manière de filmer est très classique, on passe un bon moment...

 Sur le web : article Télérama

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Le manoir des immortelles, de Thierry Jonquet

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Salarnier découvre un cadavre dont la tête aurait été tranchée par une faux. Deux autres cadavres auraient, les mois précédents, subi le même sort. Pour quelles raisons ? Qui, en plein Paris, pourrait agir ainsi comme un dément ? Un homme, en guet, devant un immeuble, appelle les habitants dudit immeuble par des numéros, pourquoi ?

Le suspense dans ce roman policier est quasi insoutenable car le lecteur en sait autant, voire moins que les personnages. Jonquet reprend le même procédé que dans la Bête et la Belle et suit successivement les pas des personnages, ceux du meurtrier et ceux du commissaire.  Plongé "in medias res", l'action a déjà commencé lorsque le lecteur s'empare du roman. On ne sait presque rien d'ailleurs des personnages et seul le personnage du commissaire Salernier, homme souffrant mais pudique, est plus développé et attire notre sympathie.

Roman extrêmement noir, le récit se tisse autour du thème de la mort : un meurtrier qui prend le nom d'Hadès, une femme mourante d'un cancer, un homme obsédé par l'immortalité, des allusions aux allégories de la mort de Durer à Holbein ... Elle est omniprésente. Surtout la  fin est terriblement inattendue, comme si dans ce roman, la logique de la noirceur voudrait qu'il n'existât pas d'issue... Ce roman policier est habilement construit et vraiment palpitant...

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27 octobre 2009

Le nom sur le bout de la langue, de Pascal Quignard

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Pascal Quignard aborde, en premier lieu, la genèse de son livre, en amorçant déjà le thème du conte et de l'essai qui suivent, celui de la défaillance du langage. Voici l'incipit : "Le jeudi 5 juillet, je dînai chez Michèle Reverdy avec Pierre Boulez, Claire Newman, Olivier Baumont. Michèle évoqua la commande d'un conte que lui faisait l'Ensemble instrumental de Basse Normandie qui dirigeait Dominique Debart. Nous eûmes beaucoup de mal à couper des parts dans un bloc de glace au café. Boulez, un couteau dans la main, debout, visa. Le bloc de glace sauta par terre. Le choc ne le rompit pas. On le passa sous l'eau. Je racontai le rudiment d'un conte dans lequel la défaillance du langage était la source de l'action. Ce motif me paraissait le destiner, mieux que toute autre légende, à la musique. Les musiciens, comme les enfants, comme les écrivains, sont les habitants de ce défaut."

"Le nom sur le bout de la langue"
A Dives, vers l'an 900, une jeune femme tombe amoureuse d'un tailleur : il ne l'épousera que si elle arrive à tisser une ceinture semblable à la sienne, une ceinture si belle et si complexe qu'il n'a jamais pu la reproduire. La jeune femme en perd le manger, elle n'arrive pas à tisser les motifs de la ceinture, jusqu'au soir où un cavalier tout habillé de noir lui propose un pacte, celui de souvenir de son nom en échange d'une ceinture identique à celle du tailleur... un nom à retenir ! Les termes du contrat semble dérisoires mais le diable veille !

"La poésie, le mot retrouvé, c'est le langage qui redonne à voir le monde" (Quignard).
Un petit conte proche de la parabole, qui traite du pouvoir de la parole, de l'art d'écrire... Il est suivi du "traité sur Méduse" qui est un court essai poétique parlant du langage lui-même. Les images antiques de Méduse, des Parques ou des Gorgones illustrent la difficulté d'écrire de tout écrivain. "Le nom sur le bout de la langue" enchantent par sa prose poétique, par l'art d'écrire de Quignard...

" Songe et mensonge sont les mots où se joue notre langue"

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26 octobre 2009

Les hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë

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Lockwood, un lord venu se reposer dans le Nord de l'Angleterre, rencontre Heathcliff, un homme renfrogné, dont la vie sera dévoilée par sa servante Mrs Dean. Elle lui raconte l'existence tourmentée de Catherine Earnshaw, qui vivait heureuse avec sa famille, sur une lande balayée par les vents et les orages. Sa vie fut bouleversée par l'arrivée d'Heathcliff, un jeune "bohémien", un orphelin, que son père avait ramené un soir, de Liverpool, et qui devint son favori au détriment de l'aîné de ses enfants, Hindley. Ce dernier souffrit de la préférence affichée de son père, pour ce "garçon d'écurie" qu'est pour lui Heathcliff. Envoyé en pension, il reviendra se venger, à la mort de son père. Catherine aimait Heathcliff, sans se l'avouer, ce qui causera leur perte...

