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" C'est à peu près à la même époque de ma vie, vie calme où d'ordinaire rien n'advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux événements qui, pris séparément, ne présentaient guère d'intérêt, et qui considérés ensemble, n'avaient malheureusement aucun rapport entre eux. Je venais en effet de prendre la décision d'apprendre à conduire, et j'avais à peine commencé de m'habituer à cette idée qu'une nouvelle me parvint par courrier : un ami perdu de vue, dans une lettre tapée à la machine, une assez vieille machine, me faisait part de son mariage. Or s'il y a une chose dont j'ai horreur, personnellement, c'est bien les amis perdus de vue".

Dès l'incipit, le ton est donné : quotidien et banalité. Un homme, dont on ignore l'identité jusqu'à la fin du roman, décide de passer son code. Il noue une relation avec la jeune femme languide qui s'occupe de l'auto-école. Un retour en arrière, permet au narrateur de raconter ses premières heures de conduite prises quelques années plut tôt...

 Paradoxalement, ce roman raconté à la première personne ne révèle rien sur le  narrateur : on ne connaît ni son âge, ni son métier, ni son physique. Les autres personnages n'ont d'ailleurs aucune épaisseur psychologique. Le narrateur évoque de nombreux moments de réflexions mais celles-ci ne sont pas révélées car il s'attache à décrire les infinis riens qui composent la vie quotidienne. De longues descriptions de détails insignifiants et futiles se succèdent. Même la rupture chronologique, n'interrompt pas cette longue et minutieuse description des journées du narrateur. Mais ce qui semble être une simple accumulation de l'anodin et du dérisoire aboutit, au fil des pages, sur une réflexion plus grave : la difficulté d'être. J'ai trouvé ce roman – que l'auteur qualifie « d'infinitésimaliste » - plutôt déconcertant...