Roman de la passion, roman noir, Les hauts de Hurlevent est passionnant à lire de par l'ambiance mystérieuse, par l'intrigue teintée de fantastique, par ses personnages haut en couleur qui rompent avec les conventions en vigueur dans l'époque pré-victorienne et par la virtuosité de son écriture.  Les hauts de Hurlevent est aussi un roman de la vengeance et un roman où abondent les spectres...

Finalement, il y a peu de description de paysages ou de tempêtes mais le décor est posé en quelques mots - pluie, vent et neige... - qui crée un climat sinistre. Surtout les personnages principaux tels Heathcliff et Catherine, figures de persécuteur et de dominateur, permettent d'aborder la question du bien et du mal, tant ces personnages semblent dominer par leurs pulsions sans véritable réalisme psychologique.

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L'adaptation en BD est fidèle, noire à souhait, mais toute la complexité narrative disparaît, ce qui enlève beaucoup de charme à l'intrigue : l'histoire commence avec l'arrivée d'Heathcliff dans la demeure des Hauts de Hurlevent. Cependant, les dessins de Edith sont réussis car ils reflètent bien l'atmosphère pesante et sombre du roman d'Emily Brontë ( biographie ici)...

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25 octobre 2009

Certains l'aiment chaud, Billy Wilder

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Juste deux mots sur un film, un classique du cinéma américain, un film de Billy Wilder, des années 60, qui n'est pas une adaptation littéraire mais qui est à voir !

En pleine Prohibition, Jo et Jerry, deux musiciens dragueurs et machos, vont devoir se déguiser en femmes pour rejoindre un orchestre féminin car ils sont devenus des témoins gênants : ils ont assisté à une fusillade orchestré par des truands appelés "les guêtres". Finalement, Jo tombe amoureux de la chanteuse de la troupe tandis que Jerry alias Joséphine se fait courtiser par un millionnaire.

Le jeu des acteurs, notamment celui de Jack Lemmon, est vraiment désopilant. Déguisé en femme, il subit les pires déboires, perd ses faux seins et est poursuivi par un millionnaire. Exploitant le comique créé par le travestissement des deux acteurs principaux, les gags s'enchaînent : Jo se rendant à un rendez-vous galant avec Sugar (Marylin Monroe), déguisé en millionnaire, oublie d'enlever ses boucles d'oreilles... Véritable vedette de ce film en noir et blanc, Marylin Monroe joue parfaitement le rôle de l'ingénue, dans des tenues très suggestives. Une comédie hilarante. Irrésistible !

Bande Annonce - Certains l'aiment chaud.

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10 octobre 2009

Adèle et la bête de J. Tardi : ISSN 2607-0006

 

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Tome 1 : "Adèle et la Bête".
Un scientifique arrive, par télépathie, à faire éclore un oeuf de ptérodactyle qui va semer la terreur sur Paris. Léonce Caponi, un commissaire incompétent est désigné pour mener l'enquête sur ces sanglants meurtres. Adèle Blanc-sec cherche à sauver un ami de la peine capitale pour avoir dévalisé une bijouterie... Tous ces personnages vont se croiser dans un Paris peuplé de monstres fantastiques !
A la croisée des genres, cette bande dessinée mêle une intrigue policière et des éléments fantastiques dans un Paris réaliste du début du XXeme siècle. Le scénario est plein de rebondissements, de meurtres et de scènes rocambolesques : Adèle Blanc-sec finit même par s'écrier "quelle salade" au moment où un des personnages prend la parole pour apporter des éclaircissements sur les zones d'ombre de l'intrigue.
Une intrigue complexe, mais rehaussée par les dessins de Tardi. Adèle Blanc-sec, habillée en style Belle Epoque, est en fait une héroïne moderne, qui n'a pas froid aux yeux, et est difficile à cerner dans ce premier épisode.
Juste un petit mot sur l'édition "classique et contemporain" de Magnard : ce petit format est agréable, pratique à lire et les bulles sont tout à fait lisibles.

Jacques Tardi, Adèle Blanc-sec, Adèle et la Bête, Magnard, classiques et contemporains, 69 p.

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